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L’industrie du taxi à Québec dans un contexte actuel difficile

Gros plan sur le lumineux d'une voiture de taxi.

Aux prises avec une pénurie de main-d'œuvre, l'industrie du taxi n'a pas les coudées franches pour augmenter ses revenus et offrir des salaires

Photo : Radio-Canada

L’industrie du taxi dans la grande région de Québec n’en finit plus d’accumuler les revers de fortune. Après avoir vu de nombreux chauffeurs quitter la profession durant la pandémie, les entreprises œuvrant dans le secteur peinent aujourd’hui à recruter de nouveaux employés pour répondre à la reprise de la demande. À bout de souffle, elles interpellent le gouvernement Legault afin qu’il leur vienne en aide.

La situation est difficile, surtout à cause de la rareté de main-d'œuvre. On a de la difficulté à recruter, c'est fou, confie en entrevue à Radio-Canada le président de Taxi Lévis, Hicham Bérouel.

Contrairement à ce qu’on peut observer dans d’autres domaines de l’activité économique, les entreprises de taxi ne sont pas en mesure d’attirer des travailleurs avec des salaires alléchants.

Nos tarifs sont fixés par la Commission des transports [du Québec] et on ne peut pas offrir de salaires avantageux parce qu'on ne peut pas augmenter nos tarifs, explique M. Bérouel.

Portrait d'Hicham Bérouel.

Hicham Bérouel aimerait pouvoir offrir de meilleurs salaires à ses chauffeurs.

Photo : Radio-Canada / Sebastien Tanguay

Il précise que pour arriver à gagner un revenu décent, les chauffeurs de taxi doivent souvent travailler entre 60 et 70 heures par semaine. Si l’on divise leur salaire par le nombre d’heures travaillées, on obtient une rémunération d’environ 13 $/h.

« C'est sûr que ça fait un bon salaire, mais quand on calcule ça à l'heure, ce n'est pas intéressant. Je vous rappelle que le salaire minimum est à 13,50 $. »

— Une citation de  Hicham Bérouel, président de Taxi Lévis

L’homme d’affaires demande au gouvernement d’augmenter les tarifs pour une course de taxi de 17 % afin de permettre aux acteurs de l’industrie d’offrir de meilleurs salaires tout en demeurant rentables.

Équilibre perturbé

Omar Berri, représentant chez Hypra Taxi, affirme de son côté que la récente réforme de l'industrie du transport rémunéré de personnes par automobile a perturbé l’équilibre entre l’offre et la demande.

Parfois, on a une forte demande de clients à un temps précis, mais on n'a pas de voitures. Des fois, on a plus de voitures sur le terrain, mais il n'y a pas de demandes, déplore-t-il.

Le déséquilibre est tel que bien souvent, les chauffeurs n’arrivent même pas à gagner 7 $/l’heure, faute de clients, avance M. Berri.

Omar Berri en entrevue à Radio-Canada.

Omar Berri affirme que la baisse du nombre de touristes et de fonctionnaires qui fréquentent le centre-ville de Québec fait mal à l'industrie du taxi de la capitale.

Photo : Radio-Canada / Sebastien Tanguay

Il ajoute que la situation est particulièrement difficile pour les entreprises et les chauffeurs de taxi de Québec, où la clientèle est majoritairement composée de touristes et d’employés de l’État.

Le secteur touristique, il n'y en a presque plus, et au niveau des fonctionnaires, tout le monde est en télétravail, alors les coupons de transport des fonctionnaires qui aident un peu [...], il n'y en a plus, précise Omar Berri.

On a été tassé

Simon Mercier a travaillé 17 ans comme chauffeur de taxi. Les longues heures de travail, le stress et les difficultés à joindre les deux bouts l’ont incité à abandonner la profession.

Il en veut au gouvernement Legault de ne pas avoir soutenu davantage l’industrie après lui avoir fait subir d’importantes transformations.

Un homme au volant d'un rouleau compacteur.

Simon Mercier ne regrette pas d'avoir abandonné son métier de chauffeur de taxi pour un emploi de journalier.

Photo : Radio-Canada / Sebastien Tanguay

On est un besoin essentiel puis on n'a comme pas été aidé, on a été tassé, puis je pense que ç'a joué beaucoup dans ma décision de ne pas recommencer, raconte M. Mercier.

L’homme de 61 ans a troqué son emploi de chauffeur pour un poste de journalier chez Groupe Lambert. Une décision qu’il ne regrette aucunement.

Après un an et demi, j'ai réalisé que, vraiment, j'étais mieux d'être dans un autre emploi. Je ne me verrais pas refaire ça aujourd'hui, confie Simon Mercier.

Avec les informations de Sébastien Tanguay

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