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Un projet pétrolier en Alaska rejeté par une juge fédérale

Le logo de la pétrolière ConocoPhillips sur un signe extérieur enneigé.

Dans un jugement de 110 pages, la juge Sharon Gleason, d'Anchorage, a annulé les permis pour le projet Willow de ConocoPhillips dans la Réserve pétrolière nationale en Alaska.

Photo : Associated Press / Mark Thiessen

Radio-Canada

Une juge fédérale a rejeté mercredi les autorisations de l'administration Trump pour un grand projet pétrolier prévu sur le versant nord de l'Alaska, affirmant que l'examen fédéral était défectueux et ne comprenait pas de mesures d'atténuation pour la faune.

La juge Sharon Gleason de la cour fédérale de district d'Anchorage a annulé les permis pour le projet Willow de ConocoPhillips dans la Réserve pétrolière nationale en Alaska dans une décision de 110 pages.

Fin 2020, l’administration de Donald Trump avait approuvé le projet, défendu par la suite par le gouvernement de Joe Biden devant les tribunaux.

Rebecca Boys, une porte-parole de ConocoPhillips, affirme que la pétrolière va analyser la décision de la juge et évaluer les options disponibles.

Des porte-parole du Bureau américain de gestion des terres (BLM) et du ministère de l'Intérieur ont déclaré pour leur part que les deux agences n’avaient pas de commentaire à faire. La première avait conduit l’examen environnemental que la juge a qualifié de défectueux.

Jusqu’à 1000 emplois créés

En octobre 2020, le secrétaire américain à l'Intérieur, David Bernhardt, avait signé le compte rendu de décision du gouvernement qui prévoyait d'autoriser ConocoPhillips à établir jusqu'à trois sites de forage, des installations de traitement associées, des routes en graviers et pipelines sur le versant nord.

Le ministère de l'Intérieur avait alors déclaré que deux autres sites de forage ainsi que des routes et pipelines supplémentaires proposés par ConocoPhillips pourraient être envisagés dans le futur.

M. Bernhardt avait soutenu que la décision permettrait de contribuer de façon significative à faire couler le pétrole dans le système de pipeline trans-alaskien pour des décennies et permettrait de créer des revenus.

Le BLM avait par ailleurs fait savoir que le projet aurait pu permettre de produire jusqu’à 160 000 barils de pétrole par jour avec environ 590 millions de barils sur 30 ans.

Willow devait aussi permettre la création de 1000 emplois lors du pic de construction et plus de 400 emplois durant les opérations quotidiennes.

La juge Gleason affirme pour sa part que le manque de prise en considération de BLM des gaz à effets de serre étrangers dans son examen environnemental était arbitraire et capricieux.

Elle fait également valoir que l'agence a agi de manière contraire à la loi dans la mesure où elle a élaboré son analyse des alternatives en se fondant sur l'idée que ConocoPhillips a le droit d'extraire tout le pétrole et le gaz possible sur ses concessions.

Les ours polaires peu protégés

Sharon Gleason a aussi annulé un rapport du Service de la faune et de la pêche des États-Unis, qui n'avait pas précisé les mesures d'atténuation pour les ours polaires.

L'agence avait conclu que le projet n'était pas susceptible de mettre en péril l'existence continue des ours polaires et n'était pas susceptible d'entraîner une modification négative de l'habitat essentiel des ours polaires

Le fait que le BLM se soit appuyé sur ce rapport était également erroné, note-t-elle, en renvoyant l'affaire aux agences concernées pour qu'elles prennent de nouvelles mesures.

Karlin Itchoak, directrice pour l’Alaska de la Wilderness Society, considère le jugement comme un pas vers la protection des terres publiques et des gens qui seraient le plus négativement touchés par le feu vert désordonné du BLM au projet Willow.

Nicole Whittington-Evans, directrice du programme Alaska de Defenders of Wildlife, qualifie, elle, la décision de victoire pour notre climat, pour les espèces menacées comme les ours polaires et pour les locaux dont les préoccupations ont été ignorées. Elle exhorte l'administration Biden à examiner des solutions de rechange au projet.

Le gouverneur de l’Alaska, Mike Dunleavy, lui ne cache pas sa frustration et déclare que la décision d'un juge fédéral qui tente de mettre en veilleuse un projet pétrolier majeur sur le sol américain ne fait qu'une chose : externaliser la production vers des dictatures et des organisations terroristes.

Il qualifie la décision d'horrible.

Avec des infos de Associated Press

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