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Biden ne peut garantir « l'issue » de l'opération d'évacuation à Kaboul

Un soldat penché par-dessus un mur surmonté de fil barbelé prend un bébé par le bras.

Un soldat américain s'empare d'un bébé que lui tend un homme coincé derrière un mur le séparant de l'aéroport de Kaboul.

Photo : Reuters / OMAR HAIDARI/Média social

Radio-Canada

Les États-Unis ne peuvent pas garantir « l'issue » de l'opération d'évacuation actuellement en cours à l’aéroport international de Kaboul, en Afghanistan, a admis vendredi le président Joe Biden.

Dans une conférence de presse pour faire le point sur la situation, le commandant en chef de l’armée américaine a cependant assuré qu'il mobilisera tous les moyens possibles pour y parvenir.

Selon lui, le pont aérien qu'assurent ses troupes depuis l'aéroport de la capitale afghane est l’un des plus difficiles de l’histoire.

« Nous allons faire tout ce que nous pouvons pour assurer l'évacuation en toute sécurité de nos alliés et partenaires afghans, ainsi que des Afghans qui pourraient être pris pour cibles en raison de leur association avec les États-Unis. »

— Une citation de  Joe Biden, président des États-Unis
Le président Joe Biden en conférence de presse.

Le président américain Joe Biden a assuré que tous les Américains présents en Afghanistan qui le souhaitaient seraient évacués.

Photo : Getty Images / AFP / ANDREW CABALLERO-REYNOLDS

Les évacuations ont d'ailleurs été suspendues à l'aéroport de Kaboul vendredi, en raison de la saturation des bases américaines dans le Golfe, notamment au Qatar, vers où les évacués sont dirigés dans un premier temps, a admis vendredi un responsable du Pentagone. Elles ont toutefois recommencé après plusieurs heures d'arrêt.

Les vols ont repris et les vols militaires américains à destination du Qatar et d'autres lieux décollent, et d'autres vols décollent à destination de Kaboul à l'heure où je vous parle, a déclaré à la presse le général Hank Taylor, de l'état-major américain. Il a précisé que certains vols seraient dirigés vers l'Allemagne, où les États-Unis disposent de nombreuses bases militaires.

18 000 évacués à ce jour

Malgré le chaos qui règne toujours à l’aéroport de la capitale afghane, M. Biden a plaidé que la situation s’y est améliorée depuis le début de la semaine, grâce au travail des 6000 soldats américains qui y assurent maintenant les opérations.

Selon lui, 13 000 personnes ont été évacuées d'Afghanistan depuis le 14 août, et 18 000 depuis juillet selon l'Organisation du traité de l'Atlantique-Nord, sans compter ceux qui ont pu quitter les lieux à bord de vols privés mis en œuvre par le gouvernement américain.

Des soldats américains seraient même sortis de l'aéroport de Kaboul pour récupérer 169 personnes à proximité, a indiqué vendredi le Pentagone.

En peu de temps et en parcourant une courte distance, certains soldats ont été en mesure de sortir et de les récupérer et de les ramener dans l'aéroport, a expliqué le porte-parole du ministère de la Défense, John Kirby. Joe Biden avait évoqué plus tôt 169 Américains entrés dans l'aéroport avec l'aide de militaires, mais M. Kirby n'a pas confirmé qu'il s'agissait d'Américains.

Les évacués sont en majorité des citoyens américains que les talibans laissent entrer. Mais de nombreux Afghans, notamment ceux ayant travaillé pour les États-Unis et détenteurs d'un visa d'immigration spéciale pour eux et leurs proches, ne peuvent pas accéder à l'enceinte sécurisée par plus de 5000 militaires américains.

Une foule de personnes devant les murs de l'aéroport.

Des milliers de civils afghans tentent de pénétrer dans l'aéroport de Kaboul dans l'espoir de fuir le pays désormais aux mains des talibans.

Photo : Getty Images / AFP / WAKIL KOHSAR

Ces civils craignent des représailles des talibans, qui ont pourtant promis l'amnistie à ceux ayant collaboré avec les forces étrangères. Des milliers d'Afghans désespérés se pressent d'ailleurs encore à l'aéroport de Kaboul, où des talibans armés exhortent ceux qui n'ont pas de documents de voyage à rentrer chez eux. Douze personnes ont été tuées depuis dimanche dans et aux abords de l’aéroport, selon des responsables de l'Organisation du traité de l'Atlantique-Nord et des talibans.

Le président a également révélé lors de ce point de presse que pas moins de 204 journalistes, notamment du New York Times, du Washington Post et du Wall Street Journal, ont été évacués plus tôt cette semaine.

Les États-Unis prévoient d'évacuer en tout plus de 30 000 Américains et civils afghans via leurs bases au Koweït et au Qatar.

Quelles sont les prochaines étapes?

Il a aussi annoncé que les questions entourant la situation en Afghanistan seront débattues la semaine prochaine lors d’une réunion du G7, le groupe de grands pays industrialisés dont fait partie le Canada.

Plus tôt cette semaine, le président Biden avait indiqué que les troupes américaines pourraient demeurer en Afghanistan au-delà du 31 août, date à laquelle elles doivent normalement s’être retirées.

À ce sujet, il a réitéré vendredi que tous les Américains et leurs alliés pourraient avoir été évacués à cette date, mais en précisant que cela sera réévalué au fur et à mesure que la situation évolue.

Joe Biden a toutefois de nouveau défendu sa décision de retrait, expliquant que l'Afghanistan ne menaçait plus l'intérêt national des États-Unis.

Nous sommes allés en Afghanistan avec l'objectif express de se débarrasser d'Al-Qaïda et d'avoir Oussama ben Laden, nous l'avons fait, a-t-il rappelé.

Mais depuis, la menace terroriste s'est métastasée, il y a des dangers bien plus importants du groupe État islamique et d'Al-Qaïda et ses affiliés ailleurs qu'en Afghanistan, a-t-il dit.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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