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Archives

L’AMA, plus de 20 ans de lutte antidopage à Montréal

Main gantée qui tient une seringue et remplit un tube à essai dans un laboratoire.

Le laboratoire de contrôle du dopage de l'Institut Armand-Frappier de l’INRS est le seul laboratoire au Canada accrédité par l’Agence mondiale antidopage (AMA).

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le 21 août 2001, Montréal gagne le vote pour abriter le siège social de l’Agence mondiale antidopage (AMA). L’expertise des chercheurs montréalais en matière de tests antidopage est reconnue dans le monde depuis plusieurs décennies, comme en témoignent nos archives.

La nécessité d’une agence mondiale antidopage

L’idée de la création par le Comité international olympique (CIO) d’une agence mondiale antidopage date de la fin des années 1990.

En 1998, l’affaire Festina ébranle le monde du cyclisme. Le soigneur de l’équipe, qui participait au Tour de France cette année-là, est intercepté à la frontière franco-belge avec plusieurs produits dopants.

Une conférence mondiale sur le dopage dans le sport a lieu du 2 au 4 février 1999. Le journaliste Guy D'Aoust se rend à Lausanne, en Suisse, pour y assister.

Il présente un reportage dans le cadre de l’émission Franc jeu, le 13 février 1999.

Franc Jeu, 13 février 1999

La déclaration de Lausanne adoptée en 1999 confirme essentiellement la création d’une agence antidopage dont la composition et le mandat restent à préciser.

Lors de cette conférence, plusieurs montrent du doigt le CIO, qui porte en son sein des membres touchés par des allégations de corruption. Plusieurs représentants des pays appellent à une réforme et à plus de transparence de la part de l’organisme, dont les états financiers demeurent obscurs. La nouvelle Agence mondiale antidopage devra être régie non seulement par le CIO, mais aussi par les pays et les fédérations sportives. Une défaite pour Juan Antonio Samaranch, le président du CIO.

Le CIO constate son échec et admet devoir lutter en collaboration avec les gouvernements des différents pays pour combattre le fléau à sa base.

Une citation de :Guy D'Aoust

L’agence voit le jour à Lausanne en novembre 1999, juste à temps pour les Jeux olympiques de Sydney en 2000.

Le choix de Montréal

En 2001, la ville de Montréal est candidate pour l’obtention du siège social de l’Agence mondiale antidopage.

Le secrétaire d'État aux sports amateurs, Denis Coderre, promet que si la candidature de la métropole est retenue il proposera l’ouverture de bureaux satellites en Europe, en Afrique et en Asie.

Christiane Ayotte, directrice du laboratoire de contrôle du dopage de l’INRS à l'Institut Armand-Frappier, insiste sur les compétences acquises par son laboratoire depuis les Jeux olympiques de 1976 et sur la nécessité de la neutralité et de l’indépendance de l’agence.

Le président de l'AMA, Dick Pound, annonce la décision le 21 août 2001, à Tallinn, en Estonie. Montréal l’emporte à l’arraché, avec 17 votes contre 15 pour Lausanne au quatrième tour. La venue de l’AMA donne à Montréal une visibilité et une crédibilité accrues.

Montréal ce soir, le 21 août 2001

Dans un reportage diffusé au Téléjournal le jour de l’annonce, le journaliste Jean Sawyer résume le rôle et le fonctionnement de la future Agence mondiale antidopage.

L’agence concentre ses énergies sur le combat contre le dopage chez les sportifs par la recherche scientifique et l'éducation. Elle rédige le Code mondial antidopage, qui harmonise les règles pour tous les sports et tous les pays, et elle supervise son application.

L’AMA sera rattachée à un réseau de laboratoires spécialisés éparpillés un peu partout sur le globe, comme celui de l’INRS à Pointe-Claire, aujourd’hui situé à l’Institut Armand-Frappier à Laval.

Depuis que la lutte antidopage s’est intensifiée, les méthodes utilisées par les tricheurs sont devenues plus sophistiquées. C’est un jeu de chat et de souris entre l’AMA et les sportifs dopés.

En 1983, aux Jeux panaméricains de Caracas, un scandale éclate auprès des haltérophiles, chez qui les tests positifs aux stéroïdes abondent. Dans la foulée, la chimiste Christiane Ayotte est chargée de mettre au point des tests antidopage en vue des Jeux olympiques de Los Angeles de 1984.

Les laboratoires de lutte antidopage révéleront d’autres scandales au fil du temps. Nous n’avons qu’à penser au spécialiste du saut en hauteur cubain Javier Sotomayor, au coureur canadien Ben Johnson, au cycliste américain Lance Armstrong et, plus près de nous, à la cycliste québécoise Geneviève Jeanson.

En 2019, l’AMA a donné les plus lourdes sanctions de son histoire en excluant la Russie des Jeux olympiques et des Championnats mondiaux pour quatre ans en raison de tests antidopage falsifiés.

Aujourd’hui, 8 janvier 2004

Comme l’explique Christiane Ayotte dans une entrevue donnée à Simon Durivage à l’émission Aujourd’hui en 2004, la lutte n’est jamais terminée.

En 2017, le conseil de la Fondation de l’Agence mondiale antidopage a confirmé que les bureaux de l’AMA demeureront à Montréal jusqu’en 2031.

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