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« OnlyFans s’est servi de nous »

Des créatrices québécoises de contenu dénoncent la nouvelle orientation de la plateforme OnlyFans, qui bannira les contenus sexuellement explicites dès octobre.

Valéry Ravelle sur sa page OnlyFans sur son ordinateur.

Valéry Ravelle, photographiée chez elle en banlieue montréalaise, sur sa page OnlyFans.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

OnlyFans change ses règles pour la publication de contenus sur sa plateforme. « Ça serait dommage, car c’est pas mal grâce aux travailleuses X qu’ils sont devenus riches avec la plateforme », affirme à Radio-Canada Jade Lavoie, une des créatrices québécoises de contenu les plus populaires du site web.

Depuis jeudi, de nombreuses voix s’insurgent contre la nouvelle politique du site web qui fonctionne par abonnement et qui représente la principale source de revenus pour de nombreuses travailleuses du sexe et vedettes de la porno.

Un gros merci à OnlyFans de vous être servi de toutes les filles qui travaillent dans l'industrie du X, disait jeudi Jade Lavoie sur son compte Instagram, avec une pointe d’ironie.

Le site OnlyFans, qui compte 130 millions d’adeptes, et plus de 2 millions de créateurs de contenu, souvent érotique ou pornographique, a fait l’annonce jeudi après-midi dans un communiqué envoyé aux médias. La compagnie cite les demandes de ses partenaires financiers et des services de paiement en ligne, VISA et Mastercard.

Ces mêmes sociétés ont récemment mis fin à leur relation avec MindGeek, société mère de Pornhub, dans la foulée d’un reportage du New York Times sur le géant de la pornographie, qui hébergerait des vidéos de viol. Une mesure décriée par de nombreux créateurs de contenu, ne pouvant plus être payés par l’entremise de ces deux compagnies.

Plusieurs travailleuses du sexe voient également la nouvelle orientation d'OnlyFans comme une suite logique aux lois américaines FOSTA et SESTA, promulguées en 2018 et destinées à lutter contre le proxénétisme en ligne. Ces lois donnent le pouvoir aux plateformes de s’attaquer aux personnes qui proposent des contenus pour adultes.

Des sites web comme Reddit ou Craigslist ont dans la foulée fermé des sections de leur site web utilisées par des travailleuses du sexe et de potentiels clients.

Après FOSTA/SESTA, c’est encore un pas en arrière pour les travailleuses du sexe, craint une jeune créatrice de contenu sur la plateforme de la région de Montréal, qui publie sous le nom de Valery Ravelle.

Contactées par Radio-Canada, plusieurs créatrices de contenu affirment ne pas avoir été alertées par OnlyFans sur sa nouvelle orientation, et disent recevoir des messages contradictoires. Elles attendent de voir si OnlyFans clarifiera sa position dans les prochains jours.

Dans son communiqué, la plateforme demeure floue. Elle précise que la nudité demeurera permise, à condition qu’elle ne contrevienne pas aux politiques d’utilisation de la plateforme.

Je crois que OnlyFans ne prendrait pas la chance de perdre sa meilleure source de revenus, doute encore Jade Lavoie.

La vie après OF

La créatrice de contenu, comme d’autres d’ailleurs, estime néanmoins qu’une vie existe après OnlyFans, site web qui n’est apparu qu’en 2016 et qui a connu une montée fulgurante.

Si la plateforme lui permet de récolter plusieurs milliers de dollars par mois, c’est parce qu’elle y a mis tous ses efforts. Si OnlyFans ferme, on aura la possibilité de nous tourner vers plusieurs sites similaires auxquels on n'aurait peut-être pas pensé, vu qu’on était déjà sur OF, dit-elle.

C’est pas la fin du monde pour les créatrices, il y a d'autres sites, estime pour sa part la Lavalloise Naïla, créatrice de contenu sur diverses plateformes, dont OnlyFans.

On faisait du travail du sexe en ligne avant 2016 et on continuera après OF. [...] Si OnlyFans ferme, il y a mille autres solutions. [...] On a nos sites personnels.

On va juste amener nos clients ailleurs. Les clients ne vont pas magiquement arrêter d’être horny, disons, ajoute-t-elle.

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