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Le Bloc québécois demande un plafond sur la production et l'exportation de pétrole

Yves-François Blanchet derrière un micro.

Un prochain gouvernement minoritaire pourrait aider la cause climatique au pays, soutient Yves-François Blanchet.

Photo : La Presse canadienne / Justin Tang

Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, réclame que cessent les « élans pétroliers » du Canada, et promet de revenir à la charge avec un projet de loi aux cibles plus ambitieuses en matière de lutte contre les changements climatiques.

Lors du deuxième point de presse de sa journée, le chef bloquiste a également exigé que le Canada plafonne immédiatement la production et l'exportation de pétrole sur son territoire.

De passage à Sainte-Marthe-sur-le-Lac en matinée, M. Blanchet a soutenu que le projet de loi C-12 adopté fin juin par le Parlement était un compromis décevant que sa formation avait accepté à reculons, car les cibles de réduction des gaz à effet de serre étaient trop faibles, selon lui.

Le projet de loi C-12 cristallise en effet l'obligation du Canada de s'engager dans la voie de la carboneutralité d'ici 2050.

Il a rappelé que le Bloc avait quant à lui présenté le projet de loi C-215, qui fixait des cibles contraignantes pour le Canada d’ici 2030, alignées sur l’Accord de Paris.

M. Blanchet affirme également que les libéraux ont soutenu à hauteur de 10 milliards de dollars les énergies fossiles, et ont financé le secteur pétrolier davantage que les conservateurs de Stephen Harper.

Le Canada est économiquement dépendant du pétrole de l’Ouest. Et il refuse de l’admettre. Conséquemment, il refuse de le corriger. L’admission est préalable aux mesures nécessaires pour corriger, a-t-il lancé, entouré de candidats de la région.

Le prochain Parlement aura l’obligation de contenir les élans pétroliers menant vers une augmentation de l'extraction, de la production et de l’exportation du pétrole de l’Ouest canadien. [...] Ceci est davantage possible dans le cadre d’un gouvernement minoritaire, a-t-il poursuivi.

Il soutient qu’il faut plutôt miser sur l’innovation, le tissu des PME, la transformation locale en région et la création d’emplois de qualité, citant l’approche du Québec.

Il existe un autre modèle économique, basé sur l'exploitation par le Québec des ressources naturelles du Québec, à partir de la recherche de nos très nombreux centres de recherche, structurés de telle sorte que le Canada nous envie et veut en copier le modèle.

En réponse à un journaliste qui soulignait qu’un rapport de HEC (Nouvelle fenêtre) montre que le Québec consommait encore 10 milliards de litres de pétrole en 2019 et que seulement 3 % des nouveaux véhicules vendus sont électriques, M. Blanchet a soutenu que le Québec n’était évidemment pas parfait.

Personne ne dit que le Québec est parfait. Il peut faire mieux, doit faire mieux, veut faire mieux. Il est même prêt à aider d’autres États à faire mieux. Mais, s’il vous plaît, ne comparez pas la performance du Québec à celle de l’Alberta en matière de changements climatiques, a-t-il répondu en anglais.

Son bilan comme ministre de l'Environnement

Lors de la période de questions du second point de presse de la journée, des journalistes ont interrogé le chef du Bloc québécois sur son passage à la barre du ministère de l'Environnement, de 2012 à 2014, dans le gouvernement de Pauline Marois.

En tant que ministre de l'Environnement, M. Blanchet avait alors autorisé l'exploration pétrolière sur l'île d'Anticosti ainsi que l'inversion de l'oléoduc N9 d'Enbridge, ce qui avait permis d'approvisionner des raffineries du Québec avec du pétrole albertain.

Ce n'est pas une contradiction avec les demandes du Bloc aujourd'hui, a soutenu Yves-François Blanchet, refusant toute responsabilité dans la dépendance actuelle du Québec au pétrole. L'inversion du pipeline d'Enbridge a fait en sorte que le territoire québécois est approvisionné à partir de nos raffineries, a-t-il soutenu, ajoutant que c'est pour cette raison que le Québec avait pu dire non au projet Énergie Est.

« Par rapport à Anticosti, mon travail était d'encadrer [le processus] », a-t-il dit. Je n'ai jamais cru un seul instant qu'il y avait un potentiel de rentabilité, affirme-t-il, avant d'ajouter que la réalité a fini par donner raison à ce scénario-là et qu'il est bien heureux que le Québec ne soit pas engagé dans la voie pétrolière.

Avec la collaboration de Jean-François Thériault

Consultez notre dossier sur les élections fédérales 2021.

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