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Le Cirque du Soleil a assez d'argent pour assurer sa relance, affirme Daniel Lamarre

Il est assis à une table et sourit.

Le directeur général du Cirque du Soleil, Daniel Lamarre

Photo : Radio-Canada

La Presse canadienne

Le Cirque du Soleil a les reins assez solides, financièrement, pour mener à bien le redémarrage de ses activités, assure Daniel Lamarre, son directeur général. Le « fort engouement » pour les premiers spectacles qui sont revenus sur scène à Las Vegas accroît sa marge de manœuvre financière.

Quand le groupe de créanciers menés par Catalyst Capital Group a injecté 375 millions dans l'entreprise en novembre dernier, le Cirque avait les moyens de financer ses activités sans aucun revenu pendant probablement trois ans.

Déjà, les revenus ont commencé à entrer de façon importante avec la relance de nos spectacles, dit le dirigeant en entrevue avec La Presse canadienne, quelques heures avant la reprise du spectacle Michael Jackson ONE, à Las Vegas, jeudi.

En pratique, on a suffisamment de capitaux pour subvenir à nos besoins pour de nombreuses années.

Les spectacles O, Mystère et du Blue Man Group sont de retour sur la Strip à Las Vegas depuis le début de l'été, marquant une première étape dans la relance des présentations de l'entreprise montréalaise. The Beatles LOVE doit reprendre l'affiche le 26 août.

M. Lamarre qualifie la demande de phénoménale. On est à peu près "sold-out" tous les jours et, parce qu'on est "sold-out", les ventes à l'avance sont beaucoup plus élevées.

Une gestion plus prudente

Le Cirque relance ainsi ses activités après avoir connu la pire crise de son histoire. En raison de l'annulation de ses spectacles, l'entreprise fondée par Guy Laliberté en 1984 à Baie-Saint-Paul a licencié près de 3500 employés et a vu ses revenus fondre à zéro.

La société a en outre été vendue à un groupe de ses créanciers dirigé par Catalyst Capital Group à la fin de l'année dernière, après avoir été contrainte de demander la protection contre ses créanciers.

Une artiste est devant des voiles multicolores.

Scène du spectacle « Toruk » du Cirque du Soleil

Photo : Photo: Youssef Shoufan Costumes: Kym Barrett © 2015 Cirque du Soleil

Avant la pandémie, le Cirque du Soleil avait accumulé une dette de plus de 1 milliard de dollars. Le recours à l'endettement était perçu comme un investissement dans la croissance de l'entreprise et de nouveaux spectacles.

Durant les années folles, l'entreprise, en incluant toutes les divisions comme VStar, pouvait développer jusqu'à cinq spectacles par année, raconte M. Lamarre. Elle vise désormais le développement de deux spectacles annuellement.

« C'est certains qu'après la douloureuse épreuve qu'on vient de vivre avec la pandémie, on va gérer de façon plus prudente. C'est sûr qu'on va tenter d'avoir une entreprise plus efficace. »

— Une citation de  Daniel Lamarre, directeur général du Cirque du Soleil

Le monde du spectacle est une industrie où il faut prendre des risques calculés, nuance le dirigeant. La prudence financière ne se fera pas au détriment de la créativité, ajoute-t-il.

Dans le mot anglais ''show-business'', ''show'' vient avant ''business''. Si tu n'as pas un bon spectacle, tu ne feras pas de bonnes affaires.

Reprise graduelle à Montréal

La relance se manifeste également au siège social de l'entreprise à Montréal où les activités reprennent. Environ 400 employés ont été rappelés sur un total d'environ 1000 à 1200 avant la pandémie.

La préparation des tournées représente une partie importante des activités à Montréal.

« On prépare les studios pour le retour des répétitions en octobre. Le siège social va être extrêmement occupé à partir de la fin septembre-début octobre et ça va aller de mois en mois en s'accélérant. »

— Une citation de  Daniel Lamarre, directeur général du Cirque du Soleil

La première représentation dans la métropole est prévue pour le 28 avril prochain avec le spectacle Kooza.

L'entreprise a une entente de 10 ans avec le Vieux-Port de Montréal qui prévoit la tenue d'un spectacle par année. Un nouveau spectacle sera présenté une année sur deux. L'autre année sera réservée pour un classique du répertoire du Cirque.

Des artistes font des acrobaties.

Une scène du spectacle « Un monde fantastique » du Cirque du Soleil en Chine

Photo : Radio-Canada / Cirque du Soleil - Gracieuseté de Mathieu Girouard

L'importance des mesures sanitaires

Pour le moment, la reprise des activités tient bon, malgré la menace que pose le variant Delta. À Las Vegas, les artistes et les spectateurs doivent porter un masque durant les représentations.

« Nos costumes sont extrêmement extravagants et très colorés. Je pensais que ça allait me déranger, les masques, mais ce n'est pas le cas. On a l'impression que ça fait partie du costume.  »

— Une citation de  Daniel Lamarre, directeur général du Cirque du Soleil

M. Lamarre, dont l'entreprise a imposé la vaccination à tous ses employés de Las Vegas, est pour le passeport vaccinal envisagé par le gouvernement du Québec. Tout ce qui est fait pour protéger le public et les employés, on accueille ça avec ferveur et enthousiaste.

Le succès de la campagne de vaccination est d'une importance cruciale pour le gagne-pain des employés du Cirque du Soleil, poursuit-il. Chaque spectacle qui ouvre, ça veut dire des emplois qu'on peut recréer, explique l'homme d'affaires dont le visage s'illumine lorsqu'il parle de la première de jeudi.

Je suis très fébrile. J'ai très hâte de revoir les artistes et de pouvoir célébrer avec eux le retour à une vie un peu plus normale.

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