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Il sera « très difficile » de rapatrier tout le monde d'Afghanistan, admet Trudeau

Des milliers de personnes réunies autour d'un avion.

Des milliers de personnes attendent de pouvoir quitter l'Afghanistan à l'aéroport international de Kaboul.

Photo : Associated Press / Shekib Rahmani

Ramener au pays les Afghans qui ont collaboré avec les militaires canadiens dans le passé et leurs familles sera « quasiment impossible dans les prochaines semaines », a avoué jeudi le premier ministre Justin Trudeau, lors de son passage à Victoria, en Colombie-Britannique.

Le défi, ce n'est pas la capacité dans les avions canadiens et de nos partenaires. Le défi, c'est que les gens ont énormément de difficultés [à] se rendre à l'aéroport parce que les talibans sont en train de bloquer l'accès, a-t-il dit.

Le Canada a repris ses vols vers Kaboul jeudi pour la première fois depuis la fermeture de son ambassade dimanche. Deux C-17 Globemaster des Forces armées canadiennes (FAC) effectueront désormais des vols réguliers dans la région afin de ramener au pays ceux et celles qui peuvent l'être, a confirmé M. Trudeau.

Selon une source de CBC, le réseau anglais de Radio-Canada, la liste d'attente pour les visas canadiens comprend au moins 1500 interprètes afghans ainsi que 5000 personnes à leur charge. Ceux-ci risquent maintenant d'être arrêtés par les talibans – ou pire encore – pour avoir travaillé avec l'Armée canadienne et d'autres organisations.

La plupart d'entre eux pourront embarquer pour le Canada, a assuré le premier ministre jeudi. Les avions seront prêts et attendront à l'aéroport de Kaboul, a-t-il insisté, mais il est peu probable qu'ils seront remplis au maximum de leur capacité au moment de décoller vers le Canada.

À moins que les talibans ne modifient considérablement leur position, ce sur quoi la communauté internationale et le Canada travaillent, ​​il sera très, très difficile de faire sortir beaucoup de gens, a déclaré M. Trudeau.

Faire sortir beaucoup de monde, autant que nous le voulons, va être presque impossible dans les semaines à venir.

Une citation de :Justin Trudeau, premier ministre du Canada

Les talibans se sont emparés de la quasi-totalité de l'Afghanistan en un peu plus d'une semaine et ont envahi Kaboul dimanche après que le président Ashraf Ghani a fui le pays. Depuis lors, les talibans ont promis une transition pacifique du pouvoir et une amnistie dans tout le pays.

Ottawa, cependant, ne reconnaîtra pas un gouvernement taliban, a prévenu mardi Justin Trudeau.

Accélérer le rapatriement

L'arrivée de militaires canadiens permet de croire que les efforts pour évacuer les anciens collaborateurs du Canada et leurs familles pourraient maintenant s'intensifier.

Le gouvernement canadien a été accusé de ne pas avoir agi assez rapidement pour envoyer des avions à Kaboul et traiter les papiers des Afghans, des critiques rejetées du revers de la main par le premier ministre Trudeau.

C'est une situation extrêmement difficile, mais je peux vous assurer que notre gouvernement travaille fort pour assouplir toutes les barrières, qu'il s'agisse de paperasse ou de bureaucratie, et pour nous assurer que les gens sortent de là aussi rapidement que possible et en toute sécurité, a-t-il ajouté.

Le Canada a rapatrié plus de 800 Afghans depuis le début du mois. Mardi, trois avions transportant des diplomates, des militaires et des réfugiés s'étaient déjà posés en Ontario.

Négocier avec les talibans

En entrevue à l'émission 24|60, le major-général à la retraite Denis Thompson, qui a commandé la force opérationnelle de l'OTAN à Kandahar en 2008-2009, a estimé qu'il n'était pas impossible de sauver les interprètes afghans et leurs familles d'ici le 31 août, date à laquelle les Américains prévoient quitter le pays.

À condition, toutefois, de négocier avec les talibans.

Un cessez-le-feu de 24 heures, par exemple, permettrait aux véhicules de la coalition de circuler dans la ville [de Kaboul] pour trouver tous nos interprètes et leurs familles et les ramener à l'aéroport, évalue le major-général Thompson.

L'opération internationale de rapatriement, admet-il, est très complexe, mais il garde espoir de la voir réussir.

Par ailleurs, il serait faux de croire que des avions vides décolleront de Kaboul pour ne ramener au Canada qu'une poignée d'interprètes ayant spécifiquement travaillé avec les FAC, rappelle le major-général Thompson.

C'est une opération de toute la coalition : si on a un avion canadien à l'aéroport, c'est fort possible [qu'on y retrouvera] des Canadiens, des Américains, des Français et des Britanniques, explique-t-il. Le but, c'est de ne pas avoir un seul avion de la coalition qui quitte l'aéroport sans [être rempli au maximum].

Les évacués sont réunis au Qatar ou aux Émirats arabes unis avant de rejoindre leur pays d'asile.

Le Canada s'est engagé la semaine dernière à accueillir 20 000 réfugiés afghans.

Avec les informations de CBC, et La Presse canadienne

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