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Trudeau promet 6 milliards de plus pour les soins de longue durée, sous condition

Justin Trudeau parle à des enfants et leurs familles.

Justin Trudeau a eu une petite conversation avant de reprendre la route après sa présentation dans un foyer pour aînés de Victoria, en Colombie-Britannique.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Charles-Émile L'Italien-Marcotte

De passage à Victoria, en Colombie-Britannique, le chef du Parti libéral du Canada (PLC), Justin Trudeau, a promis d’investir 9 milliards de dollars sur cinq ans dans les soins de longue durée au Canada, dont 3 milliards avaient déjà été annoncés dans le dernier budget.

Les libéraux délieraient les cordons de la bourse fédérale à certaines conditions : une hausse des salaires des préposés à au moins 25 $ l’heure partout au Canada, la formation de 50 000 nouveaux préposés dans les services de soutien personnel, des mesures plus strictes de prévention et de contrôle des infections et une amélioration de la qualité des centres de soins de longue durée, notamment.

Justin Trudeau a dit s’inspirer de ce que le gouvernement du Québec avait fait durant la pandémie, en embauchant et en formant des milliers de préposés aux bénéficiaires, en plus d'augmenter leur salaire.

S'il est réélu, M. Trudeau voudrait aussi adopter une Loi sur les soins de longue durée sécuritaires établissant des normes de qualité nationales pour nous assurer que les aînés partout au pays obtiennent les soins qu’ils méritent.

Négociations avec les provinces

Le chef libéral a dit être conscient qu’il s’agit d’un champ de compétence provinciale. Selon lui, nous devons faire mieux pour nos aînés, et le gouvernement fédéral sera là pour appuyer les provinces, mais dans le respect des compétences des provinces partout au Canada, a-t-il précisé.

Il affirme ne pas vouloir interférer dans la gestion des CHSLD, clairement une responsabilité provinciale, a-t-il reconnu, mais voudrait tout de même établir des normes à l’échelle du pays.

Justin Trudeau dit vouloir négocier avec les provinces de la même façon qu'il l'a fait pour un système de garderies à l’échelle nationale. Si M. Trudeau promet d’augmenter généralement les transferts fédéraux en santé, l'engagement de jeudi serait discuté indépendamment avec les provinces et territoires.

« On a démontré qu'on peut travailler avec les provinces, même des provinces avec qui on a des différends, pour livrer concrètement pour les Canadiens, et il n'y a pas personne à travers le pays qui ne veut pas que nos aînés soient protégés, où qu'ils vivent à travers le pays. »

— Une citation de  Justin Trudeau, chef du Parti libéral du Canada

Nos investissements vont permettre de créer plus de lits [dans les CHSLD], d’améliorer les installations, et d’augmenter la prévention des infections, a promis Justin Trudeau.

M. Trudeau s'engage aussi à doubler le crédit d’impôt pour l’accessibilité domiciliaire, qui pourrait permettre à des aînés qui choisissent de demeurer à domicile de recevoir jusqu’à 1500 $ supplémentaires.

Des mesures pour vaincre la pandémie

Le chef du PLC a rappelé jeudi les mesures qu’a prises son gouvernement durant la pandémie de COVID-19 pour soulager le personnel travaillant dans les CHSLD, notamment l’envoi de membres des Forces armées canadiennes pour soutenir la Croix-Rouge canadienne. Selon lui, cette situation est inacceptable et ne doit plus se reproduire.

Selon l'Institut canadien d'information sur la santé (ICIS), plus de 80 % des décès causés par la COVID-19 dans la première vague de la pandémie, de mars à août 2020, ont touché des résidents de CHSLD et d'autres foyers pour aînés.

Justin Trudeau a aussi mentionné que son gouvernement avait distribué de nombreux équipements de protection individuelle, qu’il avait participé à la recherche de contacts de cas de COVID-19 et qu’il avait fourni des tests rapides en collaboration avec les provinces et les territoires.

Consultez notre dossier sur les élections fédérales 2021.

De l'argent, oui, mais sans condition, dit le Bloc

Nous avons notre propre nation qui est capable d’établir ses propres normes, a commenté le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet. Le rapport qui a été fait par l’armée canadienne après son intervention dans les CHSLD au Québec, ce n’était pas un problème de juridiction, c’était un problème de ressources.

Tout ça, ultimement, c’est une question de compétences. En termes constitutionnels, la santé est une compétence du Québec et des provinces, a poursuivi M. Blanchet, ajoutant qu’il faut que le Québec revendique les ressources dont [il] a besoin, qui lui sont dues ; il n’y a pas que le Québec qui le demande.

« Ça va carrément dans la catégorie "je veux rien savoir". Ce n'est pas de ses affaires. »

— Une citation de  Yves-François Blanchet, chef du Bloc québécois

Justin Trudeau n'a pas à établir les salaires des travailleurs du réseau des soins de longue durée au Québec. Ce n’est pas de ses affaires. Si M. Trudeau décide de mettre de l'argent dans les soins de longue durée, il prendra la part du Québec, il écrira le chiffre sur un chèque, il enverra le chèque à Québec et ce sera ça, a martelé le chef bloquiste.

Sans commenter directement la promesse du chef libéral, le gouvernement de François Legault s'est contenté de rappeler que la santé est une compétence exclusive du Québec. Un message auquel a fait écho, en conférence de presse sur un autre sujet, le ministre de la Santé du Québec.

Un peu plus tard, des sources ont fait part à Radio-Canada du mécontentement suscité par cette promesse à Québec, où l'on pense que Justin Trudeau se dirige vers une collision frontale sur la question des champs de compétence.

Le chef du Nouveau Parti démocratique, Jagmeet Singh, considère quant à lui que l’annonce libérale est troublante. Je trouve cela troublant parce que, quand on a eu la chance d’enlever le profit dans les soins de santé de longue durée, [Justin Trudeau] a voté non, a rappelé M. Singh, et cela montre comment il n’est pas là pour les gens et il continue de défendre les intérêts des ultrariches.

M. Singh a accusé le chef libéral d'avoir perpétué les mêmes coupes [en santé] que les conservateurs, alors qu’un gouvernement néo-démocrate, promet le chef du NPD, investirait davantage dans nos soins de santé, pour s’assurer que, si vous avez besoin d’aide, le système public est là pour vous.

De son côté, le chef du Parti conservateur du Canada (PCC), Erin O’Toole, promet d'investir 3 milliards de dollars dans le financement des infrastructures et la rénovation des centres de soins de longue durée. Il souhaiterait également augmenter le nombre de préposés dans ces centres, écrit le porte-parole du PCC Mathew Clancy dans un courriel transmis à CBC. Les conservateurs voudraient aussi conclure des partenariats avec des gestionnaires privés sans but lucratif.

Plus tôt ce mois-ci, le directeur parlementaire du budget estimait que les améliorations des soins de longue durée proposées tout au long de la pandémie coûteraient 13,7 milliards de dollars aux contribuables canadiens.

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