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Le Bloc relance le dossier des transferts en santé

Yves-François Blanchet debout derrière un micro, entouré de candidats du Bloc québécois.

Le chef du Bloc québécois a tenu son point de presse devant l'Hôpital de Gatineau, dont l'urgence a dû fermer cet été en raison d'un manque de personnel.

Photo : La Presse canadienne / Justin Tang

Le parti dirigé par Yves-François Blanchet réintroduit l’exigence des provinces d’augmenter immédiatement à 35 % les transferts fédéraux en santé, une augmentation suivie d’une indexation minimale de 5 % annuellement.

Lors d’un point de presse à Gatineau, dont l'urgence de l'hôpital a été fermée pendant plusieurs jours cet été, le chef bloquiste a rappelé la demande du Québec et des autres provinces : que la contribution d'Ottawa pour le financement de la santé passe de 22 % à 35 % des dépenses effectuées par les provinces et territoires en la matière, et ce, sans condition.

Cela signifie que la part du gouvernement fédéral passerait de 42 à 70 milliards de dollars – une augmentation de 28 milliards dès cette année.

M. Blanchet a rappelé qu’il a écrit une lettre au président du Conseil de la fédération et premier ministre du Manitoba, Brian Pallister, pour lui reconfirmer l’appui du Bloc à cette hausse durable et sans condition réclamée par les provinces.

Il demande aux autres chefs de parti de prendre le même engagement.

Pour la population, [les transferts en santé] c’est comme un truc de politiciens, un "ostinage" entre parlements. Mais les transferts en santé, c’est pour réduire les listes d'attente dans les chirurgies. C’est le vrai monde. Pour améliorer le traitement, les quarts de travail du personnel infirmier. Pour augmenter le nombre de travailleurs dans les établissements de soins de longue durée, a-t-il dit.

Le déficit budgétaire des provinces en santé s’accroît de façon importante année après année et s’est encore creusé avec la pandémie.

C’est pour avoir un système de santé plus robuste pour faire face à de possibles crises comme celle que l’on traverse présentement. Ou pour faire en sorte que l'urgence de l'hôpital de Gatineau ne soit pas ouverte seulement de 6 h à 8 h après avoir été fermée pendant deux mois, a-t-il illustré.

Des promesses libérales et conservatrices insuffisantes

M. Blanchet a critiqué le plan des conservateurs, qui proposent d’augmenter de 6 % annuellement les transferts en santé, et potentiellement davantage si une croissance économique forte le permet.

Selon lui, Erin O’Toole, le chef conservateur, ne ferait que corriger ce que son prédécesseur, Stephen Harper, avait fait à la fin de son mandat en faisant passer de 6 % à 3 % la hausse des transferts en santé, une formule conservée par le gouvernement Trudeau par la suite.

Ce n’est rien d’autre qu’une promesse électorale. [...] Et ce n’en est pas une très grosse. Passer de 3 à 6 % d’augmentation annuellement ne nous amène pas au résultat souhaité avant extrêmement longtemps. Un très hypothétique gouvernement conservateur ne serait déjà plus là et on ne serait pas rendus aux 35 %, a soutenu M. Blanchet.

Concernant le Parti conservateur, il soutient qu’il ne faut pas se laisser berner par son contrat avec les Québécois, présenté mercredi. Ce n’est qu’un mignon slogan, une promesse électorale, soutient-il. D’après lui, il est faux de penser que les valeurs du Parti conservateur correspondent tout à coup à celles du Québec; elles sont bien plus près de celles de l’Alberta, d’après lui.

En matière de transferts en santé, Yves-François Blanchet a aussi critiqué la démarche du Parti libéral.

Les libéraux ont mis le 4 milliards, qui est éminemment insuffisant, dans leur budget, surtout que c’est ponctuel. Donc, il n’y a pas de durée là-dedans. Au lieu de 28 milliards cette année et à chaque année, c’est 4 milliards une fois et allez-vous-en chez vous.

Plus tard en après-midi, le chef du Bloc est revenu à la charge, mais en critiquant cette fois la promesse libérale d'établir des normes nationales à respecter dans les centres de soins de longue durée et de fixer un seuil minimum pour le salaire des employés.

Ce n'est pas de ses affaires. Justin Trudeau n'a pas à établir les salaires des travailleurs du réseau des soins de longue durée au Québec. [...] C'est une question de compétences. Nous avons notre propre nation qui est capable d'établir ses propres normes, a-t-il affirmé.

Sans commenter directement la promesse du chef libéral, le gouvernement de François Legault s'est contenté de rappeler que la santé est une compétence exclusive du Québec. Un message auquel a fait écho, en conférence de presse sur un autre sujet, le ministre de la Santé du Québec.

Un peu plus tard, des sources ont fait part à Radio-Canada du mécontentement suscité par cette promesse à Québec, où l'on pense que Justin Trudeau se dirige vers une collision frontale sur la question des champs de compétences.

Le NPD appuie la proposition du Bloc

Interrogé au sujet de la proposition du Bloc, le chef néo-démocrate Jagmeet Singh a dit qu’il était d’accord avec ce que demandent les provinces et le Bloc en matière de transferts en santé.

Il n’a toutefois pas précisé si sa formation réclamait les mêmes pourcentages d’augmentation.

Quand je serai premier ministre, je m’assurerai que, dans mon discours du Trône, on parlera de comment on augmente les transferts en santé, comment on va améliorer l’accès en santé et comment on va défendre les travailleurs de première ligne, a dit le chef du NPD en point de presse à Edmonton.

À la question Que ferez-vous si vous êtes dans l’opposition?, M. Singh a répondu qu’il était engagé dans cette campagne électorale pour devenir premier ministre et défendre les intérêts des Canadiens.

Au niveau fédéral, les conservateurs et les libéraux ont coupé les transferts en santé. Justin Trudeau a continué les mêmes coupes que Harper, et c’est une raison pour laquelle on est dans cette crise maintenant, a dit le chef du NPD.

[Les néo-démocrates, eux], investissent dans nos soins de santé, pour s’assurer que si vous avez besoin d’aide, le système public est là pour vous.

Consultez notre dossier sur les élections fédérales 2021.

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