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Les festivals sont-ils des super-propagateurs de la COVID-19? Québec sommé de trancher

Le RÉMI invite le gouvernement à tourner les yeux vers Chicago, où le festival Lollapalooza n'a pas généré d'effets majeurs sur la propagation du virus.

Une pancarte à l'entrée du festival demande aux spectateurs de présenter leur preuve de vaccination.

Quelque 385 000 personnes ont assisté aux concerts de Lollapalooza, en trois jours.

Photo : Getty Images / Scott Olson

Les festivals et autres concerts extérieurs sont-ils des super-propagateurs de la COVID-19? Après l'annulation d'un concert-test prévu pour septembre, le Regroupement des événements majeurs internationaux (RÉMI) demande à Québec de se donner les moyens de trancher la question une bonne fois pour toutes.

L'annulation de l'événement-test qui devait réunir 20 000 personnes sur les plaines d'Abraham le 25 septembre n'a pas choqué Martin Roy, PDG du RÉMI. Il n'avait plus vraiment foi en l'événement.

Pour nous, c'est un peu dommage, mais en même temps on se disait que ça s'en allait un peu nulle part, explique-t-il en entrevue téléphonique. La santé publique de Québec, de ce qu'on comprend, souhaitait qu'il y ait beaucoup de mesures sanitaires, alors qu'à la base le but c'était de retourner à des conditions prépandémiques.

Pour M. Roy, l'expérience n'aurait pas permis d'aller beaucoup plus loin que le cadre actuellement proposé par la santé publique, laquelle autorise le rassemblement de15 000 personnes pour des événements publics extérieurs.

Martin Roy, PDG du RÉMI.

Martin Roy demande au gouvernement de trancher la question, « très précisément » : est-ce que les événements extérieurs sont des super-propagateurs de la COVID-19? (archives)

Photo : Radio-Canada

Rediriger les efforts

Dans les heures qui ont suivi l'annulation du concert-test, mercredi, le RÉMI a pris contact avec le cabinet de la ministre du Tourisme, Caroline Proulx, l'invitant à ne pas abandonner l'idée de colliger des informations sur les événements extérieurs.

Pour septembre et octobre, on devrait rediriger les efforts et les ressources vers les festivals existants et essayer de voir dans quelle mesure les festivals contribuent ou ne contribuent pas à des éclosions, plaident Martin Roy et son organisation, qui représente 25 événements majeurs au Québec.

Il cite des occasions offertes par la tenue d'Osheaga, du Festival de montgolfières de Gatineau et d'îLESONIQ, notamment.

Sans savoir de quelle manière s'articulerait un tel accompagnement avec la santé publique, M. Roy croit qu'il est possible d'assurer une forme de traçage des participants à ces événements, en particulier ceux qui fonctionnent avec une billetterie.

« J'imagine que ce serait assez simple d'impliquer les festivaliers et de voir, avant, pendant et après le festival, quel est leur statut par rapport à la COVID. »

— Une citation de  Martin Roy, PDG du RÉMI
Un grand rassemblement au FEQ en 2019, avant la pandémie.

Un grand rassemblement au FEQ en 2019, avant la pandémie (archives)

Photo : Radio-Canada / Daniel Coulombe

Le cas Lollapalooza

Le RÉMI brandit l'exemple du festival Lollapalooza depuis des semaines auprès des décideurs gouvernementaux. Du 29 juillet au 1er août derniers, l'événement tenu à Chicago a rassemblé 385 000 personnes, sans mesures sanitaires particulières.

Tous les participants devaient être vaccinés ou montrer un test négatif de COVID-19 effectué dans les 72 heures précédant leur visite. Deux semaines plus tard, la santé publique de Chicago a signalé 203 cas chez les participants au festival, soit 0,05 %.

« Si ça a été possible là-bas, ça devrait être possible ici. »

— Une citation de  Martin Roy, PDG, Regroupement des événements majeurs internationaux

La médecin en chef de Chicago a déclaré la semaine dernière qu'aucune preuve ne permettait de démontrer que Lollapalooza s'était avéré un super-propagateur. Quelque 90 % des participants étaient vaccinés.

Pour Martin Roy, Québec doit prendre acte de ces données et poursuivre ses efforts afin de trancher la question et ainsi aider à un retour à la normale pour les festivals. On sait qu'à l'extérieur, en principe, c'est plus sécuritaire, souligne-t-il.

Le RÉMI est d'autant plus insistant que le gouvernement a choisi d'instaurer le passeport vaccinal et que les événements se dérouleront donc entre personnes vaccinées dès le 1er septembre. L'organisation a déjà réclamé des allègements aux mesures sanitaires en vigueur dans les circonstances.

Pas d'ouverture au gouvernement

Sur les ondes d'ICI Première, mercredi, la ministre Caroline Proulx a déclaré qu'il n'y avait pas de plan B au concert-test que vient d'annuler le gouvernement. Pas pour le moment, a-t-elle répondu lorsqu'on lui a demandé si des solutions de rechange ou une nouvelle expérience étaient dans les cartons.

Elle a cependant assuré que les festivals prévus cet automne auraient lieu malgré la décision du gouvernement.

En soirée, son cabinet n'a pas montré beaucoup d'appétit pour la proposition du RÉMI, évoquant à nouveau le contexte sanitaire, soit la montée de la quatrième vague et la virulence du variant Delta.

Nous avons décidé de mettre fin au projet d'événement-test, car il est impossible, vu la situation actuelle et appréhendée, de tenir les concerts-tests dans le contexte prépandémique souhaité tout en assurant la sécurité des Québécois, a écrit le cabinet de Mme Proulx. Reproduire ledit contexte dans l'un des festivals ou événements à venir à court terme est tout aussi risqué.

Les détails entourant l'implantation du passeport vaccinal et son application aux festivals devraient être connus la semaine prochaine.

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