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Réforme de la loi 101 : les Anglo-Québécois veulent entendre les partis fédéraux

Beryl Wajsman assis à une terrasse à Montréal.

Beryl Wajsman, éditeur de l'hebdomadaire anglophone montréalais The Suburban, affirme que les anglophones fidèles au Parti libéral sont irrités par la « capitulation » de Justin Trudeau.

Photo : Radio-Canada / Benoît Chapdelaine

Très déçus par la réponse des chefs de parti fédéraux au projet du gouvernement Legault de modifier la Constitution pour renforcer la Charte de la langue française (la loi 101), les représentants de la minorité anglophone du Québec réclament des engagements clairs durant l'actuelle campagne électorale. Ils craignent de perdre des droits avec le projet de loi 96, qui fera l'objet de consultations cet automne.

Le Quebec Community Groups Network, le principal regroupement d'associations anglophones, demande à tous les partis et candidats de s'engager à défendre les droits linguistiques des Québécois d'expression anglaise.

Québec propose de créer, indique sa présidente Marlene Jennings, ce que nous appelons une zone sans Charte [a Charter-free zone] qui permettrait à l’Assemblée nationale – et non aux tribunaux – d’arbitrer l’équilibre entre les droits et libertés collectifs et individuels.

Marlene Jennings, elle-même une ex-députée libérale fédérale, ne limite pas ses reproches au parti de Justin Trudeau. Les critiques qu'on a faites sous un gouvernement fédéral libéral, ce sont les mêmes qu'on ferait à un gouvernement conservateur, dit-elle en rappelant qu'aucun parti d'opposition ne s'est engagé contre le projet de loi 96.

Capitulation

La capitulation sur la question de la langue irrite cependant surtout les anglophones fidèles au Parti libéral, selon Beryl Wajsman, l'éditeur du Suburban, l'un des principaux médias de la communauté au Québec. S'il y a une chose qui est restée dans la tête des anglophones, c'est ça.

Attablé devant le restaurant centenaire Chez Nick à Westmount, Beryl Wajsman rappelle que de nombreux Anglo-Québécois se sont battus dans les années 1970, avec l'ex-premier ministre Pierre Elliott Trudeau, pour défendre leurs droits. Ils sont âprement déçus que son fils Justin ne semble pas prêt à monter aussi aux barricades pour eux.

Oui, il y a l'option du parti conservateur mais M. Blanchet du Bloc québécois fait une grande impression dans la communauté anglophone, ajoute-t-il. Naturellement [les anglophones] ne sont pas d'accord avec la souveraineté, mais ils lui trouvent une éloquence, ils aiment sa position sur la fiscalité, qui est plus bleue, plus conservateur que la gauche.

Les anglophones ne vont tout de même pas voter en masse pour le Bloc québécois, reconnaît-il. Le Parti libéral recueille généralement presque toutes les circonscriptions à majorité anglophone dans la région de Montréal.

Et Justin Trudeau a beau déplaire à plusieurs, il a un avantage, selon l'éditeur : C'est un premier ministre téflon, ni le scandale WE [Charity, bourses d’été pour étudiants d’UNIS], ni le traitement de la ministre Jody Wilson[-Raybould], rien ne reste sur sa peau.

Patrick O'Hara montre du doigt une pancarte présentant le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet.

Patrick O'Hara tentera de remporter la circonscription de Châteauguay-Lacolle sous la bannière du Bloc québécois.

Photo : Radio-Canada / Benoît Chapdelaine

Un anglophone chez les bloquistes

Les chances du Bloc québécois et des autres partis de conquérir l’Ouest-de-l’Île sont presque inexistantes, mais le parti souverainiste tente une percée dans la circonscription de Châteauguay-Lacolle avec un candidat aux racines irlandaises. La députée libérale Brenda Shanahan y a été réélue en 2019 avec à peine 600 voix de majorité sur la candidate bloquiste.

Qu'ils soient anglophones ou peu importe, je vais être là pour représenter ces gens-là, lance Patrick O'Hara, ancien propriétaire d’un restaurant de la chaîne La Cage, qui fait le saut en politique. Je souhaite que les anglophones dans la communauté de Châteauguay-Lacolle m'écoutent avec un esprit ouvert, et je vais pouvoir communiquer avec eux dans leur langue en plus.

Une grande affiche de Patrick O'Hara et de son chef Yves-François Blanchet trône bien en vue à l'un des principaux carrefours de Châteauguay, tout près de son local électoral.

Francine Bouchard devant ses étals de fruits et légumes.

Francine Bouchard vend des fruits et légumes à Châteauguay.

Photo : Radio-Canada / Benoît Chapdelaine

Le premier dimanche, les pancartes [du Bloc] étaient déjà installées, constate Francine Bouchard, une vendeuse de fruits et légumes en bordure du boulevard d'Anjou. Il y a des anglophones au Québec, ils ont autant le droit que les francophones d'être représentés au Canada. Je ne serais pas surprise [d'une victoire], ce serait un bon coup que ce soit des anglophones qui soient là.

De l'autre côté de la rue, Antoine Dubuc, de l'Atelier mécanique Châteauguay, se demande à qui ira son vote, lui qui exercera son droit démocratique pour l'une des premières fois.

C'est important qu'on vote, c'est un gros pouvoir qu'on a, mais euh... ça m'intéresse de voter, mais pas plus que ça, admet-il candidement. Je ne me suis pas encore informé, mais sûrement que quand ça va venir, je vais sûrement commencer à m'informer plus.

Antoine Dubuc dans un atelier automobile.

Antoine Dubuc est mécanicien dans un garage de Châteauguay.

Photo : Radio-Canada / Benoît Chapdelaine

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