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Violence armée : plus d'engagements réclamés de la classe politique

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Depuis le début de l'année, plus de 20 Torontois sont morts dans des circonstances impliquant des armes à feu.

Photo : CBC/Jeremy Cohn

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Depuis le début de l’année 2021, plus de 200 fusillades ou événements impliquant des armes à feu sont survenus dans la Ville Reine, des chiffres semblables aux années précédentes. Malgré les initiatives du gouvernement fédéral, la violence armée demeure problématique à Toronto.

Des intervenants communautaires et des experts proposent des solutions et souhaitent voir des engagements concrets de la part des politiciens dans le cadre de la campagne électorale fédérale actuelle.

Louis March est le fondateur du mouvement Zero Gun Violence, un groupe d’activistes qui cherche à éradiquer la violence armée dans la grande région de Toronto. Chaque semaine, il se désole de lire le mot fusillade dans les différents articles de presse et craint que la société soit en train de normaliser et de rendre acceptable la violence.

Avec son organisation, Louis March cherche à changer les facteurs structurels et socio-économiques qui peuvent amener à la violence armée. On vit une crise, affirme-t-il. Dans le cadre des élections fédérales, l’activiste interpelle la classe politique, car, selon lui, l’enjeu n’est pas traité de façon prioritaire.

« Nous devrions voir une baisse significative du nombre de fusillades, mais ce n’est pas le cas. Pour moi, cela indique que les politiciens ne font pas de leur mieux. »

— Une citation de  Louis March, fondateur du mouvement Zero Gun Violence
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Louis March, activiste de longue date contre la violence armée à Toronto, a fondé le mouvement Zero Gun Violence.

Photo : Radio-Canada / Guillaume Cottin

L’intervenant communautaire croit que les solutions passent entre autres par une approche plus globale où les trois ordres de gouvernement seraient mis à contribution. Il insiste sur le fait que l’engagement du gouvernement fédéral est essentiel pour y arriver et que les interventions municipales ne sont pas suffisantes. Selon lui, il s'agit d'une problématique nationale qui ne touche pas seulement les Torontois.

« Il ne suffit pas de balancer de l’argent ou encore d’interdire les armes à feu. Il faut aller plus loin. »

— Une citation de  Louis March, fondateur du mouvement Zero Gun Violence

L’utilité des programmes communautaires

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Le mouvement One by One est une initiative communautaire qui vise à lutter contre la violence armée à Toronto.

Photo : CBC / Martin Trainor

Le professeur de sociologie à l’Université de Toronto, Jooyoung Lee, estime que le gouvernement fédéral en a beaucoup fait symboliquement ces dernières années, mais qu’il aurait pu en faire davantage pour soutenir des programmes communautaires.

On entend souvent le premier ministre dire qu’il veut s’attaquer aux causes sous-jacentes de la violence armée, mais les intervenants ne voient pas la traduction de cet engagement sur le terrain, explique-t-il.

Pour lutter contre la violence armée, il croit beaucoup à la présence dans les quartiers chauds d'intervenants spécialisés, qui peuvent intervenir directement auprès des personnes plus à risque. Selon lui, les interventions qui fonctionnent le mieux sont celles basées sur les relations sociales.

Coordonnateur pour l’organisme Yonge Street Mission, Eddy Martinez tente de sortir des jeunes de la criminalité ou encore de faire de la prévention. Il leur explique par exemple à quel point la présence d’une arme peut leur être nuisible d’un point de vue judiciaire, au moment du dépôt des accusations.

L’intervenant communautaire croit que l’une des pistes de solutions pour lutter contre la violence armée est l’inclusivité. Il croit que les gouvernements doivent proposer des programmes de réinsertion aux personnes en détention provisoire, pour éviter que ces dernières s’engouffrent dans la violence à leur sortie.

Également, un ancien policier, Eddy Martinez, insiste sur l’importance d’un corps policier de proximité, avec des agents provenant de la communauté qu’ils servent, pour favoriser les liens entre les jeunes des quartiers et les policiers.

Des engagements réclamés

Pendant la campagne électorale, le professeur en criminologie à l’Université d’Ottawa Irvin Waller souhaite que les partis se livrent à une concurrence sur la manière d’aboutir à des résultats concrets pour les victimes. Au-delà des questions budgétaires, il aimerait que les partis prennent des engagements fermes en matière de diminution du nombre d'homicides et du nombre de personnes blessées gravement en raison de la violence armée.

Il rappelle que malgré l’interdiction des armes d’assaut par le gouvernement fédéral, les armes de poing demeurent celles qui emportent le plus de vies.

« Un exemple de résultat concret pourrait être que d’ici cinq ans, un parti s’engage à diminuer de 50 % les homicides avec des armes de poing. »

— Une citation de  Irvin Waller, professeur en criminologie à l’Université d’Ottawa

Les propositions des partis

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Le gouvernement de Justin Trudeau a interdit les armes d'assaut en mai 2020.

Photo : Radio-Canada

Depuis leur arrivée au pouvoir, les libéraux ont interdit les armes d’assaut de type militaire. En vertu d’une révision du règlement fédéral décrétée le 1er mai 2020, 1500 modèles et variantes de ces armes ont été prohibés.

Le gouvernement a également déposé en février dernier, sans toutefois l’adopter, le projet de loi C-21, qui prévoit entre autres de nombreuses obligations pour les propriétaires qui désirent garder leurs armes d’assaut. Le gouvernement n’a cependant pas rendu son programme de rachat d’armes obligatoires, ce qui a suscité de vives critiques.

Dans le cadre de ce projet de loi, le gouvernement a aussi signalé son intention de permettre aux villes qui le souhaitent de prohiber les armes de poing sur leur territoire. Une mesure qui, elle aussi, n’a pas fait l’unanimité.

Le projet de loi visait également à ce que quiconque puisse demander à un tribunal de produire une ordonnance à l'encontre d'une personne considérée comme une menace pour autrui ou pour elle-même.

De son côté, le Parti conservateur a promis d’abolir la loi qui interdit les armes d’assaut. Il s’oppose également à une interdiction des armes de poing. Dans son programme, le parti indique qu’il souhaite garder les armes à feu loin des mains des criminels et revoir la classification des armes à feu pour bien préciser quels types d’armes entrent dans chaque catégorie et assurer que les décisions sur la classification peuvent être prises rapidement, le public et les propriétaires d’armes à feu ayant l’assurance qu’elles ne sont pas arbitraires .

En point de presse mercredi, le premier ministre Justin Trudeau a d'ailleurs décoché une flèche à l'endroit du Parti conservateur. C’est inconcevable, alors qu’il y a de la violence avec des armes à feu, qu’Erin O'Toole cherche à plaire au lobby des armes à feu et rendre à nouveau légales les armes d'assaut, a-t-il dit. Selon lui, son gouvernement a été présent pour investir dans des programmes de soutien communautaire et des programmes de sécurité pour les jeunes dans les communautés.

Dans sa plateforme, le Nouveau Parti démocratique indique qu’il va s’efforcer de garder les armes d’assaut et les armes de poing illégales hors des rues, et de lutter contre la contrebande d'armes et le crime organisé, notamment par du financement pour des projets antigangs.

Par le passé, le Bloc québécois a indiqué que, selon lui, le programme de rachat des armes d’assaut devrait être obligatoire et le Parti vert a déjà lancé l’idée d’un programme de rachat confidentiel d’armes de poing et d’armes d’assaut, tout en insistant sur l’importance de réintégrer les prisonniers dans la société.

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