•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

« Tenez bon », demande une cheffe médicale de l’Hôpital Fleurimont aux infirmières

Vue de l'intérieur d'une chambre d'hôpital, meublée d'un lit. Un panneau indique à l'entrée qu'il s'agit d'une chambre de traitement pré-accouchement.

Il y aurait eu une rupture de services au département de maternité de l'Hôpital Fleurimont le 6 août dernier, selon des infirmières. (archives)

Photo : Audrey Neveu

Radio-Canada

La cheffe médicale à la maternité de l’Hôpital Fleurimont, à Sherbrooke, a réagi après que Radio-Canada a révélé qu’il y aurait eu une rupture de services le 6 août dernier, selon des infirmières du département.

La cheffe du département d’obstétrique et de gynécologie Sophie Désindes confirme que, cette journée-là, son équipe a dû pallier un important manque de personnel. Elle indique aussi que des césariennes non urgentes ont été repoussées de quelques heures, voire de quelques jours, et que l'unité a manqué de lits.

Elle ne confirme cependant pas la thèse d'une rupture de services avancée par des infirmières. Comme le CIUSSS de l’Estrie-CHUS, elle parle plutôt de modulation des services, puisque toutes les patientes ont ultimement été prises en charge, même si ce n’était pas dans les temps initialement prévus.

C’est vraiment un travail au quotidien de moduler certaines activités. De le faire à ce niveau-là, ça a été un élément qu'on n'avait pas vécu souvent [...] On s’entend qu’on manquait aussi de lits, donc on a eu des journées très, très occupées, explique la médecin.

Elle dit trouver difficile de voir les obstacles vécus par ses collègues en maternité. Rappelons que, lorsqu'elles ont parlé avec Radio-Canada cette semaine, des infirmières ont dénoncé une utilisation récurrente du temps supplémentaire obligatoire par les gestionnaires du CIUSSS de l'Estrie-CHUS.

« J’ai un message pour mes collègues infirmières. Tenez bon. Là, il faut arrêter l'hémorragie. »

— Une citation de  La Dre Sophie Désindes, cheffe du département d’obstétrique et de gynécologie du CIUSSS de l’Estrie-CHUS

J'utilise des termes médicaux, mais là, il y a un cercle vicieux. S’il y a de moins en moins d’infirmières, ça met de la pression. Il faut, tout le monde, travailler ensemble pour trouver des solutions. [...] Il faut que ça arrête, ce temps supplémentaire là, le plus rapidement possible. Les solutions doivent venir, des solutions innovantes; il faut qu’on travaille avec les gens sur le terrain aussi pour trouver ces solutions-là, ajoute-t-elle.

Le ministère doit intervenir, croit Christine Labrie

La députée de Sherbrooke pour Québec solidaire, Christine Labrie, fait un lien direct entre le temps supplémentaire obligatoire et la pénurie d’infirmières dans les hôpitaux.

« C’est un problème qui dure depuis des années, qui n’est pas spécifique au CIUSSS de l’Estrie, qui se passe partout au Québec et qui entretient la pénurie de personnel. »

— Une citation de  Christine Labrie, députée de Sherbrooke pour Québec solidaire

Elle croit également que la situation pourrait nuire aux patients.

C’est de plus en plus fréquent qu’on les [les infirmières] fasse travailler dans des circonstances où elles ont les facultés affaiblies, où elles ne se sentent même pas en état de conduire, et on leur demande de soigner des patientes, d’accueillir des nouveau-nés, de s’occuper de néonatalogie, d'enfants qui sont prématurés, qui ont besoin de soins intensifs. Ce sont des situations qui sont à risque, soutient la députée. 

Elle demande au ministère de la Santé d’intervenir dans le dossier.

La responsabilité du ministère est de mettre en œuvre un plan pour qu’on n’ait plus besoin de temps supplémentaire obligatoire. Le temps supplémentaire obligatoire devrait être utilisé dans des situations hautement exceptionnelles, quand il y a une catastrophe. On ne devrait pas avoir ça au quotidien dans nos hôpitaux, croit-elle.

Le syndicat qui représente les infirmières abonde dans le même sens.

Il faut vraiment qu’ils [les élus] agissent et trouvent des moyens. À notre CIUSSS, ils nous disent qu’ils ont les mains liées.[...] La CAQ, ils ont été élus et ont dit qu’ils allaient changer des affaires. Bien, faites-le, c’est le temps, là, martèle David Lambert, le secrétaire-trésorier du Syndicat des professionnelles en soins des Cantons-de-l’Est.

Mercredi en soirée, le ministère de la Santé et des Services sociaux n'avait toujours pas donné suite à la demande d'information de Radio-Canada.

Avec les informations d’Alexis Tremblay 

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !