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Changements climatiques : « En Colombie-Britannique, c’est l’enjeu numéro un »

Un hélicoptère survole un immense nuage de fumée.

Un hélicoptère survole un immense nuage causé par le feu de Lytton, en C.-B., le 15 août 2021.

Photo : La Presse canadienne / Darryl Dyck

Si toutes les régions du pays subissent l’effet des changements climatiques, peu en ont autant subi les conséquences récemment que la province la plus à l'ouest.

De quoi faire de l’environnement la question la plus pressante de la campagne électorale fédérale en Colombie-Britannique.

Après une canicule mortelle et des incendies dévastateurs, les Britanno-Colombiens se rappelleront longtemps de l’été 2021. Les électeurs qui se rendront aux urnes le 20 septembre auront en mémoire la chaleur écrasante et les scènes d’horreur des feux de forêt.

Pour les Canadiens, la question se classe parmi le top 3. [...] En Colombie-Britannique, c’est l’enjeu numéro un, illustre Shachi Kurl, présidente de l’Institut Angus Reid, en entrevue à Vancouver.

Le problème est tellement pressant qu’il pourrait avoir une importance décisive dans la région métropolitaine de Vancouver, qui est souvent le théâtre de courses à trois serrées entre libéraux, conservateurs et néo-démocrates.

Les changements climatiques sont très importants pour les électeurs au centre et au centre gauche. On sait aussi qu’ils sont importants pour les électeurs plus jeunes, ajoute Mme Kurl.

L’été 2021, qui n’est pas terminé, est celui de tous les dangers. Plus de 1500 feux ont ravagé 7000 kilomètres carrés de forêt, réduisant en cendres au passage le village de Lytton, dans la région de l’Intérieur.

Un bâtiment ravagé par les flammes à Lytton, en Colombie-Britannique.

Le 9 juillet, les habitants de Lytton sont montés à bord d'un autobus qui a traversé leur village, détruit dans un incendie le 30 juin, afin qu'ils puissent constater les dégâts.

Photo : La Presse canadienne / Darryl Dyck

Le dôme de chaleur qui s’est abattu sur une bonne partie de la province à la fin juin a tué plus de 500 personnes, selon la coroner en chef de la Colombie-Britannique.

Dans la province, les changements climatiques sont devenus une menace à la santé publique, souligne le président du chapitre provincial de l’Association canadienne des médecins pour l’environnement, le Dr Larry Barzelai.

« On doit dire aux gens comment se protéger de la chaleur. Normalement à Vancouver, les étés sont tempérés, mais maintenant les gens se ruent pour acheter des climatiseurs. »

— Une citation de  Dr Larry Barzelai, Association canadienne des médecins pour l'environnement
Le Dr Larry Barzelai, devant des arbres.

Le Dr Larry Barzelai souligne à quel point les Britanno-Colombiens ont subi les effets des changements climatiques cet été.

Photo : Radio-Canada / Mathieu Gohier

Le Dr Barzelai estime que l’été accablant a servi de réveil pour beaucoup de Britanno-Colombiens.

Une majorité de la population voit directement ces changements. Je pense que c'est un incitatif beaucoup plus grand pour agir. J'espère que ça se reflétera dans la campagne et que les électeurs vont prendre la question plus au sérieux, dit-il.

Vers une grande mobilisation

Pour s’assurer que la question occupe le plus de place possible dans la campagne, les militants écologistes de Colombie-Britannique sont déterminés à se faire voir et entendre.

350, qui tire son nom de la limite du nombre de particules polluantes par million que peut absorber la terre, est un des nombreux groupes qui organiseront des manifestations un peu partout au pays, le 8 septembre, pour rappeler l’urgence climatique.

C’est la même journée que le débat des chefs en français, la veille du débat des chefs en anglais, alors nous voulons organiser des marches et des rassemblements pour mobiliser le plus de communautés au pays, explique Atiya Jaffar, responsable des opérations numériques de 350 au Canada.

Atiya Jaffar, au bord de l'eau.

350 Canada et sa responsable des affaires numériques, Atiya Jaffar, feront tout en leur possible pour faire élire des candidats qui défendent l'environnement.

Photo : Radio-Canada / Mathieu Gohier

L’objectif de l’organisme est aussi de faire « sortir le vote » en faveur de l’environnement.

Nous voulons créer une alliance jamais vue d'électeurs pour appuyer la lutte contre les changements climatiques et pour faire élire des champions du climat et battre les élus qui nient ou retardent la lutte, renchérit Mme Jaffar.

Le poids électoral de la Colombie-Britannique ne peut non plus être ignoré. Avec 42 circonscriptions, la province est la troisième plus importante au pays après l’Ontario et le Québec.

Qu’en disent les chefs?

De passage à Vancouver, le chef du Parti libéral, Justin Trudeau, a promis une somme de 500 millions de dollars pour entraîner 1000 nouveaux pompiers et financer l’achat de nouveaux équipements, comme des avions-citernes et des hélicoptères. Cette somme sera prélevée à même le budget de la lutte contre les incendies de forêt de l’an prochain.

De son côté, le chef du Parti conservateur, Erin O’Toole, a demandé une aide accrue du gouvernement fédéral en Colombie-Britannique. Il a envoyé une lettre à Justin Trudeau le pressant de déployer davantage de militaires dans la province, tout en lui reprochant d’avoir déclenché des élections durant l’état d’urgence en Colombie-Britannique. À la mi-juillet, Ottawa avait annoncé l’envoi de près de 350 membres des Forces armées canadiennes pour aider à combattre les feux.

Le chef du Nouveau Parti démocratique, Jagmeet Singh, a aussi souligné que les gens sont préoccupés par la crise en Colombie-Britannique avec les feux de forêt et que nous ne pouvons pas penser à des élections en ce moment.

Lundi, le ministre britanno-colombien de la Sécurité publique, Mike Farnworth, a déclaré qu’il avait été en contact avec son homologue fédéral pour discuter de l’envoi de renforts supplémentaires pour combattre les incendies qui ravagent la province.

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