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La haine répandue durant la pandémie fera l’objet d’une enquête publique en C.-B.

Des manifestants portent des pancartes.

Le racisme anti-Asiatiques a fortement augmenté en Colombie-Britannique en 2020.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Le Bureau du commissaire aux droits de la personne de la Colombie-Britannique (BCOHRC) annonce la tenue de sa première enquête publique, qui portera sur une « vague inquiétante de haine » dans la province, une vague plus forte depuis le début de la pandémie.

La vérité, c'est que la haine est là et qu'elle grandit, soutient Kasari Govender, la commissaire des droits de la personne de la Colombie-Britannique.

L'année 2020 a été marquée notamment par la mort de George Floyd et de Joyce Echaquan, qui ont mis au grand jour la question du racisme dans la société américaine et canadienne.

À l'échelle du pays, cette année-là, les crimes haineux signalés à la police ont augmenté de 37 % par rapport à 2019, selon Statistique Canada.

La Colombie-Britannique, l'Ontario et l'Alberta ont signalé les plus fortes augmentations de ces crimes déclarés, ciblant l'appartenance ou l'origine ethniques, d’après le rapport de l’organisme. Les personnes noires et asiatiques ainsi que les Autochtones sont les plus touchés, d'après les données de Statistique Canada.

La hausse de ces crimes met en lumière le besoin urgent d’une enquête sur la haine dans la province, indique le BCOHRC.

L'objectif de l'enquête est d'examiner ce sentiment d’aversion profonde sous toutes ses formes : le racisme, mais aussi la haine perpétuée sur la base de la religion, de l'identité de genre, du handicap, de l'origine autochtone, de l'orientation sexuelle, de la pauvreté ou de l'itinérance, indique le communiqué du BCOHRC.

Une tendance extrêmement dangereuse et inquiétante

Cette montée de la haine est intrinsèquement liée aux médias sociaux, qui permettent à des personnes isolées et marginalisées d’alimenter leurs idéologies haineuses, affirme le député fédéral de Burnaby—New Westminster, Peter Julian.

Ce dernier confirme qu'il a vu une hausse des crimes haineux dans son comté, dont la population est en forte proportion asiatique. Des concitoyens lui en ont également fait part, explique-t-il.

De 2019 à 2020, la police de Vancouver a recensé une hausse de 97 % des crimes haineux. Ceux visant des personnes asiatiques ont augmenté de 717 %.

Il est impératif de mettre un frein à cette tendance extrêmement dangereuse et inquiétante , selon Peter Julian.

Audiences virtuelles à venir

Cette enquête publique est une première pour le commissaire indépendant aux droits de la personne en Colombie-Britannique.

L’examen s’étalera sur un an. Le public et des experts pourront donner leurs témoignages de façon virtuelle afin de protéger leur vie privée et le traumatisme qu'ils ont vécu, souligne le BCOHRC. La procédure pour y participer sera communiquée plus tard cet automne.

Il n'y aura pas d'audience publique, en raison de la nature du sujet.

Vingt-trois groupes communautaires se sont déjà engagés dans cette enquête, et la commissaire espère rejoindre un large éventail d'organisations et de personnes.

À la clôture de l'examen, la commissaire publiera un rapport final contenant des recommandations à l’attention de la province, d’établissements privés, de prestataires de services et des employeurs. Le BCOHRC souligne toutefois que des recommandations concernant la réforme du Code criminel sont hors de portée.

Le rapport final et les recommandations sont attendus au deuxième semestre 2022.

Avec des informations de Mélinda Trochu

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