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Montréal annonce « la fin du plastique à usage unique » sur son territoire

Une poubelle est pleine de gobelets et de pailles en plastique.

Les règlements municipaux interdisant la distribution de sacs et d'articles à usage unique en plastique dans les commerces et restaurants entreront en vigueur respectivement dans 12 et 18 mois.

Photo : iStock / Boyloso

Dans 12 mois, la Ville de Montréal bannira définitivement la distribution de sacs en plastique dans tous les commerces et restaurants de la métropole. L'interdiction de distribuer des ustensiles ou articles en plastique non recyclables et non recyclés suivra six mois plus tard.

Expliquant mercredi lors d’une conférence de presse que le site d’enfouissement de Terrebonne, qui accueille actuellement les déchets de 82 villes de la région de Montréal sera plein en 2029, la mairesse de Montréal, Valérie Plante, a annoncé que son administration s’apprêtait à adopter le règlement sur les plastiques à usage unique le plus ambitieux en Amérique du Nord.

Dès le 23 août prochain, des modifications réglementaires seront soumises au Conseil municipal de Montréal, afin que dans 12 mois plus aucun sac de plastique ne soit distribué à la clientèle des commerces de détail et restaurants, y compris la livraison à domicile.

L’adoption d’un nouveau règlement sera aussi proposée au Conseil pour faire en sorte que dans 18 mois, la distribution d’articles de plastique non recyclables et non recyclés (pailles, ustensiles, etc.) soit également bannie dans les commerces et restaurants.

On annonce aujourd’hui la fin du plastique à usage unique à Montréal, rien de moins.

Une citation de :Valérie Plante, mairesse de Montréal

La Ville de Montréal a décidé de prendre les devants. Pas question pour nous d’attendre les autres paliers de gouvernement ou de revenir en arrière, a ajouté la mairesse, déterminée à éviter une crise de gestion des déchets lorsque le site d’enfouissement de Terrebonne aura atteint sa pleine capacité.

Éviter une crise

Le site de Terrebonne étant le seul endroit qui accueille actuellement les ordures de Montréal avec le site d’enfouissement de Sainte-Sophie, sa fermeture en 2029 pourrait engendrer une sérieuse crise de gestion des déchets dans plusieurs dizaines de villes de la grande région métropolitaine.

Des pailles et des ustensiles de plastique sur une table

Les articles de plastique à usage unique sont une importante source de déchets en plus de mettre des centaines d'années à se biodégrader.

Photo : Radio-Canada

L’une des solutions qui s’imposent, selon Mme Plante, est de réduire à la source le volume de matières plastiques qui prennent le chemin des sites d’enfouissement chaque jour, tout en contribuant à l’atteinte de la cible de zéro déchet d’ici 2030 que s’est fixé la Ville dans son Plan directeur de gestion des matières résiduelles.

Cet objectif n’est pas amitieux, il est nécessaire, il faut l’atteindre. Cette carboneutralité d’ici 25 ans, ça passe par beaucoup de gestes.

Une citation de :Valérie Plante, mairesse de Montréal

L’annonce étant faite plusieurs mois d’avance, elle devrait selon la Ville permettre aux commerçants et restaurateurs de se concentrer sur la reprise économique et d'écouler leurs inventaires avant l’entrée en vigueur des deux règlements.

En août 2016, la Ville de Montréal avait adopté un règlement qui interdisait la distribution de certains sacs d'emplettes dans les commerces de détail. Entré en vigueur en janvier 2018, ce règlement interdit aux commerçants d’offrir aux consommateurs des sacs de plastique léger.

Des mesures d’accompagnement technique seront aussi offertes par le Service du développement économique de la Ville pour aider les commerçants et restaurateurs à prendre ce virage, promet l’administration Plante.

Ce délai permettra aussi à l'industrie québécoise de l'emballage de s'adapter et de développer une offre adéquate d'articles réutilisables, recyclables et compostables afin de répondre aux besoins, peut-on lire dans le communiqué du cabinet de la mairesse.

En encourageant de nouvelles habitudes de consommation, nous réduisons à la source les déchets de plastique. Il faut par ailleurs encourager les débouchés locaux des matières recyclées, dans une optique d'économie circulaire, estime pour sa part la responsable de la transition écologique et résilience, d'Espace pour la vie et de l'agriculture urbaine au sein du comité exécutif, Laurence Lavigne Lalonde.

Une mesure d'abord électorale, estime l'opposition

Pour Francesco Miele, porte-parole de l’Opposition officielle en matière d’environnement, cette guerre au plastique déclaré par l'administration municipale arrive bien tard au cours du mandat de la mairesse Plante.

Une chance que les élections municipales approchent pour inciter l’administration Plante à passer à l’action : ça fait trois ans qu’Ensemble Montréal la talonne à ce sujet, écrit M. Miele dans un courriel envoyé à Radio-Canada.

Rappelant que sa formation politique a déposé une motion en mai 2018 pour que Montréal adopte une stratégie de réduction du plastique, notre formation politique peut se féliciter d’avoir poussé l’administration à faire cette annonce aujourd’hui, estime le porte-parole de l'opposition.

Ce dernier souligne également que le règlement sur les plastiques à usage unique le plus ambitieux en Amérique du Nord de l'administration Plante ne comporte aucune interdiction des bouteilles d'eau à usage unique, qui représentent pourtant une partie importante du problème lié aux plastiques.

M. Miele rappelle du même souffle que l’argent octroyé par le gouvernement du Québec pour la décontamination de terrains dans l’Est de Montréal dort toujours dans les coffres de la Ville, alors que Projet Montréal a dépensé des dizaines de millions de dollars dans des centres de tri qui ne fonctionnent pas.

Une multitude de déchets plastiques rejetés sur une plage du Panama par l'océan Pacifique.

Le plastique a déjà envahi un grand nombre de milieux naturels sur la planète.

Photo : Reuters / Carlos Jasso

Un problème planétaire

Partout dans le monde, à l’heure actuelle, la gestion des déchets de plastique et leur dispersion dans la nature et les océans constituent un problème urgent à régler et une source de pollution à grande échelle.

Ces objets de plastique, qui mettent des centaines d’années à se décomposer, sont devenus si abondants qu’ils constituent des îlots à la dérive de dizaines de kilomètres de superficie dans les océans en plus de contaminer un grand nombre de milieux terrestres.

Le plastique non récupéré et recyclé occupe par ailleurs un espace considérable dans les sites d’enfouissement.

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