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Archives

Témoignages de granges

Vieille grange au milieu d'un champ de marguerites en été.

Les granges s'inscrivent dans le patrimoine bâti du Québec.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Que nous disent les granges sur notre histoire? Des reportages tirés de nos archives nous rappellent les influences et le rôle de ce bâtiment de ferme au cœur de l’activité agricole d’antan.

Grands ouvrages en bois, les granges sont encore bien visibles lorsque l’on sillonne les routes de campagne du Québec.

C’est à partir de la fin du 18e siècle que les habitants ont commencé à les construire sur leurs terres.

La grange représentait alors le bâtiment central de la ferme. Elle permettait de regrouper sous un même toit les troupeaux et le fourrage au cours des cinq mois d’hivernement.

Le temps de jouer, 27 avril 1981

À l'émission Le temps de jouer du 27 avril 1981, l’animateur Jacques Houde nous offre une typologie des granges du Québec.

Chaque région avait sa façon de construire ses granges, apprend-on dans ce reportage qui nous montre de superbes images aériennes de ces ouvrages à travers la province.

De tradition normande, les granges à quatre eaux sont typiques de Kamouraska et de Rivière-du-Loup.

Lorsqu’on leur ajoute un étage et des versants en pente douce, elles sont plutôt inspirées de la tradition anglaise et de la mode Régence du début du 19e siècle.

Les granges à toit Mansart, particulièrement prisées durant la deuxième moitié du 19e siècle, nous viennent quant à elle d’une tendance des États-Unis qui circulait dans les magazines agricoles.

En variant la ligne des brisis ou celle des terrassons, chaque pays du Québec va réinventer le modèle de base. Chaque pays du Québec va réinventer la grange à toit Mansart.

Une citation de :Le narrateur Jacques Houde

Courantes en Estrie, les granges rondes seraient pour leur part une invention des quakers, qui considèrent le cercle comme la forme par excellence.

La croyance populaire veut que le démon se cache dans les coins. La construction ronde permettrait ainsi de l’éloigner…

Aux Îles-de-la-Madeleine, on observe un type de grange unique. La baraque est munie d’un toit ajustable qui peut être abaissé durant l’hiver à mesure que le fourrage diminue.

Autre ingéniosité : la grange octogonale, dont on vantait le style de construction dans Le journal d'agriculture illustré en 1885.

En entrant dans cette grange, on constate tout son génie dans la charpente du toit, sorte de grand parapluie ouvert avec sa structure entièrement faite de trames de bois.

Cette belle grange octogonale de Saint-Michel de Bellechasse sera bientôt démolie, nous annonce le narrateur en 1981. Comme des centaines d'autres, tout aussi originales. Elle ne sert plus. L'agriculture de ce temps-là est terminée.

La semaine verte, 29 avril 2001

Pour l’historien Michel Lessard, les granges du Québec constituent un patrimoine bâti exceptionnel.

Elles illustrent tout un univers ethnologique et culturel avec des influences provenant de la France, de la Grande-Bretagne et des États-Unis.

Il faut avoir une connaissance des activités qui ont forgé le Québec, souligne-t-il en dressant l’histoire des granges dans le cadre de l’émission La semaine verte du 29 avril 2001.

La grange représente bien toute l’animation qui avait cours sur une terre agricole à une certaine époque.

Dans ce bâtiment central de la ferme, l’habitant loge ce qui nourrit sa richesse et ce qu’il a de plus précieux : ses animaux.

La grange est un lieu au cœur des activités domestiques du fermier qui y amorce puis y termine sa routine quotidienne.

Au moment de la moisson ou de la fenaison, la grange devient également un lieu de fête.

Plusieurs amours se sont rencontrées sur des ponts de fenils au moment de certaines activités agricoles, raconte l’historien Michel Lessard sur des images d’un autre temps.

Objets de fierté, les granges servent aussi fréquemment de canevas à un art populaire.

Le reportage de Lise Bonenfant et Caroline Fortin nous montre des portes de granges peintes de couleurs vives et ornementées de symboles comme un trèfle, une fleur, une étoile ou une fleur de lys.

Il est également commun de dresser une girouette en tôle au sommet d’un lanternon du toit de la grange. Coq, castor, cheval, poisson, la girouette peut prendre tout de sorte de forme.

Plusieurs ont le corps perforé, nous décrit l’historien, car au moment de la chasse on ajustait son fusil sur la girouette des bâtiments de ferme.

La grande tristesse que j'ai, c'est de voir que les bâtiments de ferme ne sont à peu près pas protégés , exprime l’historien Michel Lessard en 2001.

Donner une seconde vie aux granges

Les dernières décennies ont vu de nombreuses granges tomber en désuétude sur les terres de la province puis disparaître au profit de bâtiments plus fonctionnels.

Comme bâtiment de ferme, la grange ne répond plus aux besoins des techniques agricoles d’aujourd’hui.

Suivant une vogue de patrimoine recyclé, certains ont entrepris de récupérer le bois de qualité des granges pour l’utiliser dans d'autres constructions.

D’autres choisissent plutôt de restaurer les granges et de leur donner une nouvelle vocation.

Invitation au loisir, 30 mai 1971

Les initiatives sont nombreuses et cet extrait de l’émission Invitation au loisir du 30 mai 1971 nous rappelle une proposition de la comédienne Marjolaine Hébert.

En 1960, elle a fondé avec les comédiens Gilbert Comtois, Hubert Loiselle et Louise Rémy un théâtre d’été permanent dans une ancienne grange.

Le Théâtre de Marjolaine est situé dans les terres d’Eastman, en Estrie, en haut de la butte .

J'ai vu la grange et j'ai eu le coup de foudre, confie la comédienne à l’animatrice Christiane Delisle. Le projet de théâtre à la campagne s’est imposé de lui-même.

La grange devenue théâtre accueille des spectateurs depuis maintenant plus de 60 ans. Elle aura certainement été une inspiration pour bien d’autres reconversions de grange en lieux culturels.

Encore plus de nos archives

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