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Enseignement supérieur : des syndicats veulent être consultés pour la rentrée

Deux hommes et deux femmes assis à une table derrière des microphones lors d'une conférence de presse.

Les syndicats affiliés à la CSQ représentant les employés du milieu de l'enseignement supérieur veulent être consultés davantage lors de la prise de décision lors de la rentrée.

Photo : Radio-Canada / Fannie Bussières-McNicoll

« À bout de souffle » après 18 mois de pandémie, des syndicats représentant le personnel des établissements d’enseignement supérieur demandent à être impliqués davantage dans la prise de décisions en vue de la rentrée en présentiel dans les cégeps et les universités, cet automne.

Même s’il se réjouit d’un retour en classe dans les institutions collégiales et universitaires, ce n’est pas un retour à la normale, a insisté le président de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), Éric Gingras, lors d’un point de presse mercredi.

Éric Girard pose pour la caméra.

Éric Gingras est heureux que la rentrée se fasse en personne cet automne.

Photo : Radio-Canada / Fannie Bussières-McNicoll

On entame une session avec des cohortes qui ont été fragilisées par 18 mois de télé-enseignement ou en alternance télé-enseignement et présentiel pour certains, a renchéri la présidente de Fédération des enseignantes et enseignants de cégep (FEC-CSQ), Lucie Piché, en ajoutant que les travailleurs et travailleuses du réseau sont tout aussi épuisés par la dernière année et demie.

« Il y a eu une augmentation du fardeau de la tâche, de la reddition de comptes […] On a l’impression qu’on a de moins en moins de contrôle sur notre travail. »

— Une citation de  Lucie Piché, présidente de Fédération des enseignantes et enseignants de cégep

L’implantation de certaines mesures par les institutions depuis le début de la pandémie, pour réduire la taille des groupes par exemple, s’est parfois avérée problématique, selon elle.

On se rendait compte que nos groupes étaient faits, l’argent était dépensé on ne savait pas où et puis nos groupes n’avaient pas changé. Si ça se trouve, les groupes avaient même augmenté, illustre Mme Piché.

Lucie Piché derrière une table lors d'un point de presse.

Lucie Piché, présidente de Fédération des enseignantes et enseignants de cégep.

Photo : Radio-Canada

Pour les syndicats, la rentrée serait donc le bon moment pour jeter de nouvelles bases et inclure davantage le personnel de tout type – autant les enseignants que les employés de soutien – dans les processus décisionnels.

« Il faut trouver des solutions ensemble […] et non pas avoir des solutions administratives, du mur-à-mur, qui n’aident pas les milieux. »

— Une citation de  Éric Gingras, président de la Centrale des syndicats du Québec

Pour les étudiants

Inclure davantage les employés qui sont sur le terrain serait aussi bénéfique pour les étudiants qui seront finalement de retour sur les campus, estiment les syndicats affiliés à la CSQ.

Ce sont ces personnes-là qui connaissent [les étudiants], leurs besoins, et leurs besoins à elles-mêmes, et donc, ce dont on a besoin pour cheminer vers une réussite académique, a souligné pour sa part le président de la Fédération de la recherche et de l’enseignement universitaire du Québec, Vincent Beaucher.

Même si les cours ont pu être dispensés malgré la crise sanitaire, les perturbations dans le monde de l’enseignement n’ont pas manqué d’ébranler un nombre important d’étudiants. Un sondage mené à l’automne 2020 auprès de 1209 étudiants de 17 campus universitaires indiquait que 81 % des répondants ont montré des signes de détresse psychologique.

Des personnes assises à des tables dans un grand local vitré.

Plusieurs indicateurs de détresse psychologique sont à la hausse dans la population étudiante en raison de la pandémie (archives).

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Une autre enquête menée par l’Université de Sherbrooke révélait que près de 60 % des cégépiens et universitaires interrogés ont signalé des symptômes d’anxiété ou de dépression.

L’année dernière a été difficile sur ce plan-là [de la santé mentale] pour nos étudiants, a concédé la présidente du Regroupement des cégeps de Montréal, Nathalie Vallée, lors d'une conférence de presse de l'organisme, en ajoutant que beaucoup d’initiatives ont été déployées dans la dernière année.

Beaucoup de services ont été offerts à l’externe de différentes façons. C’est moins efficace pour toutes sortes de raisons, comme connaître la dynamique du collège, la réalité de l’étudiant dans son programme et l’accessibilité, a cependant noté Éric Cyr, président de la Fédération du personnel professionnel des collèges (FPPC-CSQ), qui représente notamment les employés qui œuvrent dans les services de santé mentale dans les cégeps.

Pour la session à venir, les services mis en place auxquels Mme Vallée a fait référence vont continuer de se donner en présence majoritairement, a assuré cette dernière.

Mesures sanitaires et vaccination

Des gens marchent dans un couloir de l'UQAM.

Le masque sera obligatoire en tout temps à l'intérieur des cégeps et des universités (archives).

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Même si le gouvernement a récemment renforcé les mesures sanitaires dans les cégeps et les universités en imposant le port du masque en tout temps, la CSQ demeure satisfaite du fait que la rentrée se fera en classe. Éric Gingras est quand même prudent pour les prochaines semaines.

S’il y a des aménagements que l’employeur doit faire, là, on veut être consultés, a-t-il expliqué. C’est là souvent qu’il y a un problème : c’est quand ces aménagements-là ne sont pas traités en collaboration avec le personnel, et c’est ça qu’on veut éviter.

Et alors que Québec veut forcer tout son personnel du milieu de la santé à se faire vacciner, la réflexion sur cet enjeu s’invite inévitablement dans les discussions des syndicats de l’enseignement supérieur.

Difficile cependant d’adopter une position claire pour le moment, car non seulement l'enjeu est hypothétique pour l’instant, mais la CSQ déplore le fait qu’elle ne dispose pas de données probantes sur le taux de vaccination de ses membres.

On nous a dit que ça n’existait pas, parce que [les travailleurs de l’enseignement supérieur] sont considérés comme dans la population générale, a indiqué M. Gingras en précisant qu’il percevait néanmoins un grand enthousiasme chez ses membres pour la vaccination.

Du côté des étudiants, 84,3 % des personnes qui fréquentent un établissement collégial et 87,4 % de celles qui sont inscrites à l'université ont reçu une première dose de vaccin, selon le ministère de la Santé.

Les deux tiers des étudiants de niveau collégial sont adéquatement protégés contre la COVID-19. Cette proportion grimpe à 74,4 % chez les étudiants universitaires.

Avec les informations de Fannie Bussières-McNicoll

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