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Erin O'Toole veut s'inspirer de la victoire des progressistes-conservateurs en N.-É.

Erin O'Toole parle en conférence de presse.

Le chef conservateur Erin O'Toole dit vouloir s'inspirer de la victoire des progressistes-conservateurs en Nouvelle-Écosse en proposant des solutions.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

« C’est certain qu’en tant que chef du Parti conservateur du Canada, j’aime les résultats que je vois sur le terrain en Nouvelle-Écosse », a lancé Erin O'Toole en point de presse mercredi, disant vouloir s'inspirer de la victoire des progressistes-conservateurs néo-écossais. Le problème? Tim Houston, le nouveau premier ministre, a plutôt pris soin de se distancier des conservateurs fédéraux.

De passage à Québec mercredi matin pour promouvoir la loi anticorruption proposée par son parti, Erin O'Toole a été amené à commenter la victoire retentissante des progressistes-conservateurs de Nouvelle-Écosse mardi soir.

Tim Houston a en effet décroché un gouvernement majoritaire en faisant élire 31 députés, contre 17 pour les libéraux de Iain Rankin, qui visaient un troisième mandat et espéraient obtenir une majorité à l’Assemblée législative. Il s'agit du premier gouvernement qui échoue à se faire réélire depuis le début de la pandémie au Canada.

Tim Houston salue la foule sur une scène.

Le chef du Parti progressiste-conservateur, Tim Houston, a été élu premier ministre de la Nouvelle-Écosse mardi soir.

Photo : La Presse canadienne / Andrew Vaughan

Il y a beaucoup de leçons à tirer des résultats en Nouvelle-Écosse, et on va utiliser une approche similaire, a réagi Erin O'Toole. Les Canadiens veulent des solutions et c’est ce que monsieur Houston a offert en santé et sur une variété d’autres sujets.

Tim Houston a un plan, et les conservateurs fédéraux ont le Plan de rétablissement du Canada, a argué M. O'Toole.

Deux partis bien distincts

Tim Houston a effectivement fait campagne sur le thème de la santé, proposant aux Néo-Écossais d'investir des dizaines de millions de dollars pour améliorer l'accès au réseau dans une plateforme électorale campée à gauche et qui trouve peu de points de comparaison avec celle des conservateurs fédéraux.

Sur le plan environnemental, M. Houston avait également pris soin de se distancier des troupes d'Erin O'Toole dès mars dernier, après que ce dernier eut échoué à faire adopter une motion visant à ce que son parti reconnaisse l'existence des changements climatiques et, surtout, prenne des mesures pour s'y attaquer.

C'est un parti différent, avait alors réagi le leader néo-écossais. Je suis le chef du Parti progressiste-conservateur de la Nouvelle-Écosse, c'est un parti distinct, des chefs différents, des membres différents et, dans certains cas, des valeurs évidemment différentes.

Erin O'Toole sait que je suis très mécontent de la position de son parti au sujet des changements climatiques, avait aussi indiqué le chef néo-écossais, qui a promis d'appliquer les sanctions environnementales les plus sévères du Canada pendant sa campagne.

C’est un parti différent, oui, a pour sa part admis M. O'Toole mercredi, tandis qu'il était questionné sur les distinctions entre les deux formations mises de l'avant par M. Houston. Mais on a des bénévoles et des valeurs en commun, a-t-il assuré.

C’est un exemple de changement et on a besoin de changement à Ottawa aussi, a-t-il répondu après avoir été invité à s'exprimer sur la possibilité de se recentrer vers la gauche pour séduire les Canadiens.

Pour en savoir plus

Un avertissement pour les libéraux?

De passage en Colombie-Britannique pour parler d'environnement, Justin Trudeau s'est contenté de mentionner qu'il avait passé un coup de fil à Tim Houston ce matin afin de le féliciter pour sa victoire. Il a fait savoir que son équipe et lui avaient très hâte de collaborer avec le nouveau gouvernement progressiste-conservateur, que ce soit au sujet de la santé, de l'environnement ou des garderies.

Appelé à réagir à la défaite des libéraux de Nouvelle-Écosse, le leader du Bloc québécois n'y voit pas un indicateur de la tendance nationale outre mesure. La Nouvelle-Écosse a quand même peu à voir avec les Prairies, le Québec ou la Colombie-Britannique, a souligné Yves-François Blanchet.

Maintenant, il reste que dans les provinces maritimes, où les libéraux semblaient seuls rois et maîtres, il pourrait y avoir là un appel à la prudence pour eux et une suggestion à l’effet qu’ils font preuve d’imprudence en se lançant en élection maintenant, a-t-il prévenu.

Une hypothèse reprise par le chef du Nouveau Parti démocratique. Les libéraux néo-écossais ont voulu avoir une majorité et ils ont perdu. Peut-être que c’est un message pour Justin Trudeau, qui a déclenché une élection dont les Canadiens ne voulaient pas, a déclaré Jagmeet Singh.

Aux Mordus de politique, sur ICI RDI, l'ancien directeur des communications de Stephen Harper, Dimitri Soudas, a soutenu qu'il fallait éviter de faire des parallèles directs entre un résultat électoral provincial et ce qui se déroule pendant la campagne fédérale.

Ce qui se passe au provincial reste au provincial et ce qui se passe au fédéral reste au fédéral… neuf fois sur dix.

Une citation de :Dimitri Soudas, ancien directeur des communications de Stephen Harper

Le parti progressiste-conservateur de la Nouvelle-Écosse a pris une décision stratégique qui était risquée. C’était non seulement de faire campagne [sur le fait] de dépenser plus, mais de dépenser plus sur un sujet, la santé, où d’habitude les libéraux ont plus de crédibilité, a-t-il expliqué.

Et on a vu le Parti libéral de la Nouvelle-Écosse prendre une approche plus conservatrice, c’est-à-dire de dépenser moins et de retourner à un équilibre fiscal. Donc c’était un petit peu le monde à l’envers.

Visiblement, c'est un pari qui fut payant pour Tim Houston, mais cela ne signifie pas qu'Erin O'Toole puisse faire de même. De la même façon, on ne devrait pas croire que l'impopularité du premier ministre conservateur en Alberta, Jason Kenney, risque de rebondir au fédéral, a averti Dimitri Soudas.

Consultez notre dossier sur les élections fédérales 2021.

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