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Interrogations sur la vaccination obligatoire des travailleurs de la santé

Une infirmière vaccine une personne.

Des travailleurs de la santé reçoivent le vaccin contre la COVID19.

Photo : Reuters / Stephane Mahe

Radio-Canada

La décision de Québec d’imposer la vaccination contre la COVID-19 aux travailleurs de la santé et des services sociaux de la province reçoit un accueil mitigé. Selon l’annonce faite mardi par le premier ministre François Legault, ces travailleurs devront être complètement vaccinés d'ici le 1er octobre. Ceux qui refuseront ne pourront pas travailler.

La Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) recommande à ses membres de se faire administrer le vaccin, mais elle prône l'éducation et la sensibilisation, plutôt que l’obligation que préconise le premier ministre.

On est surpris de l’intensité de la mesure, explique Jérôme Rousseau, un vice-président à la FIQ en entrevue à Tout un matin.

M. Rousseau rappelle que les groupes professionnels en soins sont les plus vaccinés actuellement.

Il ajoute que, depuis le début de la campagne, la FIQ recommande fortement à l’ensemble de ses membres de se faire vacciner, parce que c’est le meilleur moyen de prévenir la pandémie et sa propagation, mais ce n’est pas le seul moyen.

« On ne réglera pas toute la pandémie en obligeant tout le personnel de la santé à être vacciné. »

— Une citation de  Jérôme Rousseau, vice-président organisation du travail et pratique professionnelle, juridique et négociation de la FIQ

La FIQ qui se dit intéressée par la participation à la commission parlementaire, annoncée par le premier ministre.

Ce sont entre 92 % à 95 % des membres de la FIQ qui sont vaccinés actuellement, indique M. Rousseau qui veut des précisions sur le sort du reste des membres. C'est qu'on retrouve parmi eux beaucoup de personnes en arrêt de travail pour des raisons médicales ou encore des travailleuses enceintes qui ne sont pas en contact avec les patients.

Une travailleuse de la santé adossée contre un mur qui regarde au loin.

La vaccination obligatoire suscite des réactions mitigées dans le milieu de la santé.

Photo : Shutterstock / Alliance Images

En somme, il craint que ces personnes fassent les frais de la décision coercitive du gouvernement.

À la question « pour ou contre la vaccination obligatoire? » Jérôme Rousseau évite de répondre, se contentant de rappeler que le sujet sera discuté la semaine prochaine en commission parlementaire.

Les avis demeurent néanmoins partagés dans le milieu de la santé.

Nancy Hogan, présidente du syndicat interprofessionnel du CHU de Québec – qui regroupe les infirmières, les infirmières auxiliaires et des inhalothérapeutes –, estime que cela vient encore ajouter de la pression sur le dos des professionnels en soins.

Des infirmières du Centre hospitalier de l'Université Laval (CHUL) voient d'un bon œil la décision du gouvernement Legault.

On est fatiguées de faire des heures supplémentaires pour du personnel qui n’est pas vacciné, dit Céline Thibault, infirmière à l’unité néonatale au CHUL.

Québec prône la vigilance

S’il y en a qui devraient comprendre l’importance d’être doublement vacciné, ce sont les travailleurs de la santé, a fait valoir le premier ministre Legault en mêlée de presse mercredi avant-midi. Ils doivent aussi être des modèles pour convaincre les 15 % des Québécois qui n’ont pas encore été chercher leur première dose.

Invité de Tout un matin, le ministre de la Santé Christian Dubé justifie quant à lui cette décision par l’urgence d’agir.

« On est au début d’une quatrième vague. »

— Une citation de  Christian Dubé, ministre de la Santé du Québec

Si l’on peut se réjouir d’un taux de vaccination de plus de 90 % dans les milieux de la santé, le ministre Dubé fait remarquer que dans certaines structures, comme les résidences pour personnes âgées dans le réseau privé, on peut trouver peu ou pas de travailleurs vaccinés.

La vaccination vise à protéger aussi bien les employés que les usagers des établissements d’accueil, insiste M. Dubé. Son effet se fait sentir parmi le personnel, explique-t-il.

« Depuis quelques semaines, on voit que le nombre d’absences des employés diminue et il y a une relation directe avec la vaccination.  »

— Une citation de  Christian Dubé, ministre de la Santé du Québec

Pour le ministre Dubé, il ne fait pas doute : des employés ne se sentaient pas en sécurité avant, mais avec un taux élevé de vaccination, on commence à les voir revenir.

Il s’agit, pour le ministre, d’avoir un tableau clair avant la rentrée sociale. Il avoue que ce qui l’inquiète est l’augmentation de cas de contamination, alors que nous ne sommes pas encore à la rentrée scolaire et le retour au travail.

Pourquoi ne pas appliquer la même obligation au personnel dans le milieu de l’éducation? L’idée d’une vaccination obligatoire pour les travailleurs de la santé s’explique par le fait que ces employés sont en contact avec une clientèle vulnérable, répond le ministre, renvoyant la question au débat prévu en commission parlementaire.

Si l’on décide de vacciner les moins de 12 ans, aura-t-on assez de doses? Oui, réplique le ministre. On a à peu près en ce moment 2 millions de vaccins disponibles et il nous en reste à peu près 600 000 personnes à vacciner d’ici la fin du mois d’août.

Sur la question d’une éventuelle troisième dose de vaccin, le ministre Dubé précise qu’elle serait destinée aux personnes très vulnérables.

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