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« Je me bats contre un ennemi invisible » : le major-général Dany Fortin inculpé

Un homme accompagné de son avocat devant les micros.

Le major-général Dany Fortin s'est adressé aux médias mercredi au poste de police de Gatineau.

Photo : Radio-Canada / Patrick Louiseize

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2021 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L'ancien responsable de la distribution des vaccins contre la COVID-19 au Canada devra se présenter en cour le 20 septembre prochain pour répondre à un chef d’accusation d’agression sexuelle.

Le major-général Dany Fortin s’est rendu mercredi matin dans un poste de police de Gatineau où il a été officiellement inculpé en raison des résultats d’une enquête de la police militaire. Il s’est brièvement adressé à la presse pour clamer son innocence.

L’accusé a déclaré aux journalistes qu'il ne connaissait pas les détails de l'allégation retenue contre lui – malgré les demandes répétées de son équipe juridique –, sinon que l’événement se serait déroulé en 1988.

J’ai eu l’honneur et le privilège de servir les Canadiennes et les Canadiens pendant 36 ans, dans des endroits difficiles, incluant des zones de combat. Mais aujourd’hui, je me bats contre un ennemi invisible, et c’est l’épreuve la plus difficile de ma carrière, a-t-il dit.

Il n’a pas répondu aux questions des journalistes.

Les faits reprochés se seraient déroulés à Saint-Jean-sur-Richelieu en 1988, plus précisément entre le 1er janvier et le 30 avril de cette année-là, selon ce qu'a fait savoir son avocat mardi à CBC, le réseau anglais de Radio-Canada.

L’affaire sera traitée dans le district judiciaire de Gatineau.

L’identité de la victime est protégée par une ordonnance de non-publication.

Avec les accusations contre le major-général, la question des inconduites sexuelles dans l’armée a rejailli sur la campagne électorale, explique Daniel Thibault.

Démis de ses fonctions

Responsable de la campagne de vaccination auprès de l'Agence de la santé publique du Canada (ASPC), Dany Fortin a été évincé de son poste en mai dernier, une décision qu'il conteste, arguant qu'il n'a pas été traité équitablement.

Dans sa brève déclaration mercredi matin, M. Fortin a avancé que la décision de lui retirer son poste est le fruit d’un calcul politique, afin de faire dévier les critiques concernant la gestion par le gouvernement des incidents d'inconduite sexuelle survenus dans le passé au sein des Forces armées canadiennes.

Selon la Défense nationale, le major-général est pour le moment et jusqu’à nouvel ordre, en fait depuis le 12 août, affecté temporairement à un poste surnuméraire, à titre de conseiller principal du commandant du Commandement des opérations interarmées du Canada.

Advenant sa culpabilité, il pourrait faire l’objet d’un examen administratif des Forces armées, ce qui pourrait avoir des conséquences importantes sur sa carrière en entraînant une rétrogradation ou un renvoi de l’armée.

L'accusation portée contre lui représente le dernier rebondissement d'une crise d'inconduites sexuelles ayant éclaboussé de nombreux officiers des forces armées.

L'ancien chef d'état-major Jonathan Vance, par exemple, fait face à une accusation d'entrave à la justice liée à une enquête en cours.

Son remplaçant, l'amiral Art McDonald, a été mis en congé administratif pour la même raison. Dans son cas, cependant, l'enquête s'est terminée sans aucune accusation. Le gouvernement étudie actuellement sa situation.

Trudeau défend sa gestion des inconduites dans l'armée

Le premier ministre sortant Justin Trudeau a refusé de commenter cette affaire étant donné qu'elle se trouve toujours devant la cour. Il a cependant tenu à rappeler sa position au sujet des inconduites sexuelles au sein des Forces armées canadiennes.

Chaque femme et homme qui choisit de servir dans l’armée mérite d’avoir toutes les ressources et l’appui nécessaires s’ils vivent des choses inacceptables à l'intérieur des forces armées, a-t-il dit, soutenant que son gouvernement avait reconnu depuis le début qu'il fallait y transformer la culture.

On a pris des mesures concrètes depuis plusieurs années, mais évidemment, il reste encore énormément à faire.

Le ministre de la Défense nationale dans le gouvernement sortant, Harjit Sajjan, a essentiellement relayé le même message que M. Trudeau, évitant lui aussi de commenter directement le cas du major-général Dany Fortin.

Le changement de culture dans l'armée prend du temps, a-t-il dit. Nous devons tirer des leçons de ces récents événements et nous ferons les changements qui sont nécessaires.

Le chef conservateur a pour sa part accusé le bureau du premier ministre d'avoir fait du camouflage. C’est totalement inacceptable, a déclaré Erin O'Toole, en réclamant une enquête indépendante ainsi qu'un gel des promotions et des hausses de salaire pour les officiers généraux.

De leur côté, le chef du Bloc québécois et le chef du Nouveau Parti démocratique se sont montrés inquiets du climat qui règne au sein des forces armées, dénonçant tous deux l'inaction du gouvernement.

Yves-François Blanchet parle d'un terrible aveuglement par rapport à un nombre très élevé de comportements qui apparaissent très, très, très inappropriés. Selon lui, le processus judiciaire en cours ne libérera pas le gouvernement de devoir rendre des comptes.

Jagmeet Singh, lui, a estimé que cette affaire envoie un très mauvais message aux femmes, suivant lequel elles ne sont ni écoutées ni entendues. Il y a eu un cas de harcèlement sexuel qui est arrivé aux bureaux du premier ministre et du ministre de la Défense, et ils n’ont rien fait, a-t-il déploré.

Consultez notre dossier sur les élections fédérales 2021.

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