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Les évacuations se poursuivent à l’aéroport de Kaboul

Des soldats orientent des citoyens près de la porte d'un avion cargo.

L'Espagne participe elle aussi à l'évacuation d'Afghans à l'aéroport de Kaboul.

Photo : via reuters / Ministère de la Défense de l'Espagne

Agence France-Presse

L'évacuation de diplomates, de résidents étrangers et d'Afghans ayant travaillé avec eux se poursuit dans des conditions difficiles à Kaboul, tombée aux mains des talibans.

Un gigantesque pont aérien mobilise depuis dimanche une noria d'avions du monde entier, dans un aéroport pris d'assaut par les candidats à l'exil et dont les abords sont étroitement contrôlés par les talibans.

Les évacuations à l'aéroport de Kaboul, seule porte d'entrée et de sortie du pays, ont repris graduellement après des scènes de chaos lundi.

Les membres de l'Organisation du traité de l'Atlantique nord (OTAN), qui se sont réunis mardi, ont annoncé l'envoi d'avions supplémentaires pour assurer les évacuations, a indiqué le secrétaire général, Jens Stoltenberg, tout en précisant que les opérations reprennent graduellement.

Une femmes et des enfants courent dans la rue.

Depuis dimanche, des foules d'Afghans se précipitent vers l'aéroport de Kaboul.

Photo : Reuters

Outre les avions, certains pays ont envoyé des renforts militaires. De quelque 3000 lundi soir, le nombre de soldats américains à l'aéroport de Kaboul doit atteindre 6000 dans les prochains jours.

D'autres alliés, comme la France, l'Allemagne et le Canada, ont aussi déployé des militaires sur le terrain.

L'armée américaine a évacué plus de 3200 personnes, notamment du personnel américain, à l'aide d'avions militaires. De plus, près de 2000 réfugiés afghans ont été acheminés vers les États-Unis. Malgré ces avancées, le pays n'est pas où nous aimerions qu'il soit dans le processus d'évacuation, selon le chef du Pentagone Lloyd Austin.

Accès inégal à l'aéroport

M. Austin, qui est aussi secrétaire de la Défense des États-Unis, a souligné mercredi que son pays comptait évacuer autant de personnes que possible. Le pays, a-t-il affirmé, a une obligation morale d'aider les Afghans qui ont soutenu les efforts américains.

Lloyd Austin (à gauche) et Mark Milley (à droite) debout derrière des lutrins lors d'un point de presse.

Le chef du Pentagone Lloyd Austin (à gauche) et le chef d'état-major américain Mark Milley (à droite) ont fait le point sur les difficiles opérations d'évacuation en Afghanistan.

Photo : afp via getty images / Olivier Douliery

Les Américains ont la responsabilité et les moyens d'évacuer les Afghans qui les ont aidés, a estimé l'ancien président George W. Bush, qui a déclenché il y a 20 ans l'offensive américaine en Afghanistan.

Un peu plus tôt dans la journée, les autorités américaines avaient annoncé qu'elles prévoyaient évacuer plus de 30 000 personnes grâce à leurs bases au Koweït et au Qatar. Atteindre cette cible pourrait toutefois être difficile, selon des renseignements partagés par le département d'État américain.

Nous avons eu des informations rapportant que les talibans, contrairement à leurs déclarations publiques et à leurs engagements vis-à-vis de notre gouvernement, empêchent les Afghans qui souhaitent quitter le pays d'atteindre l'aéroport de Kaboul, a déclaré Wendy Sherman, numéro deux de la diplomatie américaine.

À l'inverse, les personnes possédant des passeports américains ne se butent à aucun obstacle de la part des talibans, a fait remarquer le chef d'état-major américain, le général Mark Milley.

Wendy Sherman lors d'un point de presse.

Wendy Sherman a affirmé que les talibans mettaient des bâtons dans les roues des Afghans qui veulent quitter l'Afghanistan.

Photo : pool/AFP via Getty Images / Andrew Harnik

Mme Sherman a précisé que des diplomates et de hauts responsables des forces armées sont en communication avec des représentants des talibans à Doha, la capitale du Qatar.

Nous attendons d'eux qu'ils permettent à tous les citoyens américains, à tous les ressortissants de pays tiers et à tous les Afghans de partir s'ils le souhaitent, de façon sûre et sans être harcelés.

Une citation de :Wendy Sherman, numéro deux de la diplomatie américaine

Qui plus est, le traitement des demandes des personnes qui souhaitent quitter le pays est un enjeu majeur pour les forces américaines en ce moment, selon Lloyd Austin.

Celui-ci estime également que les États-Unis n'ont pas présentement la capacité d'aller chercher un grand nombre d'Américains qui se trouveraient à l'extérieur de l'aéroport de Kaboul.

Une opération internationale

Un avion militaire allemand, qui a atterri dans la nuit de lundi à mardi à Kaboul, n'a réussi à emporter que sept personnes, alors que des centaines d'autres attendaient.

Berlin accuse les talibans d'entraver l'accès à l'aéroport pour les Afghans, alors que 10 000 d'entre eux ayant collaboré avec l'armée allemande ou des ONG, ainsi que des membres de leur famille, doivent être évacués, selon la chancelière Angela Merkel.

Les passagers rapatriés marchent dans l'aéroport.

Un premier avion provenant de Kaboul a rapatrié 41 personnes en France mardi après-midi.

Photo : Associated Press / Francois Mori

L'Autriche et la Roumanie dressent elles aussi un constat semblable quant à leurs ressortissants.

La France poursuit sa rotation d'avions militaires entre Paris et Kaboul en passant par les Émirats. Dans la nuit de mardi à mercredi, 216 personnes, dont 184 Afghans de la société civile en besoin de protection, ont été exfiltrées vers Abou Dhabi, selon le ministre français des Affaires étrangères. L'avion est attendu en France dans la journée.

Les Pays-Bas, l'Espagne, l'Italie, la Norvège, le Danemark, la Belgique et le Kazakhstan ont aussi mis en branle des opérations de rapatriement.

Les Nations unies, pour leur part, ont commencé à relocaliser le tiers de leur personnel international basé en Afghanistan vers le Kazakhstan, rapporte l'agence Reuters. L'ONU compte environ 300 employés internationaux en Afghanistan.

La ruée vers l'aéroport se poursuit

Dix-sept personnes ont été blessées lors d'une ruée survenue mercredi à une porte d'embarquement de l'aéroport de Kaboul, affirme un responsable de l'OTAN qui y travaille. L'incident illustre à nouveau le sentiment de panique qui s'est emparé de certains Afghans depuis que les talibans ont pris la capitale.

Le responsable, qui n'a pas voulu être identifié, affirme par ailleurs n'avoir connaissance d'aucun acte de violence commis par les talibans à l'extérieur de l'aéroport. Selon lui, les Afghans qui s'y pressent ont toutefois été informés de quitter les lieux s'ils ne disposaient pas d'un passeport et d'un visa.

L'armée américaine a aussi annoncé mardi avoir découvert des restes humains dans le train d'atterrissage d'un avion militaire pris d'assaut lundi par des Afghans paniqués à l'aéroport de Kaboul. Elle a ouvert une enquête.

Sources : Reuters, Agence France-Presse

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