•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Vaccination obligatoire des travailleurs de la santé : des syndicats opposés

La façade des urgences au CHUL à Québec.

Des employées du CHUL se disent plutôt en faveur de la vaccination obligatoire des travailleurs en soins de santé. (Archives)

Photo : Radio-Canada / Sebastien Vachon

Alors que des syndicats de la Capitale-Nationale et de Chaudière-Appalaches s'opposent à la vaccination obligatoire des travailleurs de la santé et des services sociaux, annoncée mardi par le gouvernement Legault, des employés du secteur sont partagés.

Dès le 1er octobre, la vaccination sera obligatoire pour les employés de la santé qui doivent passer plus de 15 minutes auprès des patients, a annoncé mardi le gouvernement québécois.

D'après Nancy Hogan, présidente du syndicat interprofessionnel du CHU de Québec — qui regroupe les infirmières, les infirmières auxiliaires et des inhalothérapeutes — cela vient encore ajouter de la pression sur le dos des professionnels en soins.

De plus, tous les employés devront obligatoirement avoir reçu leur première dose d'ici le 1er septembre, et une seconde dose d'ici le 1er octobre, sans quoi ils ne pourront pas travailler.

Nancy Hogan en entrevue FaceTime avec Radio-Canada.

Nancy Hogan est la présidente du syndicat interprofessionnel du CHU de Québec.

Photo : Radio-Canada

Elle craint que cette nouvelle mesure sanitaire n'entraîne des démissions en chaîne dans un secteur qui souffre déjà d'un manque flagrant d'employés.

« On va faire quoi avec les personnes qui vont refuser de se faire vacciner? Est-ce qu’on va les congédier? »

— Une citation de  Nancy Hogan, présidente du syndicat interprofessionnel du CHU de Québec

Est-ce qu’on a les moyens de perdre des infirmières, des infirmières auxiliaires et des inhalothérapeutes en ce moment-ci? Est-ce qu’on a les moyens quand chez nous il nous manque 500 infirmières et autant d’inhalothérapeutes?, demande-t-elle.

En cas de refus de la vaccination, le gouvernement recommandera d'infliger aux récalcitrants une suspension sans solde.

On est protégées

Trésorière du syndicat des professionnelles en soins de Chaudière-Appalaches, Patricia Pouliot partage aussi ce point de vue.

Les gens sont tannés d’être dans la contrainte avec tous les arrêtés ministériels. Je ne pense pas que ce soit efficace, je pense qu’on aurait été mieux d’y aller par l’éducation et la sensibilisation, assure-t-elle.

Patricia Pouliot en entrevue sur FaceTime avec Radio-Canada.

Patricia Pouliot est trésorière du syndicat des professionnelles en soins de Chaudière-Appalaches.

Photo : Radio-Canada

De plus, les deux leaders syndicales rappellent que près de 90 % des travailleurs de la santé dans les deux régions sont adéquatement vaccinés.

On est protégés et on protège bien la population, en plus de porter des équipements professionnels et puis [de respecter] les règles d’hygiène. C’est sûr qu’on prône aux professionnels de se faire vacciner, mais pas d'obliger le monde, conclut Mme Hogan.

Bonne idée

Interrogées par Radio-Canada devant le Centre hospitalier de l'Université Laval (CHUL), des infirmières qui travaillent dans l'établissement de santé voient d'un bon œil la décision du gouvernement Legault.

C’est juste une bonne idée, on est fatiguées de faire du temps supplémentaire pour du personnel qui n’est pas vacciné avec les deux doses, réagit Céline Thibault, infirmière à l’unité néonatale au CHUL, qui invite toute la population à recevoir les deux doses du vaccin.

De plus, Mme Thibault aimerait aussi que la santé publique revoie certaines mesures, notamment pour que les femmes enceintes et les personnes immunosupprimées reviennent au travail.

Agente administrative au CHUL, Hélène Lajeunesse se dit aussi parfaitement d'accord avec cette nouvelle mesure sanitaire.

Pour sa part, Geneviève Legendre, employée en santé mentale jeunesse à l’urgence, ne croit pas que ce soit une bonne idée d'obliger les travailleurs à se faire vacciner, mais moi, je le conseille, c’est sûr, nuance-t-elle.

Les détails sur la vaccination obligatoire seront débattus en commission parlementaire la semaine prochaine et des négociations à cet effet seront menées avec les partis d'opposition.

Avec les informations de Guylaine Bussière

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !