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Les progressistes-conservateurs formeront un gouvernement majoritaire en N.-É.

Le progressiste-conservateur Tim Houston sera le prochain premier ministre de la Nouvelle-Écosse.

Le progressiste-conservateur Tim Houston sera le prochain premier ministre de la Nouvelle-Écosse.

Photo : Radio-Canada / Adrien Blanc

| Mis à jour

En Nouvelle-Écosse, les progressistes-conservateurs de Tim Houston formeront un gouvernement majoritaire. Ils exerceront le pouvoir pour la première fois depuis 2009, à la suite d'une campagne électorale chaudement disputée.

Afin d’obtenir une majorité, les troupes de Tim Houston devaient obtenir 28 sièges. À 1 h, dans la nuit de mardi à mercredi, les résultats préliminaires montraient que les progressistes-conservateurs remportaient 31 sièges.

Le premier ministre sortant Iain Rankin est réélu dans sa circonscription de Timberlea-Prospect. Malgré tout, il perd son pari. Les libéraux sollicitaient un troisième mandat et espéraient obtenir une majorité à l’Assemblée législative.

Le chef néo-démocrate Gary Burrill, qui a fait du contrôle de la hausse des loyers son cheval de bataille, a été élu dans sa circonscription d'Halifax Chebucto.

Impressionnante remontée des bleus

Wow, quelle soirée! a lancé le chef Tim Houston en s’adressant à ses partisans, mardi soir, à New Glasgow.

Ce soir, ensemble, nous avons marqué l'histoire. Pas juste ici en Nouvelle-Écosse, mais partout au Canada. Ce n’est pas parce qu’il y a une pandémie que les gouvernements ont carte blanche. Nous avons prouvé que l’imputabilité est encore importante, a-t-il dit.

Les progressistes-conservateurs ont réussi à dépasser les libéraux, qui avaient une avance de plusieurs points de pourcentage dans les sondages il y a quelques semaines à peine.

Il y a quelques semaines, [les experts] ont écrit que nous n’avions pas de chance. Je me demande ce qu’ils écrivent en ce moment, a dit Tim Houston.

Les partisans des progressistes-conservateurs étaient en liesse lors de l'annonce des résultats.

Les partisans des progressistes-conservateurs étaient en liesse lors de l'annonce des résultats.

Photo : Radio-Canada / Adrien Blanc

Dans son discours de victoire, il a réaffirmé ses engagements en santé. Selon lui, les électeurs sont attentifs lorsqu’on leur offre de vraies solutions.

Cette remontée plaît évidemment à la coprésidente de la campagne progressiste-conservatrice, Tara Miller.

Nous vibrons, nous sommes remplis de joie. C’est historique pour nous, parce que nous avions 28 % de retard dans les sondages il y a deux mois et demi. D’avoir refermé cette différence lors d’une élection en pleine pandémie, c’est merveilleux, a-t-elle dit alors que la soirée électorale était encore en cours.

Le politologue Tom Urbaniak, de l’Université du Cap-Breton, note lui aussi qu’il s’agit d’une importante victoire pour les progressistes-conservateurs.

C’est un énorme succès pour les progressistes-conservateurs et pour monsieur Houston. Rappelons qu’au tout début de la campagne, les libéraux avaient une avance très, très importante. Dans un sondage, par exemple, ils avaient 50 % d’appuis, dit-il.

Miser sur la santé : le pari réussi de Tim Houston

Les progressistes-conservateurs ont mené une campagne largement axée sur l'accès aux soins de santé. Tim Houston s'en est pris au bilan des libéraux dans ce domaine en soulignant des lacunes comme la pénurie de médecins de famille, les retards dans les services d'ambulance et le manque de lits dans les foyers de soins.

La santé est un sujet qui résonne particulièrement en milieu rural. L'ancien ambulancier Colton LeBlanc, réélu dans la circonscription acadienne protégée d'Argyle, a dit que les soins de santé étaient de loin le sujet qui préoccupait de plus les électeurs.

Dans Clare, le candidat progressiste-conservateur Carl Deveau, qui a été défait, explique que les électeurs étaient également préoccupés par le conflit de pêche qui oppose des pêcheurs autochtones au gouvernement libéral de Justin Trudeau. Selon lui, cela a eu une incidence sur le choix de certaines personnes.

Dans le porte-à-porte, on a beaucoup entendu la santé, mais on a aussi beaucoup parlé de la pêche. C'est pas mal égal, explique Carl Deveau.

Consultez notre dossier.

Les libéraux s’effondrent

Ces résultats marquent la fin du court passage d’Iain Rankin à la tête de la province, un rôle dont il a hérité de Stephen McNeil, en février, à la suite d’une course à la direction du parti.

Les libéraux en Nouvelle-Écosse deviennent ainsi le premier gouvernement élu, au Canada, à ne pas être reporté au pouvoir pendant la pandémie de COVID-19.

Le chef libéral Iain Rankin rencontre ses partisans, à Halifax, à la suite de sa défaite.

Le chef libéral Iain Rankin rencontre ses partisans, à Halifax, à la suite de sa défaite.

Photo : Radio-Canada / Héloïse Rodriguez-Qizilbash

Nous avons demandé une élection car nous voulions une direction claire. Ce soir, nous l’avons obtenue. Les électeurs ont choisi un chemin, et je le respecte, a affirmé le chef Iain Rankin devant ses partisans après sa défaite. Il a ajouté qu’il continue à être optimiste pour l’avenir de la province.

Au quartier général des libéraux, à Halifax, l’ambiance était lourde en soirée. Les partisans étaient déçus des résultats et ils refusaient d'accorder des entrevues à Radio-Canada.

Iain Rankin s'accroche

Devant ses partisans, Iain Rankin a reconnu d'un ton très sobre que les dernières semaines ont été difficiles.

Je sais que ç’a été une course difficile. C’est toujours difficile quand on forme le gouvernement depuis plus de huit ans et que l’on essaie de décrocher un troisième mandat. Mais j’ai eu du plaisir. [...] Je ne changerais rien, a-t-il dit.

Malgré la défaite, il n’a pas annoncé sa démission. Il n’a même pas laissé entendre qu’il allait réfléchir à son avenir.

Je vais continuer de diriger ce parti. Je vais continuer de faire tout ce que je peux pour me battre pour tous les Néo-Écossais, pour m’assurer que nous avons une voix.

Il reste à voir si sa formation politique voudra de lui, selon le politologue Tom Urbaniak, de l'Université du Cap-Breton.

Je pense que le parti lui-même va faire une certaine enquête pour déterminer si les libéraux auraient pu faire mieux dans cette campagne. Et le fait que monsieur Rankin a dit qu’il aurait fait toutes les mêmes choses, ça pourrait nuire un peu à son avenir.

Tom Urbaniak note qu’il n’y a aucun prétendant évident au poste de chef du Parti libéral, ce qui pourrait donner un peu plus de marge de manœuvre à Iain Rankin.

Un avertissement pour Justin Trudeau?

Le politologue Yvon Grenier souligne que ces résultats pourraient donner des sueurs froides aux libéraux fédéraux, qui viennent tout juste de se lancer en campagne électorale.

Oui, il y a l’usure du pouvoir, mais je suis persuadé que cela va donner un sommeil agité à M. Trudeau ce soir. Ça va le mettre dans un petit embarras, du moins pour quelques jours, croit Yvon Grenier.

C’est un avertissement pour les libéraux de Justin Trudeau que l’électorat est volatil et que les choses peuvent changer, renchérit Tom Urbaniak.

Consultez notre dossier sur les élections fédérales 2021.

Les yeux tournés vers les régions acadiennes

Ces élections sont importantes pour les Acadiens de la Nouvelle-Écosse, puisqu'on assiste au retour de quatre circonscriptions protégées : trois circonscriptions acadiennes (Argyle, Clare et Richmond) et une afro-néo-écossaise (Preston).

Ces circonscriptions protégées – abolies en 2012 et restaurées en 2020 à la suite d’une bataille juridique – ont comme objectif de permettre une meilleure représentation de certains groupes minoritaires.

Une carte électorale de la Nouvelle-Écosse.

Les circonscriptions protégées d'Argyle, de Clare, de Richmond et de Preston, en Nouvelle-Écosse

Photo : Radio-Canada

L'élection de Colton LeBlanc dans la circonscription d’Argyle en est un bon exemple. Selon les analystes, il pourrait devenir ministre dans le prochain gouvernement progressiste-conservateur.

On a quand même un certain nombre de députés qui parlent français; c’est une bonne nouvelle. Pour le moment, il n’y a que Colton LeBlanc qui est élu comme francophone. Il pourrait devenir le prochain ministre des Affaires francophones et ce serait une excellente nouvelle , explique, en début de soirée, la directrice générale de la Fédération acadienne de la Nouvelle-Écosse, Marie-Claude Rioux.

Elle indique que la disparition de ces circonscriptions a eu des conséquences négatives. Elle fait remarquer qu’il n’y avait aucun ministre acadien dans le dernier Conseil des ministres.

C’était une première depuis des décennies. C’était problématique, parce qu’on sait que c’est au Cabinet que les décisions sont prises, dit-elle.

Un électeur sur quatre a voté par anticipation

Près de 177 000 Néo-Écossais avaient déjà voté avant même l'ouverture des bureaux de vote, mardi matin. Cela représente environ le quart des quelque 750 000 électeurs potentiels.

Le vote par anticipation a été plus populaire que lors du dernier scrutin, en 2017. Environ 54 000 électeurs supplémentaires ont choisi de se prévaloir de leur droit de vote avant le jour du scrutin.

Le portrait à la dissolution de la Chambre

À la dissolution de l’Assemblée législative, les libéraux d’Iain Rankin détenaient 24 des 51 sièges; les progressistes-conservateurs dirigés par Tim Houston avaient 17 sièges; et les néo-démocrates de Gary Burrill occupaient cinq sièges. Il y avait trois députés indépendants et deux sièges vacants.

Avec des informations de Pascal Raiche-Nogue, Paul Légère, Héloïse Rodriguez-Qizilbash et Adrien Blanc

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