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Trois avions d'Afghanistan sont arrivés au Canada

Un enfant brandit un drapeau afghan à Ottawa en été.

Le Canada s'est engagé à accueillir quelque 20 000 réfugiés afghans qui ont collaboré avec les Forces canadiennes (archives).

Photo : La Presse canadienne / Justin Tang

Radio-Canada

Les premiers réfugiés afghans fuyant les talibans depuis la chute de Kaboul commencent à arriver au Canada. Trois avions transportant des diplomates, des militaires et des réfugiés afghans se sont posés en Ontario depuis lundi soir.

Deux avions – l'un avec à son bord des diplomates et des militaires, et l'autre des réfugiés – ont atterri à Ottawa et à Toronto dans la nuit de lundi à mardi.

Un troisième avion transportant 92 personnes – des Canadiens ainsi que des réfugiés, notamment des interprètes qui ont travaillé pour le Canada, et leur famille – est arrivé sur le tarmac de l'aéroport Pearson en début de soirée mardi. Parti de Kaboul, l'appareil a transité par un pays tiers avant d'arriver au pays.

Toutes ces personnes seront astreintes à une quarantaine obligatoire avant de pouvoir circuler librement.

Jusqu'à maintenant, six vols avec des réfugiés ont décollé d’Afghanistan depuis que le fédéral a annoncé, fin juillet, qu’il allait offrir l'asile aux Afghans qui sont menacés par les talibans pour avoir aidé le Canada.

Si le gouvernement fédéral s’est fixé comme objectif d'accueillir 20 000 de ces réfugiés, certaines personnes croient cependant qu'il a l’obligation morale et politique d’en faire davantage.

Une bonne partie des Afghans qui sont ciblés par le rapatriement sont déjà à l’extérieur de l’Afghanistan, indique le directeur de l’Observatoire canadien sur les crises et l’aide humanitaire, François Audet, mais un nombre important de personnes ciblées par les efforts d’évacuation canadiens sont toujours prises en Afghanistan.

Ce sont aussi celles qui se sont associées à l’effort de la société civile, et puis il y a les minorités religieuses, certaines minorités ethniques, les personnes LGBTQ, etc., souligne pour sa part Frédéric Mégret, professeur à la Faculté de droit de l’Université McGill.

Les deux spécialistes des questions humanitaires s’entendent pour dire que le gouvernement canadien doit en faire plus pour aider le plus d’Afghans possible, qu’ils aient collaboré ou non à la plus longue mission militaire du Canada de 2001 à 2014.

« Tous les pays qui ont contribué directement aux opérations militaires des 20 dernières années n’ont moralement pas le choix d’ouvrir leurs frontières. »

— Une citation de  François Audet, directeur de l’Observatoire canadien sur les crises et l’aide humanitaire

L’essentiel du fardeau de l’accueil des réfugiés est loin d’être assumé par les États-Unis ou le Canada, ajoute M. Mégret. Il est injuste que ce soit toujours les pays limitrophes, les pays les plus proches, qui n’ont rien eu à voir dans certains cas – ou relativement peu – avec l’énorme déstabilisation de l’Afghanistan qui doivent prendre en charge le plus grand nombre de réfugiés, dénonce-t-il.

Un soldat pakistanais surveille une file de civils à la frontière entre le Pakistan et l'Afghanistan.

Les Afghans ont été nombreux à se diriger vers la frontière avec le Pakistan dans la foulée de la prise de pouvoir des talibans.

Photo : Reuters / STRINGER

Depuis une dizaine d’années, le gouvernement canadien a réinstallé plus de 800 interprètes et employés de soutien. Ottawa n’a pas précisé dans l’immédiat le nombre d'Afghans ramenés à bord du plus récent vol.

Des opérations complexes

Les vols en provenance de l’Afghanistan au Canada ont pu reprendre lundi alors qu’un certain ordre régnait à l’aéroport de Kaboul, après deux jours dramatiques de chaos pendant lesquels les talibans s'emparaient de la capitale et des rênes du pays.

L'aéroport est maintenant sécurisé et les vols militaires canadiens doivent se poursuivre mercredi.

La situation demeure néanmoins tendue, car le nombre d’Afghans qui veulent migrer d’urgence est toujours colossal. Le plus crucial, c’est sans doute que l’aéroport tienne, parce que c’est la seule porte de sortie pour les Afghans qui veulent quitter le pays, insiste le professeur Mégret.

Difficile de savoir comment se positionne le nouveau régime taliban quant à l’exode qui se déroule dans le pays, mais la meilleure issue serait que le gouvernement ferme l’œil sur l’émigration, croit-il.

Une foule de personnes attendent devant des murs de béton près de l'aéroport de Kaboul.

Des milliers d'Afghans ont mis le cap vers l'aéroport de Kaboul pour tenter de fuir l'Afghanistan.

Photo : Reuters / STRINGER

Entre-temps, la suite des évacuations vers le Canada s’annonce excessivement complexe, estime François Audet.

L’Armée canadienne n’a pas la capacité aérienne de pouvoir rapidement faire un pont aérien, note-t-il. Il y aura sûrement des avions de l’armée, mais aussi des avions civils qui seront nolisés ou bien […] que l’armée américaine aussi puisse permettre l’évacuation dans une base limitrophe.

D’anciens combattants canadiens et les partis d’opposition à Ottawa ont accusé le gouvernement libéral d’avoir tardé à aider les anciens interprètes au cours des derniers mois, alors qu’on savait depuis le printemps que les États-Unis allaient retirer leurs soldats d’Afghanistan.

Il est vrai que la rapidité avec laquelle les talibans ont pris le contrôle du pays en a surpris plus d’un. La crise humanitaire qui se déroule en Afghanistan s’est néanmoins imposée dans la campagne électorale fédérale déclenchée dimanche au Canada.

Le fondateur de Not Left Behind, Andrew Rusk, estime qu’au moins 2000 d’entre eux attendent d’être évacués.

Quand M. Trudeau a été interrogé lundi sur les raisons pour lesquelles son gouvernement n’avait pas agi plus tôt, il a soutenu qu’il avait commencé à travailler sur cette opération au printemps.

Avec les informations de La Presse canadienne

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