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La FTQ revendique désormais un salaire minimum à 18 $ l'heure

Des employés d’un restaurant St-Hubert à Québec

La FTQ estime que le salaire de 15 $ l'heure qu'elle réclamait ne suffit plus aujourd'hui à sortir de la pauvreté.

Photo : Radio-Canada

La Presse canadienne

Fini les 15 $ l'heure : la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) revendique désormais de fixer le salaire minimum à 18 $ l'heure au Québec. Et elle prévient qu'elle révisera régulièrement sa revendication.

C’est devenu évident que 15 $ l’heure, ce n’est plus suffisant pour sortir de la pauvreté, a justifié en entrevue avec La Presse canadienne, mardi, le président de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec, Daniel Boyer.

Qui plus est, depuis qu’elle a lancé le mouvement au Québec – qui avait pris naissance aux États-Unis avec Fight for $15 –, plusieurs provinces canadiennes ont rehaussé leur propre salaire minimum, dont l’Ontario, l’Alberta et la Colombie-Britannique.

De plus, une pénurie de main-d’œuvre sévit au Québec, rappelle le président de la centrale syndicale qui compte plus de 600 000 membres.

Depuis le 1er mai dernier, le salaire minimum est fixé à 13,50 $ au Québec.

Dans les faits, Québec fixe le taux du salaire minimum en proportion du salaire moyen afin, dit-il, afin de ne pas nuire aux petites et moyennes entreprises (PME) et à l’économie en général. Et Québec ne veut pas non plus favoriser le décrochage scolaire.

Daniel Boyer est assis derrière un bureau.

Le président de la FTQ, Daniel Boyer (archives)

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Cette façon d’établir le salaire minimum en fonction du salaire moyen a toujours irrité la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec.

Je l’ai toujours dit : le salaire moyen a quoi à voir avec le fait de sortir de la pauvreté, peu importe le pourcentage? Nous, on dit que cette méthode de calcul là, elle est à rejeter. On veut véritablement une mesure qui va nous permettre de calculer un salaire minimum pour sortir de la pauvreté, explique M. Boyer.

Le montant de 18 $ l’heure a été fixé en tenant compte de la mesure de faible revenu (MFR) et d’études sur les besoins pour sortir de la pauvreté. La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec revendique 18 $ l’heure pour 2022, et elle révisera sa position chaque année, basée sur des études chiffrées.

Pénurie de main-d’œuvre et Prestation canadienne d’urgence

Le problème de la pénurie de main-d’œuvre – qui touche fortement les emplois à plus bas salaires –, ce n’est pas la Prestation canadienne d’urgence (PCU) ou les prestations qui y ont succédé, contrairement à ce que disent les employeurs, qui demandent d’abolir ce type de prestations, plaide M. Boyer.

Le problème, c’est que les salaires sont trop bas. Écoutez, il y a plein de monde qui recevait plus avec la Prestation canadienne d’urgence que le salaire qu’il avait [avant la pandémie]. Il y a quelque chose qui ne marche pas! s’exclame le président de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec.

Tant que les salaires ne seront pas élevés, on n’incitera pas nécessairement le monde à aller travailler, résume-t-il.

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