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La pénurie de vétérinaires se fait ressentir au Manitoba

Elle touche autant le secteur agricole que celui des animaux de compagnie.

Un vétérinaire se tient près d'un chien.

Certains propriétaires d'animaux doivent téléphoner à plusieurs cliniques vétérinaires avant d'en trouver une pouvant les accueillir. (archives)

Photo : iStock

Les vétérinaires manitobains, faute de main-d'oeuvre, peinent présentement à répondre à la demande des propriétaires d’animaux, et ce, tant en milieu rural qu’à Winnipeg.

On garde toujours du temps pour les urgences, mais ça ne prend pas beaucoup de temps pour que tout le monde appelle et que ça soit vite rempli, explique le propriétaire d’une clinique vétérinaire à Saint-Claude et membre de l’Association des médecins vétérinaires du Manitoba (ACMV), Marc Philippot. On essaie d’envoyer nos clients dans d’autres cliniques, mais c’est pareil là aussi. Il y a des jours où des gens nous disent avoir dû appeler trois cliniques.

Le refuge pour animaux de la Winnipeg Humane Society souhaiterait quant à elle accélérer son processus d’adoption, mais le manque de vétérinaires ne le permet pas, selon la directrice générale de l'organisme, Jessica Miller.

Notre directrice des services vétérinaires travaille de longues heures tous les jours de la semaine, observe Mme Miller. Ça nous prend plus de temps pour faire toutes les opérations qu’on aimerait faire.

La Winnipeg Humane Society compte actuellement trois vétérinaires. La directrice générale en voudrait deux de plus pour former une équipe complète.

Une situation pire au Manitoba qu'ailleurs au pays

Or, cette surcharge de travail pour les vétérinaires ne vient pas seulement du fait de la hausse des adoptions d'animaux pendant la pandémie.

La pénurie de main-d'oeuvre est une problématique qui existe depuis de nombreuses années, comme le confirme la présidente de l’Association canadienne des médecins vétérinaires (ACMV), Enid Stiles, dans une lettre adressée aux membres en mai 2021.

Une étude a démontré que la demande pour les services vétérinaires dépassera l’offre d’ici 2040, y affirme-t-elle. En tant que propriétaire d’un établissement vétérinaire, je peux affirmer que ce n’est pas quelque chose qui arrivera dans le futur, c’est quelque chose qu’on vit dès maintenant.

Selon le Dr Philippot, les propriétaires d’animaux ne se contentent plus d’un seul compagnon à poils, ce qui alourdit la charge de travail des vétérinaires. Par ailleurs, ils investissent davantage dans leurs animaux, dit-il.

Ces différents facteurs sont également combinés au fait que de nombreux professionnels prennent présentement leur retraite. Le Dr Philippot explique que le nombre de nouveaux diplômés n’est pas suffisant pour combler cet écart.

Marc Philippot porte sa tenue de vétérinaire dans son bureau.

Marc Philippot, vétérinaire à Saint-Claude au Manitoba, a dû faire ses études en Saskatchewan.

Photo : Google Meet / Capture d'écran

Or, selon l’Étude sur le marché du travail de l’ACMV, réalisée en 2020, la pénurie se ferait davantage ressentir au Manitoba.

Le nombre de médecins vétérinaires canadiens augmente régulièrement depuis 2015, avec un taux de croissance annuel de 2,4 % au cours de cette période, dit l'étude. Toutes les provinces ont signalé une augmentation du nombre de médecins vétérinaires. Ce taux est toutefois à moins de 2 % en Alberta, au Manitoba et au Québec.

Marc Philippot explique que les Manitobains aspirant à devenir vétérinaires doivent s'expatrier pour étudier en santé animale. De plus, le nombre de places offertes est limité dans les établissements scolaires.

Par exemple, là où le Dr Philippot a étudié, soit le Western College of Veterinary Medicine de Saskatoon, 15 sièges sont réservés annuellement à des Manitobains. L'ancien étudiant estime qu’entre 10 et 12 de ces finissants reviennent travailler au Manitoba.

Des pistes de solutions

Le Dr Philippot est évidemment conscient que la création d'un nouveau collège de médecine vétérinaire n’est pas chose facile.

Selon lui, une partie de la solution pourrait être que davantage de sièges soient réservés aux Manitobains dans son ancienne école. Il propose également que des subventions soient mises en place pour inciter les étudiants à revenir pratiquer au Manitoba.

La présidente de l’ACMV, Enid Stiles, aimerait que les vétérinaires puissent davantage s’appuyer sur l’expertise des techniciens en santé animale, mais aussi sur celle de la main-d’œuvre étrangère.

À long terme, dit-elle, son organisme travaille sur l’élaboration d’une stratégie nationale pour trouver des solutions aux problèmes de pénurie de professionnels.

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