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Après le chaos, les évacuations reprennent à l'aéroport de Kaboul

Les passagers rapatriés marchent dans l'aéroport.

Un premier avion provenant de Kaboul a rapatrié 41 personnes en France mardi après-midi.

Photo : Associated Press / Francois Mori

Radio-Canada

De nombreux vols visant à évacuer diplomates, militaires et civils hors de l'Afghanistan ont décollé de l’aéroport de Kaboul mardi, deux jours après la prise de la capitale afghane par les talibans.

Lundi, les opérations d’évacuation avaient été suspendues pendant plusieurs heures, l'aéroport ayant été submergé par des milliers d'Afghans cherchant à fuir leur pays, certains grimpant sur des appareils sur le point de décoller.

Quelque 800 personnes ont été évacuées depuis lundi soir, dont 165 Américains, a indiqué à la presse le général Hank Taylor, un représentant de l'état-major de l'armée américaine.

Deux avions sont déjà arrivés au Canada avec des diplomates et des militaires d'élite ainsi que des réfugiés afghans.

Un premier avion ramenant 41 personnes a aussi atterri mardi après-midi à l'aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle, près de Paris, avec à son bord des Français, mais aussi des ressortissants d'autres pays. La France a de plus commencé à évacuer des familles d’Afghans autrefois auxiliaires de l'armée ou ayant travaillé dans des structures françaises, soit quelques dizaines de personnes.

Des milliers d'Afghans qui veulent quitter le pays par peur de représailles des talibans pour avoir aidé les Occidentaux sont cependant toujours coincés à l'extérieur de l'aéroport de Kaboul, dans des zones contrôlées par les talibans.

Selon le gouvernement allemand, les insurgés entravent l'accès à l'aéroport aux candidats afghans au départ. Autour de l'aéroport de Kaboul, des postes de sécurité ont été mis en place par les talibans pour en contrôler l'accès, a indiqué le ministère de la Défense dans un rapport.

Le ministre des Affaires étrangères en Allemagne, Heiko Maas, a quant à lui ajouté, lors d'une conférence de presse, qu'il n'y avait aucune garantie de la part des talibans que le personnel local afghan prêt à être évacué par Berlin soit autorisé à passer.

Plusieurs personnes attendent à l'extérieur derrière une rangée de fil barbelé.

Des gardiens de sécurité afghans maintiennent l'ordre à l'extérieur de l'aéroport international de Kaboul. Des centaines de personnes attendent et ont parfois des documents en main. La scène tranche avec les scènes de panique constatées lundi.

Photo : La Presse canadienne / AP/Pigiste

Plusieurs problèmes signalés

Aux États-Unis, le conseiller à la sécurité nationale de la Maison-Blanche, Jake Sullivan, a affirmé que les talibans avaient fait savoir qu'ils allaient permettre aux civils d'accéder en sécurité à l'aéroport de Kaboul. Or, des signalements sur le terrain ont fait état de personnes qui ont été refoulées ou repoussées, voire battues, selon M. Sullivan.

Nous sommes inquiets de savoir si cela va continuer à se dérouler dans les jours à venir, a-t-il reconnu. Dans l'état actuel des choses, nous constatons que les gens pénètrent dans l'aéroport et qu'ils montent dans les avions. Mais il s'agit d'un problème qui se pose d'heure en heure, et nous avons les idées claires et nous nous attachons à tenir les talibans responsables du respect de leur engagement.

Nous nous en occupons directement avec les talibans pour essayer de résoudre ces problèmes, a assuré M. Sullivan, en précisant que les États-Unis discutaient également avec le nouveau régime du calendrier et des modalités précises des évacuations.

Jake Sullivan a ajouté que Washington s'attendait à ce que les évacuations des militaires, des diplomates et des civils se poursuivent jusqu'au 31 août, date devant sceller la fin de l'intervention militaire américaine en Afghanistan.

Les États-Unis affirment toutefois être prêts à maintenir leur présence à l'aéroport de Kaboul après le 31 août si les conditions le permettent. Si [la situation] est sûre, et si c'est responsable pour nous de rester plus longtemps, nous pourrions songer à cela, a déclaré le porte-parole de la diplomatie américaine Ned Price.

Renforts militaires

Comme l'a promis le président Biden lundi, des renforts militaires sont arrivés au cours de la journée à Kaboul. Plus de 4000 soldats américains devraient maintenant être présents à l'aéroport de la capitale afghane, a indiqué le général Taylor.

Ces renforts devraient permettre d'accélérer les évacuations pour les porter à un vol par heure au cours des prochaines 24 heures, a-t-il précisé, ajoutant qu'il tablait sur un maximum de 5000 à 9000 départs par jour.

Il a aussi révélé que des soldats afghans qui n'ont pas capitulé devant les talibans étaient parvenus à rejoindre l'aéroport de Kaboul et participaient aux opérations d'évacuation. Nous avons de 500 à 600 hommes des forces afghanes qui nous aident à assurer la sécurité, a-t-il dit.

Au moins sept personnes ont été tuées lundi à l'aéroport, mais on ignore encore si elles l'ont été par balles ou dans des bousculades. Un responsable américain a déclaré que deux hommes armés soupçonnés d'avoir tiré dans la foule avaient été abattus par des soldats américains.

Avec les informations de La Presse canadienne, Agence France-Presse, Reuters, et CNN

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