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Pourquoi les enfants n’ont-ils pas le droit de vote?

Entouré de sa conjointe Sophie Grégoire Trudeau et de ses enfants Ella-Grace Margaret, Hadrien et Xavier James, Justin Trudeau dépose son bulletin de vote dans l'urne.

Le chef libéral, Justin Trudeau, est allé voter accompagné de sa famille en 2019. (Archives)

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Cet automne, les électeurs québécois feront entendre leur voix deux fois plutôt qu’une lors des élections fédérales et municipales. Une grande partie de la population sera toutefois exclue d’emblée du processus démocratique : les moins de 18 ans.

Deux facteurs peuvent expliquer pourquoi les enfants n’ont pas le droit de vote, selon Jean-François Fortin, politologue et enseignant en science politique au Cégep de Rimouski.

Un électeur doit avoir la capacité de comprendre des notions complexes comme le système électoral, les enjeux politiques, les répercussions de son vote et doit connaître les partis politiques et leurs candidats.

Les enfants sont aussi jugés trop jeunes pour avoir des opinions politiques indépendantes, explique le politologue. Il est présumé que ces derniers seront plus facilement influencés par leurs proches.

Jean-François Fortin estime toutefois qu’il n’y a pas de justification objective pour ne pas donner le droit de vote aux enfants, qui selon lui peuvent acquérir rapidement des connaissances sur le système politique si le modèle éducatif le permet.

Éducation à la citoyenneté

Le professeur plaide d’ailleurs pour que les enfants soient initiés le plus tôt possible au processus démocratique.

On a un peu de retard parfois ici, au Québec et au Canada, sur l’éducation à la citoyenneté comparé à d’autres pays qui ont mis de l’avant des politiques vraiment intéressantes permettant aux jeunes d’être sensibilisés très tôt.

Une citation de :Jean-François Fortin, politologue et enseignant en science politique au Cégep de Rimouski

Introduire les jeunes à l'acte de voter et à la démocratie est d'ailleurs un des objectifs d'Élections Québec, indique le directeur général des élections du Québec, Pierre Reid.

L’organisme met plusieurs programmes à la disposition des écoles pour initier les élèves du primaire et du secondaire à l’éducation citoyenne, comme les simulations d’élections.

Des jeunes du secondaire qui votent lors d'une simulation d'élections (Archives).

Des élèves de l'école secondaire Paul-Hubert ont participé à une simulation d'élections en 2019. (Archives)

Photo : Radio-Canada / Édith Drouin

Lors des élections municipales de cet automne, les enfants pourront d’ailleurs voter en ligne pour répondre à une question qui leur sera adaptée.

Quand on dit que l’éducation à la démocratie doit faire partie du parcours scolaire, c’est oui, de préparer les jeunes à voter, mais en même temps, c’est tout un apprentissage, à dialoguer, à échanger sur des idées, à entendre l’autre, à l’écouter, et bien souvent, ce sont ces échanges-là qui font qu’on a des citoyens responsables , explique M. Reid.

Au Québec, l'éducation à la citoyenneté est intégrée à différents cours au primaire et au secondaire, comme l'histoire, la géographie et le cours d'éthique et culture religieuse, selon le ministère de l'Éducation.

Le directeur général des élections estime toutefois que cette matière devrait occuper plus de place dans le curriculum éducatif québécois.

Il dit avoir constaté que certains jeunes ne se sentaient pas « équipés » pour voter à la sortie du secondaire.

Les jeunes, lorsque vient le temps de voter, manquent de préparation.

Une citation de :Pierre Reid, directeur général des élections du Québec

Actuellement, il remarque que l’apprentissage des notions de citoyenneté peut dépendre de l’intérêt des enseignants pour la matière et du temps qu’ils possèdent pour l’enseigner.

De son côté, le ministère de l'Éducation affirme que l'éducation à la citoyenneté est une finalité éducative importante du programme éducatif québécois et que le cours d'Éthique et culture religieuse est d'ailleurs en cours de révision afin d'approfondir les notions d'éducation à la citoyenneté.

Voter à 16 ans?

L’âge légal pour voter n’a pas toujours été le même au Québec et au Canada.

En 1963, le gouvernement de Jean Lesage a abaissé l’âge légal de 21 ans à 18 ans. Le Canada a seulement emboîté le pas sept ans plus tard, en 1970.

Si la limite actuelle est encore fixée à 18 ans, plusieurs pays permettent maintenant le vote à 16 ans, comme l’Autriche et le Brésil.

L’idée fait déjà son chemin au Québec et au Canada depuis quelques années.

Le conseil municipal de Vancouver a adopté en juin une motion en faveur du vote dès l'âge de 16 ans aux élections municipales.

Un jeune homme passe au vote dans une urne d'Élections Canada.

Dans plusieurs pays, les électeurs peuvent voter à partir de l'âge de 16 ans. (Archives)

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

La députée Catherine Fournier a aussi déposé un projet de loi en ce sens en juin à l’Assemblée nationale.

À 16 ans, tu peux travailler, payer des taxes et des impôts, avoir des responsabilités importantes comme détenir un permis de conduire ou être membre d'un parti politique, et pourtant, tu ne peux pas voter, a-t-elle fait valoir dans une publication Facebook. 

La question se pose particulièrement dans le contexte des changements climatiques, alors que les décisions des politiciens aujourd’hui auront un impact important sur la qualité de vie des générations futures.

En attendant, Pierre Reid souligne qu’il existe plusieurs façons de s’impliquer et que les jeunes peuvent avoir une voix sans voter.

Il cite l’activiste environnementaliste Greta Thunberg, dont le discours a fait des vagues partout dans le monde en 2019, alors qu’elle n’avait pas encore atteint la majorité.

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