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Le Canada ne reconnaîtra pas un gouvernement taliban, assure Justin Trudeau

Portrait de Justin Trudeau.

Le premier ministre sortant, Justin Trudeau

Photo : Reuters / Andrej Ivanov

Justin Trudeau a assuré mardi que le Canada n'avait pas l'intention de reconnaître un gouvernement afghan formé par les talibans, quelques heures après que son ministre des Affaires étrangères eut plutôt estimé qu'il était préférable d'attendre de voir comment évolue la situation avant de se prononcer.

Le Canada n'a aucunement l'intention de reconnaître un gouvernement taliban en Afghanistan, a assuré le premier ministre sortant en point de presse mardi midi lors d'un arrêt de son autobus de campagne, à Markham, en Ontario.

Le Canada ne les a pas reconnus il y a 20 ans quand ils étaient au pouvoir en Afghanistan, ils ont pris le pouvoir d’un gouvernement dûment élu par la force et ils sont reconnus pour être une organisation terroriste, a-t-il énuméré. Alors, les talibans ne seront pas reconnus par ce gouvernement.

Son affirmation tranche avec la position du ministre sortant Marc Garneau. En entrevue lundi soir, il avait reconnu que l'Afghanistan avait essentiellement capitulé, mais il estimait qu'il fallait attendre de voir et qu'il était trop tôt pour répondre à la question de la reconnaissance d'un éventuel gouvernement taliban.

La position prudente du ministre sortant des Affaires étrangères et candidat libéral dans Notre-Dame-de-Grâce–Westmount concordait alors avec celle de son chef, qui avait simplement indiqué lundi que son gouvernement demandait aux talibans de permettre aux Afghans qui le souhaitent d'évacuer.

Une demande qu'il a réitérée mardi. Nous exigeons qu’ils assurent le libre passage des gens qui veulent quitter vers l’aéroport, a soutenu Justin Trudeau, affirmant que le Canada était parvenu à faire décoller neuf avions jusqu'à présent dans le cadre de son opération de rapatriement.

Pas de reconnaissance non plus au PCC, au NPD et chez les verts

Le changement de ton libéral survient aussi au lendemain d'une prise de position du chef conservateur, Erin O’Toole, qui a affirmé, toujours lundi soir, que s’il remporte les élections générales du 20 septembre, il ne reconnaîtra pas les talibans comme le gouvernement légitime de l’Afghanistan.

La position a été relayée mardi par le leader néo-démocrate, Jagmeet Singh. On ne reconnaît pas les talibans comme gouvernement parce qu’il s’agit d’un groupe terroriste et on a peur de ce qui va se passer pour les gens, a-t-il dit, en point de presse à Coquitlam, en Colombie-Britannique.

On a vu des images horribles sortant d’Afghanistan, a-t-il rappelé.

Du côté du Parti vert, la chef, Annamie Paul, a affirmé que les talibans ne devraient en aucun cas être reconnus comme gouvernement. Elle propose que la gouverneure générale du Canada convoque les élus, même en campagne électorale, afin d'en arriver à une réponse commune à donner à la crise.

Elle demande aussi que le gouvernement Trudeau clarifie sa position, compte tenu des positions initialement différentes du premier ministre et de son ministre des Affaires étrangères.

On devrait faire une déclaration très claire que notre gouvernement ne va pas reconnaître les talibans comme un gouvernement légitime s’il n’y a pas une manière de confirmer la protection des droits de la personne, des femmes, des filles, de tous les gens qui sont en Afghanistan. Et aussi, s’assurer que les lois de guerre vont être respectées, a-t-elle dit en point de presse à Toronto.

L'Afghanistan est tombé aux mains des talibans dans le cadre d'une avancée éclair d'environ 10 jours, alors que le retrait des troupes américaines n'est même pas encore achevé. Devant la capitulation de leur gouvernement, des milliers d'Afghans se sont massés à l'aéroport de Kaboul lundi pour sortir du pays par tous les moyens. Certains ont même tenté de s'accrocher à des avions prêts à décoller.

Mardi, les vols militaires d'évacuation de diplomates et de civils avaient repris à Kaboul, après avoir été interrompus en raison du mouvement de panique de la veille.

Dangereuse paperasse canadienne

En ce moment, les alliés afghans qui espèrent être rapatriés se doivent de présenter certains documents remplis en ligne avant de pouvoir monter à bord d'un avion en direction du Canada.

Ce préalable peut être difficile à obtenir pour les Afghans admissibles à un rapatriement puisqu'il nécessite une connexion Internet, ce que la plupart n'ont pas. Il peut également s'avérer risqué, voire mortel, de se faire prendre par les talibans à remplir ou à posséder de tels documents.

Justin Trudeau a affirmé avoir eu une rencontre, notamment avec son ministre des Affaires étrangères et des représentants du ministère de l'Immigration, lors de laquelle cet aspect a été abordé.

Les agents de l'immigration m'ont assuré faire preuve de flexibilité pour permettre aux personnes qui ne peuvent pas remplir les formulaires en ligne de transmettre leurs informations, a-t-il assuré. Il y a des appels téléphoniques, il existe des moyens de contacter les gens pour les aider à ce sujet.

Et les personnes avec lesquelles nous nous sommes engagés continueront d'être au centre de nos préoccupations au cours des prochains mois, a-t-il ajouté.

Consultez notre dossier sur les élections fédérales 2021.

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