•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
Chronique

Passeport vaccinal : les musées et les bibliothèques épargnés, mais pas les cinémas?

Quelqu'un tient un téléphone intelligent. On aperçoit la preuve vaccinale sur l'écran.

La preuve vaccinale de Covid-19 du gouvernement du Québec, sous forme de code QR.

Photo : Gouvernement du Québec

Fanny Bourel

Près d’une semaine après l’annonce de l’instauration prochaine d’un passeport vaccinal, une cinquantaine de personnes représentant le milieu culturel ont assisté lundi après-midi à une réunion virtuelle du ministère de la Culture et des Communications (MCC). Si certains détails se précisent, le secteur culturel n’a pas encore toutes les réponses à ses questions.

Ce qu’on comprend, c’est que le passeport vaccinal s’appliquera dans toutes les salles de spectacle même de petites capacités, les cinémas et les arénas, a expliqué Luc Fortin, président et directeur général par intérim de la Guilde des musiciens et musiciennes du Québec (GMMQ), en entrevue avec Catherine Richer, chroniqueuse culturelle à l’émission Le 15-18

Rien n’est officiel, mais tout indique que nous devrons exiger le passeport vaccinal, a confirmé par courriel à Radio-Canada Éric Bouchard, coprésident de l’Association des propriétaires de cinémas du Québec (APCQ).

Il semble que les bibliothèques et les musées ne seront pas touchés, a ajouté Luc Fortin.

Signe de cette non-extension du passeport vaccinal aux musées, la Société des musées du Québec n’a pas été conviée à la rencontre de lundi après-midi; elle avait été invitée à toutes les concertations précédentes en lien avec la pandémie. 

Une application pour les équipes organisatrices

Côté technique, le MCC a indiqué que les lieux culturels qui devront vérifier les passeports vaccinaux des membres du public pourront utiliser une application spéciale destinée à vérifier les codes QR ou les preuves vaccinales en version papier à partir d’un téléphone intelligent et qu’il serait simple de procéder à cette vérification pour les touristes venus de l’Ontario ou des États-Unis.

Ils font de très gros efforts pour rendre la chose la plus facile possible, a dit Luc Fortin.

Déjà jusqu’à 20 % de pertes de revenus de billetterie 

Le milieu culturel, surtout les festivals, espérait un report de la date d’application du passeport vaccinal prévue pour le 1er septembre. Or, avant même la réunion de lundi après-midi, cette porte avait été fermée. 

Les gens de la santé publique nous ont réitéré que l’entente avec les Québécois est que l’application du passeport vaccinal commencerait à partir du 1er septembre, a indiqué François-G. Chevrier, directeur général d’Événements Attractions Québec, qui représente notamment des festivals. 

Selon lui, l’annonce de la mise en place d’un passeport vaccinal a ralenti le rythme des ventes de billets pour la vingtaine de festivals prévus lors de la fin de semaine de la fête du Travail et s’est traduite par des demandes de remboursement de billets déjà achetés. Les pertes de revenus de billetterie s’élèvent à 10, 15%, voire 20% dans certains cas , a-t-il précisé.

Résultat, certains festivals prévus pour le mois de septembre et d’octobre réfléchissent toujours à annuler leur événement. C’est éprouvant, des projections financières qui tenaient encore la route il y a peu deviennent incertaines, a souligné François-G. Chevrier. 

Le manque d’assouplissements critiqué

Lorsque la création d’un passeport vaccinal a été évoquée, plusieurs organisations culturelles pensaient que cette nouvelle mesure s’accompagnerait d’assouplissements, comme une augmentation du nombre autorisé de spectateurs et de spectatrices dans les salles et dans les festivals.

Pour l’instant, il n’y aucune contrepartie ou d’assouplissement, se désole la source anonyme, pour qui le MCC a baissé les bras n’assurant qu’un rôle de représentation devant une santé publique omnipotente  

On les voit un peu désemparés, ils sont entièrement à la remorque de la santé publique. Ils prennent bonne note des questions, disent : "on va essayer d’obtenir des réponses", mais ils font eux-mêmes partie du gouvernement!, a-t-elle poursuivi. La santé publique ne peut pas que décider des choses, il faut aussi que le MCC, bien conscient qu’il devrait y avoir des assouplissements, puisse imposer un certain nombre de choses.

Selon François-G., à défaut de pouvoir accueillir plus personnes et devant l’obligation de déployer des ressources à la vérification des preuves vaccinales, les festivals ne devraient plus avoir à assigner des bénévoles à la surveillance de la foule pour veiller au respect des mesures sanitaires.

Une compensation financière pour les festivals?

Autre demande : rendre les festivals admissibles à la mesure d’aide à la compensation des pertes de revenus de billetterie, dont bénéficient déjà les salles de spectacle et les théâtres. 

On sentait que l’urgence était de rendre opérationnel le passeport vaccinal, mais il y a eu de l'écoute, on on nous pas fermé la porte, a dit M. Chevrier.

En attendant, comme réclamé par plusieurs festivals voulant que le gouvernement prenne davantage conscience de la réalité de l’organisation de gros événements, un projet-pilote devrait être mené d’ici la fin août dans un festival, comme cela a déjà été fait dans une brasserie sportive de Québec. 

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !