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Séisme en Haïti : la solidarité s’organise ici

Des Haïtiens dorment dans des couvertures à même le sol, sur la pelouse.

Les victimes du séisme du 14 août en Haïti ont besoin d'aide et de solidarité. Ici, des patients dorment dans le jardin de l'hôpital des Cayes.

Photo : AP / Joseph Odelyn

Radio-Canada

Le séisme qui a fait trembler Haïti le 14 août, et qui a fait plus de 1300 morts et 5700 blessés, provoque aussi une onde de choc au Québec. Si les secours s’organisent sur place, la solidarité des Québécois est aussi sollicitée à Montréal, où la diaspora haïtienne tente d’envoyer son aide.

La chose s’avère d’ailleurs complexe. Dans la foulée du tremblement de terre, la Croix-Rouge canadienne a créé le fonds Séisme en Haïti pour venir en aide aux nombreux sinistrés. Le Bureau de la protection civile d’Haïti rapporte que plus de 7000 maisons ont été détruites et que près de 5000 autres ont été endommagées lors du séisme.

Alors que la tempête tropicale Grace s’approche d’Haïti et qu'elle pourrait y déverser de fortes pluies, provoquer des inondations ou des glissements de terrain, c’est une véritable course contre la montre qui s’engage.

Des membres de la diaspora sonnent donc l’alarme. Actuellement, vous avez les grandes villes du sud qui sont très affectées, dit Marjorie Villefranche, de la Maison d’Haïti, à Montréal. Elle s’inquiète parce qu'on ne sait rien des villages. Vous savez la quantité de villages dans cette zone?

Selon Mme Villefranche, il faut réunir le plus grand nombre de pays et d’organismes pour aider les villages les plus reculés, et qui ont sans doute beaucoup souffert.

Marjorie Villefranche parle au micro.

Marjorie Villefranche, directrice générale de la Maison d'Haïti, à Montréal

Photo : Radio-Canada

Cellule de crise

La création d’une cellule de crise pour aider la communauté est déjà en branle. Ce que nous tentons de faire à travers la cellule de crise, qui réunit des organismes communautaires et des associations régionales, c'est de tenter de bâtir une véritable coalition pour nous assurer qu'il y a vraiment une convergence par rapport à l'aide à apporter en Haïti, explique Frantz Benjamin, député libéral de la circonscription de Viau à l’Assemblée nationale.

Bien que la cellule de crise souhaite fournir des trousses médicales à la population, elle aura surtout un rôle d'intermédiaire. Elle collaborera avec les organismes sur le terrain, comme la Croix-Rouge, mais aussi avec la population canadienne et les organismes communautaires haïtiens qui ont été directement touchés par le récent séisme.

Nous allons déployer à partir d’aujourd’hui un numéro sans frais qui permettra aux membres de la communauté de joindre et d'aider les intervenants, poursuit Frantz Benjamin. La cellule de crise demande aux gouvernements [d’Ottawa et de Québec] de tout mettre en œuvre pour faciliter le plus rapidement possible la réunification des familles pour les sinistrés, indique le député.

Frantz Benjamin parle au micro.

Frantz Benjamin, député de la circonscription de Viau

Photo : Radio-Canada

Le député de Viau s’inquiète que plusieurs membres de la communauté haïtienne soient en détresse psychologique, notamment celles et ceux qui ont vécu le séisme [de 2010] et qui sont maintenant au Québec. Il souhaite que les gens qui ont de la famille en Haïti puissent les rejoindre, et la cellule de crise doit ainsi agir comme une ligne de référence.

Parce qu’Haïti a retenu certaines leçons du passé. Lors du premier tremblement de terre, il y a des choses que nous avons apprises, et il y a les erreurs que nous ne voulons pas répéter. D’où cette mobilisation plus active, plus dynamique, pour permettre à chacun des partenaires de jouer pleinement son rôle dans l’aide d’urgence à apporter, conclut M. Benjamin.

Situation difficile

La situation est rendue difficile en Haïti, parce que les infrastructures qui permettent d’acheminer l’aide à la population ont souffert du tremblement de terre.

D’autres, comme les hôpitaux, sont sollicitées au-delà de leur capacité. Les hôpitaux sont complètement débordés dans le Grand-Sud, particulièrement aux Nippes, où on est situé, avoue Nicolas Demers-Labrousse, coordinateur général de Médecins du Monde Canada, qui se trouve actuellement en Haïti. Il manque de personnel, il manque d’intrants médicaux et non médicaux, ajoute-t-il en rappelant que les besoins en nourriture sont aussi très grands, et que cela complexifie l’aide à apporter.

La dévastation n’aide en rien le transport des denrées et des médicaments, dit M. Demers-Labrousse, avant de laisser tomber qu’il faut négocier avec les gangs, qui contrôlent certaines routes entre Port-au-Prince et le reste du pays, ce qui constitue un autre défi.

On doit passer par des territoires [comme] Markyson, qui est à la sortie de Port-au-Prince, rappelle Nicolas Demers-Labrousse, où il y a beaucoup de gangs armés. Donc, on doit avoir des couloirs humanitaires, des négociations avec les gangs pour pouvoir amener l’aide humanitaire sur le terrain, vers les populations les plus marginalisées, se désole-t-il.

L’aide humanitaire de la Croix-Rouge canadienne, à travers son fonds Séisme en Haïti, devrait quant à elle appuyer les secours et favoriser le rétablissement à long terme des populations, et renforcer son niveau de résilience.

Avec les informations de Xavier Savard-Fournier, de Mélissa François et de La Presse canadienne

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