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Le sud de l’Alberta à la poursuite du marché de l’hydrogène

Une pancarte à l'entrée de la ville de Medicine Hat.

La Ville de Medicine Hat, surnommée « la ville du gaz », souhaite développer l'exploitation de l'hydrogène.

Photo : Radio-Canada / Richard Marion

Dans la foulée d’Edmonton, la région de Medicine Hat, dans le sud de l’Alberta, veut se tailler une part du futur marché de l’hydrogène, dont le potentiel de revenus en 2050 est évalué à 50 milliards de dollars par le gouvernement fédéral.

La Ville a lancé un groupe de travail pour évaluer les occasions d’affaires liées à l’exploitation de ce gaz. Elle s’est associée avec la Municipalité de Brooks et des entreprises pétrochimiques et énergétiques du sud de la province.

Y a-t-il une demande pour l'hydrogène?

Comme la région de la capitale albertaine l’a fait, un rapport sera élaboré par l’Accélérateur de transition, un organisme à but non lucratif qui s’intéresse aux questions de transition énergétique. Sa publication est attendue au début de 2022.

Qu’est-ce que l’Accélérateur de transition?

Il s’agit d’un organisme à but non lucratif fondé au printemps 2019. Il se propose de trouver de nouvelles solutions pour transformer des régions et des secteurs et répondre aux changements climatiques.

En plus de l’hydrogène, l’Accélérateur travaille aussi sur les questions de transport personnel, d’agroalimentaire et d’électrification.

L’Accélérateur s’appuie sur trois directeurs de recherche : James Meadowcroft, professeur en sciences politiques à l’Université Carleton, Normand Mousseau, professeur de physique à l’Université de Montréal, et David Layzell, directeur de l’initiative CESAR, à l’Université de Calgary. Son travail le conduit toutefois à s’allier avec des municipalités, des entreprises et des chercheurs.

L’organisme a été financé au départ par cinq fondations philanthropiques : la fondation Ivey, Jarislowsky, McConnell, la fondation familiale Trottier et la fondation communautaire d’Edmonton.

Plusieurs entreprises de la région produisent déjà de l’hydrogène, notamment comme matière première pour la production de méthanol. Les espoirs d'Ottawa sont toutefois que le gaz puisse remplacer les combustibles fossiles et permettre de réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Nous nous concentrons sur la demande pour déterminer les besoins que les producteurs devront satisfaire, explique Chris Bailey, le responsable du pôle hydrogène dans l’Ouest canadien à l’Accélérateur de transition.

Beaucoup de l’attention est portée à la production. Si nous construisons toutes ces usines, où l’hydrogène sera-t-il consommé? Où sont les véhicules? Où sont les infrastructures pour chauffer nos maisons à l’hydrogène? C’est notre objectif.

Une citation de :Chris Bailey, Accélérateur de transition

L’organisme suivra le modèle d’Edmonton qui a prouvé son succès. Après la constitution d’un centre nerveux de l’hydrogène, la capitale a été la bénéficiaire d’une promesse d’investissement de 1,3 milliard de dollars pour construire une usine de production de gaz.

De l'hydrogène bleu et vert

Il existe une différence importante, cependant : là où Edmonton se concentre sur la production d’un hydrogène bleu, extrait des hydrocarbures, Medicine Hat pense pouvoir développer autant d'hydrogène bleu que d'hydrogène vert.

Selon le directeur des investissements de la chambre de développement économique Invest Medicine Hat, Eric Van Enk, de nombreux projets solaires et éoliens sont en cours dans sa région, ce qui permettrait d’extraire l’hydrogène en utilisant les énergies renouvelables.

Une station de recharge d'hydrogène à l'Université du Québec à Trois-Rivières.

Située à la jonction de la Transcanadienne et de l'autoroute 3, la production d'hydrogène de Medicine Hat pourrait servir à alimenter les véhicules et les camions.

Photo : Radio-Canada / Benoit Roussel

Si son potentiel se concrétise, l’hydrogène apporterait en tout cas un nouveau souffle à cette région qui a fondé sa prospérité sur l’exploitation du gaz naturel. La chute des prix et l’épuisement progressif de son réservoir ont transformé cette richesse en poids financier.

Eric Van Enk croit que l’exploitation de l’hydrogène permettrait de renverser la vapeur. Nos puits abandonnés, nos capacités excédentaires dans nos gazoducs sont, pour l’instant, un passif, mais en les utilisant pour la production d’hydrogène et la séquestration du carbone, nous les convertissons en actifs, affirme-t-il. 

Nous pouvons toujours être la ville du gaz. Ce ne sera plus du méthane, mais de l’hydrogène.

Une citation de :Eric Van Enk, Invest Medicine Hat

Le groupe de travail est soutenu par un financement fédéral et des contributions des participants privés. Les montants ne sont toutefois pas rendus publics.

L’Accélérateur de transition a déterminé au moins cinq autres régions, dans l’Ouest canadien, qui pourraient devenir des centres d’exploitation de l’hydrogène.

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