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Regain d’intérêt pour l’histoire des peuples marginalisés au Canada

Une foule habillée avec des vêtements orange avec un enfant qui joue du tambour sur les épaules d'un adulte.

Le jour du Canada a été ponctué de manifestations en soutien à la cause autochtone cette année.

Photo : CBC / Ben Nelms

Radio-Canada

L’augmentation de la notoriété des mouvements sociaux pour les droits des Noirs, des Autochtones et des autres populations marginalisées au Canada a mené à un regain d’intérêt pour l’étude historique des relations avec ces communautés au pays.

Les manifestations de Black Lives Matter, les découvertes de sépultures non identifiées sur les sites d'anciens pensionnats pour Autochtones et la remise en question de personnages historiques ont mené à un regain d’intérêt pour ces sujets dans les cours d’histoire.

Cette tendance vient contrebalancer une baisse d'inscriptions dans les programmes d’histoire au Canada et aux États-Unis qui a été constatée depuis quelques années.

Une femme devant un bâtiment flou.

Fiona McCrow est étudiante à l'Université de Toronto.

Photo : CBC / Craig Chivers

Beaucoup d'entre nous constatent ces changements sociaux et ces problèmes dans notre société, et nous nous demandons d'où ils viennent - et il n'y a pas d'autre réponse que de se tourner vers le passé, croit Fiona McCrow, étudiante en quatrième année en histoire à l'Université de Toronto.

Que ce soit dans les cours qu'ils suivent ou dans les recherches qu'ils effectuent, Mme McCrow affirme qu'elle et les autres étudiants en histoire remettent en question le récit traditionnel des histoires racontées d'un point de vue très particulier et très limité.

Elle dit vouloir mettre en lumière une plus grande diversité de voix du passé qui ont été ignorées jusqu'à présent.

Retour de l’idéalisme en classe

John Lutz, professeur d’histoire à l’Université Victoria, en Colombie-Britannique, affirme avoir constaté dernièrement une passion, une curiosité et une volonté de remise en question similaires chez ses étudiants.

Selon lui, les inscriptions aux cours d'histoire sont en hausse après un long et lent déclin.

Un homme avec une chemise à carreaux.

John Lutz enseigne l'histoire à l'Université Victoria.

Photo : CBC

C'est vraiment exaltant de voir revenir l'idéalisme qui semble manquer depuis quelques années chez les jeunes, car ils s'enthousiasment pour les questions de justice sociale comme nous ne l'avons pas vu depuis longtemps, indique-t-il.

Les étudiants arrivent en classe avec plus de scepticisme à l'égard de l'histoire telle qu'ils l'ont connue auparavant et sont impatients de découvrir ces histoires, ajoute-t-il.

Ils arrivent remplis de passion et je pense qu'ils remettent en question les façons de faire et de penser existantes à l'université, je pense qu'ils nous secouent de façon saine.

Une citation de :John Lutz, professeur d’histoire à l’Université Victoria

L'histoire du Canada est complexe et bénéficie d'une exploration plus large, malgré sa réputation d'être terne et ennuyeuse, ce qui n'est absolument pas le cas, a déclaré M. Lutz.

En tant que département d'histoire, nous assumons vraiment notre responsabilité sociale de partager l'histoire, mais aussi la complexité de l'histoire. Des gens comme John A. Macdonald avaient de multiples facettes, explique-t-il.

Je pense que notre histoire est assez ample pour raconter à la fois l'histoire de John A. Macdonald en tant que père du Canada, mais aussi le père de nombreuses politiques qui ont conduit au déplacement des peuples autochtones, conclut-il.

Un cours en ligne ouvert à tous sur les Autochtones très populaire

Au cours des cinq dernières années, Paul Gareau, professeur adjoint à la Faculté des études autochtones de l'Université de l'Alberta, a constaté un plus grand désir d'explorer les voix, l'histoire et les enjeux contemporains autochtones.

Un homme devant un tableau dans une classe.

Paul Gareau, qui est Métis, a vu la popularité du cours en ligne gratuit Indigenous Canada monter au cours des dernières années.

Photo : Avec l'autorisation de Paul Gareau

Le cours gratuit Indigenous Canada, qui a été créé à l'Université de l'Alberta, est devenu le cours en ligne le plus populaire au Canada en 2017, année de son lancement, selon Coursera, un agrégateur de cours en ligne ouverts.

En date de lundi, 380 656 personnes étaient déjà inscrites au cours composé de 12 modules.

Le cours a depuis connu plusieurs bonds importants en ce qui concerne les inscriptions, notamment plus de 50 000 étudiants qui se sont inscrits la semaine qui a suivi l'inscription de l'acteur de la série à succès Schitt's Creek, Dan Levy, qui en a fait la promotion sur les médias sociaux en août dernier.

Plus tôt cet été, près de 75 000 personnes se sont inscrites dans les semaines suivant la découverte d'environ 200 sites de sépulture potentiels près de l'ancien pensionnat pour Autochtones de Kamloops, en Colombie-Britannique.

M. Gareau, qui est Métis, a décrit le cours comme une sorte de cours de base en études autochtones.

Il a été conçu pour susciter des discussions plus larges et plus profondes sur l'héritage du colonialisme, affirme-t-il, et aussi sur la manière d'être des alliés et de soutenir les communautés autochtones.

Les étudiants autochtones ont terminé le cours avec un sens de l'orientation plus fort et le langage dont ils ont besoin pour lutter contre le racisme structurel, pour soutenir leurs propres communautés et pour établir de meilleures relations avec les autres communautés, a déclaré M. Gareau.

Pour les étudiants non autochtones, suivre ce cours est plutôt le début d'un chemin que le professeur Paul Gareau espère voir se poursuivre.

Après le cours, de nombreux étudiants demandent des listes de lecture supplémentaires et des suggestions pour d'autres cours à suivre, raconte M. Gareau.

Ce dernier affirme que la popularité du cours a incité la faculté à développer de nouvelles offres, notamment un cours sur les stéréotypes et un autre explorant le savoir autochtone dans le domaine des sciences et de la technologie.

Curiosité dans la population générale

Cette curiosité pour de nouvelles perspectives sur l'histoire du Canada est une chose que Falen Johnson, coanimatrice du balado historique The Secret Life of Canada, a constatée au cours des dernières années.

Dès le premier épisode de son balado en 2017, il y a eu un énorme intérêt pour ce sujet, affirme Mme Johnson.

Une femme avec un chandail bleu.

Falen Johnson a créé son balado historique pour raconter des histoires méconnues des Canadiens.

Photo : CBC / Dave St-Amant

Tout comme M. Gareau, elle espère donner aux auditeurs de la baladodiffusion un avant-goût des différentes perspectives historiques afin d'éveiller leur curiosité et de leur donner envie de creuser davantage.

Nous encourageons vraiment les gens à être curieux et à commencer à faire des recherches sur Google. Regardez en ligne, parlez aux gens, allez à la bibliothèque; il y a tellement de grands universitaires et historiens qui font ce travail d'une manière vraiment officielle et nous voulons vraiment élever ce travail.

Une citation de :Falen Johnson, coanimatrice du balado historique The Secret Life of Canada

Je pense que les gens ont vraiment envie d'apprendre, je pense que les gens sont prêts... plus prêts qu'ils ne l'ont probablement jamais été auparavant, ajoute-t-elle.

Avec les informations de CBC News

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