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L'industrie du tourisme prend son envol à l'Î.-P.-É., mais le recrutement est difficile

Autobus et piétons au centre-ville Charlottetown en hiver.

Charlottetown, à l'Île-du-Prince-Édouard

Photo : La Presse canadienne / Andrew Vaughan

La saison estivale bat son plein à l’Île-du-Prince-Édouard pour la première fois depuis 2019, mais les opérateurs touristiques de la province ont de la difficulté à trouver du personnel.

Certains d’entre eux constatent que le marché de l’emploi a beaucoup changé par rapport à la période précédant la pandémie.

Le chef cuisinier et propriétaire du restaurant Gaia’s Urbain à Charlottetown, Pierre El Hajjar, déplore la difficulté de recruter cet été.

« C’est la même situation partout, ce manque de main-d’œuvre dans les restaurants. […] On a aussi de la difficulté à trouver des personnes qualifiées. »

— Une citation de  Pierre El Hajjar, chef cuisinier et propriétaire au restaurant Gaia’s Urbain

Son établissement compte cinq employés à l’heure actuelle. Six autres personnes sont encore nécessaires dans la cuisine et le service à la clientèle.

Je trouve que le problème, c’est qu’à cause de la pandémie, plusieurs chefs [cuisiniers] ont décidé de quitter le métier, explique Pierre El Hajjar.

Pierre El Hajjar, un immigrant arrivé à l'Île-du-Prince-Édouard il y a six ans.

Pierre El Hajjar est chef cuisinier et propriétaire du restaurant Gaia’s Urbain, à Charlottetown. (ARCHIVES)

Photo : Radio-Canada

Le président-directeur général du groupe Murphy, Kevin Murphy, a fait le même constat.

Habituellement, ce groupe embauche 800 employés pour l’été, mais cette année, ce chiffre s’est arrêté à 450 personnes.

« Les personnes qui ont travaillé pendant la pandémie ont quitté notre secteur, et certaines sont passées à autre chose. »

— Une citation de  Kevin Murphy, président-directeur général du groupe Murphy

Le groupe Murphy gère 16 établissements de restauration, deux hôtels et une microbrasserie à l’île.

Pour son PDG, les nombreux programmes d’aide fédérale auraient aussi dissuadé les gens de retourner sur le marché du travail.

Kevin Murphy, le président de l'association des commerçants de Victoria Row aimerait que la rue Sydney devienne elle aussi piétonne.

Kevin Murphy est le président-directeur général du groupe Murphy.

Photo : julien lecacheur

Dès le début de la pandémie, le gouvernement fédéral a lancé la prestation canadienne d’urgence (PCU), qui offrait 2000 $ dollars par mois aux Canadiens dont les revenus ont été touchés par les mesures sanitaires.

La PCU a été transformée en prestation canadienne de la relance économique (PCRE), le mois dernier. La période pour demander cette aide fédérale a été prolongée par le gouvernement jusqu’au 23 octobre.

Des meilleurs salaires

Pour Jillian Kilfoil, directrice du Réseau de femmes de l’île, les salaires peu élevés seraient la cause de la pénurie de main-d’œuvre dans le secteur touristique.

Elle évoque aussi, entre autres, des horaires plus flexibles pour les employés.

« C’est aussi important que les conditions de travail, les vacances, la protection des travailleurs soient aussi là pour assurer que ces gens soient protégés. »

— Une citation de  Jillian Kilfoil, directrice du Réseau de femmes de l’île

Jim Sentance, économiste à l’Université de l’Île-du-Prince-Édouard, explique que le manque d’accès aux services de garde d’enfants et l’augmentation des coûts de logement pourraient rendre le recrutement plus difficile.

Si les loyers ne commencent pas à baisser, les employeurs de l’île vont devoir s’adapter à des salaires plus élevés, a-t-il déclaré.

Une femme qui travaille à son ordinateur dans un bureau.

Jillian Kilfoil du Réseau des femmes de l'Île-du-Prince-Édouard

Photo : Radio-Canada / René Godin

Les travailleurs étrangers sont-ils la solution ?

Pierre El Hajjar plaide pour un programme de recrutement de travailleurs étrangers dédié au secteur de la restauration.

Il faut que le gouvernement facilite un peu l’immigration pour les chefs et pour les gens du secteur de la restauration, exhorte-t-il.

Kevin Murphy explique que les gouvernements pourraient s’inspirer des industries agricoles et de la transformation du poisson dans la création de ce type de programme.

L’immigration va faire partie de la solution pour s’assurer que nous avons suffisamment de travailleurs s’ils ne sont pas ici à l’Île-du-Prince-Édouard, a-t-il déclaré.

Avec les renseignements de Kerry Campbell, de CBC

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