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Arrêt cardiaque à l’urgence de l’Hôpital Saint-Boniface : le patient est mort

La famille de la victime témoigne et veut des changements.

Un panneau annonçant la direction vers l'urgence de l'Hôpital de Saint-Boniface.

L'homme a attendu plus de quatre heures aux urgences de l'hôpital.

Photo : Radio-Canada / Travis Golby

Radio-Canada

Terence Gee, âgé de 71 ans, a été débranché de l’appareil respiratoire qui le maintenait en vie, avec l’accord de sa famille.

Sa fille, Toivi Penner, raconte qu’après son arrêt cardiaque son père a complètement perdu ses fonctions cérébrales et n’aurait jamais été capable de s’en remettre. Amené en salle de réanimation, il a été pris de convulsions et placé sous respirateur artificiel.

Il n’aurait pas voulu que quelqu’un s’occupe de lui ou vivre dans un état végétatif. Nous le savions tous. [Le débrancher] ce n’était pas une question, nous savions que c’était ce qu’il voulait, témoigne Toivi Penner.

Une photo de famille de la famille de Terence Gee. Ils portent tous des chandails de noël.

Terence Gee (au centre), entouré de sa famille, est mort des suites d'un arrêt cardiaque à l'urgence de l'Hôpital Saint-Boniface.

Photo : Toivi Penner

La mort de M. Gee survient dans un contexte de pénurie de personnel et de lits à l’Hôpital Saint-Boniface. La semaine dernière, des médecins et des infirmières de l’établissement tiraient la sonnette d’alarme. Ils craignaient des conséquences désastreuses résultant des temps d’attente qu’ils constatent au service des urgences.

Transféré depuis l'Hôpital de Seven Oaks

Mme Penner relate que son père était, mardi soir, à l’Hôpital Seven Oaks pour recevoir une infusion de fer. Son père souffrait de problèmes rénaux et de diabète.

Or, les médecins ont dit qu’il devait être transféré parce qu’il avait besoin de soins cardiaques. Il avait de la difficulté à respirer.

Toivi Penner mentionne que, vers 2 h 30, mardi, elle a reçu un appel du personnel de l’Hôpital Saint-Boniface pour lui dire que son père avait fait une crise cardiaque dans la salle d’urgence.

Elle ignorait cependant que son père n’était pas surveillé jusqu’à ce qu’elle lise un article de CBC/Radio-Canada.

Elle raconte que le personnel ne savait même pas depuis combien de temps M. Gee se trouvait sans surveillance, alors qu’il aurait pu être sur le sol pendant 10 à 15 minutes avant que le personnel ne se rende compte qu'il avait eu un malaise.

Ce sont les premiers soins à donner aux gens qui se présentent dans un hôpital. Même si la personne ne rencontre pas tout de suite un médecin ou une infirmière, quelqu’un [est responsable] de surveiller leurs signes vitaux, affirme-t-elle.

Changement réclamé

Mme Penner déplore que son père, qui était policier pour la Gendarmerie royale du Canada jusqu’à sa retraite, en 2006, ait été abandonné par le système de santé.

Il a servi son pays pendant 34 ans, c’est un mauvais service qu’on lui a rendu. S’il avait eu un membre de sa famille avec lui ou s’il avait été branché sur un appareil respiratoire, nous pensons qu’il serait encore avec nous, dit-elle, en ajoutant que son père était quelqu’un qui avait un grand cœur.

Selon elle, le système de santé du Manitoba doit changer. Elle espère que davantage de membres du personnel dénonceront les situations problématiques dans leur milieu de travail.

L’Office régional de la santé de Winnipeg soutient qu’un rapport a été fait à l’équipe de Sécurité des soins des patients et qualités de l’Hôpital Saint-Boniface. Il indique qu’un examen est en cours pour déterminer si ce qui est arrivé répond aux critères d’incident critique en vertu de la législation provinciale.

Avec les informations de Peggy Lam

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