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Sept morts dans le chaos des évacuations à l'aéroport de Kaboul

Après des heures de paralysie, les opérations ont pu reprendre à l'aéroport international Hamid Karzaï en fin d'après-midi, lundi.

Des Afghans grimpent sur le toit d'un avion.

Des Afghans grimpent sur le toit d'un avion à l'aéroport de Kaboul, le 16 août 2021.

Photo : Getty Images / WAKIL KOHSAR

Radio-Canada

Au moins sept personnes sont mortes dans la frénésie des évacuations à l'aéroport de Kaboul, théâtre de scènes de panique au moment où des Afghans affluent par milliers dans l'espoir de fuir le pays, désormais aux mains des talibans.

Les appareils militaires et commerciaux nolisés pour les opérations d’évacuation ont pu recommencer en fin d’après-midi à atterrir à l’aéroport et à décoller de celui-ci, a expliqué le Pentagone lors d’une séance d’information. Le contrôle du trafic aérien est entre les mains des Américains.

Le sauvetage de diplomates, de ressortissants étrangers et d’Afghans ayant collaboré avec le régime déchu a été suspendu pendant plusieurs heures en raison de l’irruption sur le tarmac de centaines de citoyens désespérés.

L'armée américaine, censée sécuriser les lieux, peinait à contenir le flux d’Afghans qui se sont précipités vers la seule porte de sortie du pays. Parmi les sept victimes du chaos répertoriées jusqu'à présent, deux ont été abattues par des soldats américains.

À Washington, un responsable du Pentagone rapporte que les soldats ont tué deux hommes qui ont brandi leurs armes d'un air menaçant, sans donner plus de détails.

Une vidéo montrant des gens agrippés à un avion militaire qui roule sur le tarmac a été publiée par Sultan Faizy, un journaliste afghan.

La conquête, dimanche, de la capitale par les insurgés, membres du mouvement islamiste radical des talibans, a pris tout le monde par surprise. Les forces gouvernementales afghanes se sont tout simplement effondrées devant leur avance.

Des familles entières fuient l'avance des talibans

Femmes et enfants fuient l'arrivée des talibans et tentent d'accéder à l'aéroport Hamid Karzaï de Kaboul.

Photo : Reuters / pigiste

Des vidéos publiées sur les réseaux sociaux montraient des scènes de chaos absolu, des milliers de personnes attendant sur le tarmac même, et des grappes de jeunes hommes, surtout, s'agrippant aux passerelles ou aux escaliers pour tenter de monter dans un avion.

Des centaines de personnes ont notamment tenté d'empêcher un avion militaire américain de décoller. Certaines se sont agrippées à l’appareil qui avançait sur la piste et quelques-unes d'entre elles seraient mortes en tombant de l'appareil, selon des sources militaires américaines.

Les soldats américains sur place ont même eu recours à des tirs en l’air pour tenter de contrôler la foule.

Des soldats américains à l'aéroport de Kaboul.

Des soldats américains prennent position pour sécuriser l'aéroport de Kaboul, le 16 août 2021.

Photo : Getty Images / SHAKIB RAHMANI

Nous avons peur de vivre dans cette ville et nous tentons de fuir Kaboul, a confié à l’AFP un homme de 25 ans.

J'ai lu sur Facebook que le Canada accepte des demandeurs d'asile d'Afghanistan. J'espère que je serai l'un d'eux. Comme j'ai servi dans l'armée, j'ai perdu mon boulot, et c'est dangereux pour moi de vivre ici, car les talibans me cibleront, c'est sûr, a-t-il expliqué.

Des talibans armés à Kaboul.

Les talibans n'auront mis que quelques jours pour s'emparer des grandes villes du pays, dont la capitale Kaboul, qui est tombée entre leurs mains cette fin de semaine.

Photo : Getty Images / WAKIL KOHSAR

Ailleurs dans la capitale, les rues semblaient calmes, mais plusieurs talibans armés sont postés dans les rues les plus névralgiques, jusque dans la zone verte, auparavant très fortifiée, qui abrite les ambassades et les organisations internationales.

Se voulant rassurants, les porte-parole des talibans ont dit avoir informé leurs combattants que personne n'est autorisé à entrer dans la maison d'autrui sans permission. Il ne peut être attenté à la vie, la propriété, l'honneur de personne.

Les insurgés se sont déployés dans la capitale après que le président Ghani eut quitté le pays.

« À présent, nous devons montrer que nous pouvons servir notre nation et assurer la sécurité et le confort dans la vie. »

— Une citation de  Déclaration d'Abdul Ghani Baradar, cofondateur des talibans

En 10 jours, le mouvement islamiste radical, qui avait déclenché une offensive en mai à la faveur du début du retrait des troupes étrangères, a pris le contrôle de presque toutes les régions du pays.

Les Américains ont vite fait de retirer leur drapeau de l'ambassade des États-Unis à Kaboul et ont mis en sécurité le personnel de l'ambassade en attendant les opérations d’évacuation pour lesquelles 6000 militaires ont été mobilisés.

Un homme debout dans la boîte d'une camionnette tient une mitrailleuse.

Un combattant taliban lourdement armé monte la garde devant l'une des entrées du palais présidentiel, à Kaboul.

Photo : AP / Zabi Karimi

Des alliés de Washington mécontents

La chute de Kaboul suscite des critiques à l’encontre des États-Unis à Londres et à Berlin, fait rare entre alliés au sein de l’OTAN.

C’est un échec de la communauté internationale qui n'a pas compris qu'on ne règle pas les choses du jour au lendemain, a déclaré le ministre britannique de la Défense, Ben Wallace.

Pour tous ceux qui ont tenté d'œuvrer au progrès et à la liberté dans ce pays surtout les femmes, ce sont des événements amers, a indiqué la chancelière allemande Angela Merkel.

Ce conflit n’est pas dans l’intérêt des États-Unis, fait valoir Biden

Faisant l'objet de vives critiques de certains de ses alliés, Joe Biden a défendu sa décision de retirer ses troupes de l'Afghanistan lors d'une allocution télévisée lundi.

Nous sommes allés il y a 20 ans en Afghanistan avec des buts précis, soit d’attraper ceux qui nous ont attaqués le 11 septembre 2001 et pour que ce pays ne soit plus une base terroriste, a-t-il insisté.

« Notre mission n’était pas de créer une démocratie unifiée, notre but était de prévenir des attaques terroristes en sol américain. »

— Une citation de  Joe Biden, président des États-Unis

Mais les scènes de gens agrippés à un avion américain à Kaboul sont un sérieux coup pour l’image des États-Unis, qui déplorent 2500 personnes mortes, ainsi qu'une facture de plus de 2000 milliards de dollars au cours des deux dernières décennies en Afghanistan.

Je ne veux pas et je ne vais pas transmettre cette guerre à un cinquième [président], avait auparavant expliqué le président Biden.

Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a appelé lundi la communauté internationale à s'unir pour supprimer la menace terroriste en Afghanistan, après la prise de Kaboul par les talibans.

La communauté internationale doit s'unir pour s'assurer que l'Afghanistan ne soit jamais à nouveau utilisé comme une plateforme ou un refuge pour des organisations terroristes, a déclaré M. Guterres, lors d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité.

À Kaboul, comme dans les régions avoisinantes, des dizaines de milliers de personnes qui s’y étaient réfugiées dans les dernières semaines pour fuir les violences ne savent pas ce qui les attend.

Je crains qu'il n'y ait beaucoup de combats ici, a confié un médecin sous le sceau de l’anonymat.

Lorsqu'ils dirigeaient ce pays, entre 1996 et 2001, les talibans avaient imposé leur version très rigoriste de la loi islamique.

Dans les zones nouvellement conquises, ils ont déjà été accusés de nombreuses atrocités : meurtres de civils, décapitations, enlèvements d'adolescentes pour les marier de force, entre autres.

Avec les informations de Agence France-Presse, Reuters, et CBC

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