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La folle semaine et la victoire inespérée des BlackJacks de Charles Dubé-Brais

Charles Dubé-Brais, en complet, en train de diriger une partie de basketball.

Charles Dubé-Brais en est à sa première saison avec les BlackJacks.

Photo : BlackJacks d'Ottawa

L’entraîneur-chef des BlackJacks d’Ottawa, Charles Dubé-Brais, n’est pas un homme particulièrement nerveux. Il a baigné dans le monde du basketball la grande majorité de sa vie. Des situations inusitées, il estime en avoir vues beaucoup, mais il n’est pas près d’oublier sa dernière semaine haute en émotions.

Mercredi matin, le 11 août, il est sur le parquet de basketball en train de préparer ses hommes à affronter les Honey Badgers de Hamilton pour l’obtention d’un laissez-passer pour le tournoi éliminatoire de la Ligue canadienne élite de basketball (CEBL) dès le 20 août à Edmonton.

Les BlackJacks de Charles Dubé-Brais ont terminé leur saison quelques jours plus tôt en sixième position de cette ligue à sept équipes. Ils n’ont gagné aucun match sur la route. L’entraîneur-chef sait pertinemment que de l’emporter à Hamilton ne sera pas une tâche facile.

Mais il y croit. Mercredi, il poursuit la préparation avec ses joueurs quand il apprend une nouvelle qui le jettera par terre quelques secondes : deux joueurs des River Lions de Niagara, les derniers adversaires des BlackJacks, ont contracté le coronavirus. La conséquence : les sept joueurs ottaviens qui n’ont pas reçu leurs deux doses d’un vaccin contre la COVID-19 doivent s’isoler une semaine. Ils ne pourront jouer à Hamilton.

Rapidement, tu dois mettre les choses en perspective. Ton match n’est pas annulé et l’occasion de se rendre en demi-finale est encore là. Ce sera seulement plus complexe, répond Charles Dubé-Brais sur son état d’esprit au moment où il a appris la nouvelle.

Malgré tout, les BlackJacks ont réussi l’impossible. Envers et contre tous, ils ont quitté Hamilton avec une victoire de 96 à 94 avec quatre joueurs réguliers.

Kadre Gray en train de célébrer la réussite d'un panier.

Dans la victoire des siens, Kadre Gray a inscrit 33 points en plus de saisir 9 rebonds.

Photo : gracieuseté/CEBL

Comment les BlackJacks y sont parvenus?

Nul besoin de spécifier que les 72 heures qui ont précédé le match ont été complètement folles pour Charles Dubé-Brais et son directeur général, Jevohn Shepherd.

La date limite des transactions était passée, alors on a obtenu une permission spéciale du commissaire [de la CEBL, Mike Morreale] pour faire certaines acquisitions et se présenter à Hamilton avec une équipe de 10 joueurs.

Les remplaçants ont pu s’entraîner une fois avec leurs coéquipiers, le temps de créer une équipe en 24 heures. Parmi les basketteurs qui ont accepté de rejoindre la formation à pied levé, il y a Guillaume Pépin, un porte-couleurs des Gee-Gees de l’Université d’Ottawa. Il avait participé au camp d’entraînement de l’équipe, mais ses services n’avaient en bout de ligne pas été retenus.

Des fois, ça prend des circonstances assez exceptionnelles pour faire ses débuts professionnels. Ç’a été le cas pour Guillaume. Sans sa performance, on ne serait pas reparti de Hamilton avec la victoire, a louangé l’entraîneur-chef.

L’importance de la vaccination

Selon Charles Dubé-Brais, cette situation est une leçon pour tout le monde et un rappel qu’un retour à la vie normale passe par la vaccination.

Si on ne veut pas se priver de restaurants, de cinémas, de spectacles et de sports professionnels pour les prochaines années. Il n’y a pas de solution outre que la vaccination qui a été proposée jusqu’à maintenant.

L’entraîneur-chef préfère focaliser ses énergies à préparer ses ouailles en vue du tournoi éliminatoire, mais il n’est pas impossible qu’il ait une conversation avec ses hommes sur l’importance de la vaccination une fois que tout sera terminé.

Les joueurs devront être honnêtes envers eux-mêmes et se dire qu’ils ont le droit de faire des choix et qu’on ne peut être forcés de se faire vacciner, mais il faut savoir qu’il y a des conséquences à nos choix.

Charles Dubé-Brais, portant le masque, sur le parquet de basketball.

Charles Dubé-Brais rappelle que toute la saison de la CEBL s'est déroulée sans autre mésaventure liée à la COVID-19 (archives).

Photo : Radio-Canada

En attendant cette possible discussion franche, la prochaine semaine s’annonce tout aussi trépidante pour les têtes dirigeantes des BlackJacks. Il est établi que l’équipe croisera le fer en demi-finale avec la meilleure équipe de la saison, les Stingers d’Edmonton, vendredi sur leur propre terrain.

Le grand départ vers l’Alberta devait se faire en début de semaine, mais tout indique qu’il se fera jeudi, le temps que ses sept joueurs, tous négatifs à la COVID-19, terminent leur période d’isolement. Cela reste à confirmer, mais le chef d’orchestre ottavien croit être en mesure d’inviter quelques remplaçants à accompagner l’équipe dans la capitale albertaine où ils tenteront de recréer un miracle.

Les Stingers ont une seule défaite cette saison [en 14 matchs] et c’était contre nous, alors pourquoi on ne le ferait pas encore une fois? On a l’occasion d’écrire l’histoire et de faire quelque chose de spécial à Ottawa.

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