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La bataille albertaine et l’ombre de Jason Kenney

Bastion conservateur par excellence, l’Alberta pourrait être le théâtre de courses disputées plus chaudement, surtout en milieu urbain, comme à Edmonton et à Calgary.

Photo aérienne de la rivière Saskatchewan nord et du pont Walterdale avec en arrière-plan le centre-ville d'Edmonton par une journée ensoleillée de juin.

Le pont Walterdale et le centre-ville d'Edmonton

Photo : Radio-Canada / David Bajer

Disparus de la carte électorale aux dernières élections, les libéraux ont bien l’intention de reprendre le terrain perdu et comptent notamment y arriver en misant sur l’impopularité du gouvernement de Jason Kenney.

Si d’un point de vue extérieur l’électorat albertain peut sembler homogène, il existe pourtant une portion importante d’électeurs progressistes dans les grandes villes, rappelle le professeur de science politique du Campus Saint-Jean de l’Université de l’Alberta Frédéric Boily.

Les populations urbaines [sont] plus proches souvent de la fonction publique. C'est là qu'on trouve les grandes universités; ça fait une composition sociale qui est différente de celle qu’on trouve dans les régions rurales, souligne-t-il.

Et ce sont précisément ces électeurs que les libéraux veulent convaincre. Élu en 2015, puis défait en 2019 par un conservateur, Randy Boissonnault sait par où passe le chemin pour reprendre le siège d’Edmonton-Centre.

Si on regarde le fondement du comté, c’est 60 % progressiste et donc ma tâche est d’aller chercher tous les progressistes et de les unir, soutient-il en entrevue dans son bureau de campagne.

Le candidat libéral Randy Boissonnault fait campagne pour reprendre le siège d'Edmonton-Centre, qu'il a occupé de 2015 à 2019.

Le candidat libéral Randy Boissonnault fait campagne pour reprendre le siège d'Edmonton-Centre, qu'il a occupé de 2015 à 2019.

Photo : Radio-Canada / Mathieu Gohier

Le contexte politique provincial pourrait aussi l’aider à retrouver son siège. C’est que le gouvernement conservateur de Jason Kenney bat des records d’impopularité en raison de sa gestion critiquée de la pandémie.

Une insatisfaction des Albertains qui semble déteindre sur les conservateurs fédéraux et créer une brèche pour les autres partis.

« Il est probable que Jason Kenney sera la cible de Justin Trudeau, qui dira : regardez cette gestion catastrophique de la pandémie, c’est ce que vous ne voulez pas voir sur la scène fédérale avec un conservateur comme Erin O’Toole. »

— Une citation de  Frédéric Boily, professeur de science politique, Université de l'Alberta

Randy Boissonnault fait du porte-à-porte depuis des semaines déjà au centre-ville d’Edmonton. Il dit entendre parler constamment du premier ministre albertain chez les électeurs.

Nous sommes en train de sortir de la pandémie, nous voulons avoir des gouvernements qui ont du leadership et c’est ça qui est manquant maintenant [en Alberta]. C’est pourquoi je ressens tellement d’appui aux portes, raconte le candidat libéral.

Le NPD veut brouiller les cartes

Les libéraux ne sont pas les seuls à vouloir faire le plein de votes chez les progressistes et les insatisfaits du gouvernement Kenney. Le Nouveau Parti démocratique (NPD) souhaite lui aussi canaliser cette grogne et élargir ses appuis.

Unique députée albertaine élue sous la bannière néo-démocrate en 2019 dans la circonscription très urbaine d’Edmonton-Strathcona, Heather McPherson constate également que les appuis conservateurs se sont effrités dans les grands centres, même si le parti d’Erin O’Toole est en tête dans les intentions de vote à l’échelle de la province.

Jason Kenney n’aide pas le Parti conservateur, on voit ses appuis au plus bas dans les sondages. [...] J’entends dire sans arrêt à quel point les gens sont déçus des actions du gouvernement Kenney, comme la levée des restrictions contre la COVID, ses attaques contre le système de santé, soutient-elle en entrevue.

Seule députée néo-démocrate élue en Alberta en 2019, Heather McPherson croit que le NPD peut faire des gains dans la province.

Seule députée néo-démocrate élue en Alberta en 2019, Heather McPherson croit que le NPD peut faire des gains dans la province.

Photo : Radio-Canada

Sur la scène provinciale, le NPD mené par Rachel Notley domine dans la région d’Edmonton. Un facteur qui joue en faveur des cousins fédéraux, croit Heather McPherson.

Je pense que ça se traduit en appuis pour le NPD fédéral, parce que les NPD provincial et fédéral ont beaucoup de choses en commun.

En 2019, les conservateurs ont raflé 33 des 34 sièges en Alberta. Si leurs appuis demeurent toujours aussi solides en milieu rural, un tel balayage pourrait être plus difficile à répéter le 20 septembre prochain.

Nos demandes d’entrevue auprès de candidats conservateurs ont quant à elles été refusées.

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