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Des élections « précipitées », estime le chef du Bloc québécois

Yves-François Blanchet parle et gesticule dehors devant un édifice.

Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, a lancé sa campagne à Montréal.

Photo : Radio-Canada / Jean-Claude Taliana

« Le premier ministre veut une élection, mais il ne veut pas de campagne », a lancé le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, en réagissant au déclenchement, dimanche, d'une campagne électorale qui conduira les électeurs aux urnes le 20 septembre prochain.

Le leader bloquiste considère que le déclenchement d’une campagne électorale en plein été et en pleine pandémie relève de l’irresponsabilité. Il explique cette décision par l’appât du gain du chef libéral.

M. Blanchet a souligné que, plutôt que de paralyser les travaux parlementaires, les partis d'opposition, le Bloc québécois en particulier, ont contribué par leurs questions et propositions à la gestion de la crise causée par la pandémie de COVID-19. Il a dit croire que l'ambition personnelle de Justin Trudeau et la recherche d'une majorité parlementaire l'avaient finalement emporté.

La législature aurait dû durer quatre ans. C’est l’esprit de la loi sur les élections à date fixe dont on commence à se demander si elle a un sens, a-t-il déclaré, espérant néanmoins que l'exercice démocratique sera quand même festif.

Cette allergie à la démocratie finira par jouer contre lui.

Une citation de :Yves-François Blanchet, chef du Bloc québécois, à propos de Justin Trudeau

Yves-François Blanchet trouve assez intrigante la récente volte-face du chef libéral. Jusqu’à tout récemment, le premier ministre du Canada jurait que non, tout ce qu’il faisait n’était pas dans une perspective électorale, que non, il n’avait pour objectif que de protéger la santé des Canadiens. Il aurait réalisé soudainement au mois d’août, deux mois après la fin de la dernière session, que le Parlement était devenu […] dysfonctionnel. Voilà qui est fort étrange et fort douteux, a-t-il affirmé.

M. Blanchet souligne l’envie des libéraux de faire de la vaccination obligatoire le thème de la présente campagne électorale. Selon lui, le Parti libéral justifie sa décision de vacciner tous les employés de l’État en raison des risques pour la santé publique. Or, le chef bloquiste s’explique mal pourquoi il n’est pas dangereux dans ce cas de sillonner le pays en campagne.

Si l’enjeu est important et si la menace est importante au point d’imposer la vaccination obligatoire, mais Dieu du ciel, n’est-ce pas trop dangereux d'aller en campagne électorale? N’est-ce pas une contradiction complète du PLC? a-t-il ironisé.

Le Bloc n’exclut pas, au cours de la campagne, de demander des comptes à ceux qui se sont permis au cours des deux dernières années de se faire un fonds de commerce de l’habitude de traiter le Québec et les Québécois de racistes. Faudra y revenir. Ce n’est pas vrai qu’on va oublier ça demain matin parce qu’on va entrer dans une période de mamours, assure-t-il.

Pour en savoir plus

Parler d'avenir

M. Blanchet craint que l’attention de la campagne soit davantage rivée sur la gestion quotidienne de la pandémie que portée sur les visions d’avenir.

Ce n’est pas une élection sur la sortie de pandémie. C’est une élection sur un premier ministre qui refuse le mandat des électeurs confié en 2019. Parce que ce mandat exigeait de lui, comme il a été obligé de le faire et comme les partis d’opposition ont été obligés de le faire, de négocier, de s'entendre, d’améliorer les projets de loi, autrement que par sa seule volonté personnelle, estime-t-il.

Les Québécois ont laissé comprendre assez clairement qu’ils ne veulent pas d’une majorité libérale à la Chambre des communes.

Une citation de :Yves-François Blanchet, chef du Bloc québécois

Il y a même un risque pour les gains que le Québec a faits au cours des deux dernières années, lance-t-il, faisant référence au projet de loi sur la radiodiffusion, à la gestion de l’offre, à la nécessaire transition énergétique, à la protection de la langue française et aux transferts en santé.

L'autobus de campagne est bleu poudre avec le visage du chef dessiné sur le flanc arrière du véhicule.

L'autobus de campagne du Bloc québécois.

Photo : Radio-Canada / Jean-Claude Taliana

J'aurais aimé que la campagne ne porte pas sur la pandémie en cours, a admis M. Blanchet. Il a confié qu'il aurait aimé discuter notamment des conditions de vie des aînés, de la prévention d'autres pandémies, de la relance de la recherche pharmaceutique, de la protection du modèle agricole québécois, de la réduction de la production pétrolière au Canada et du réchauffement climatique.

Cependant, il s'engage à aborder le thème de la transition énergétique. J’ai aussi le désir qu’on ait la vraie discussion sur un modèle économique d’avenir qui nous permette de sortir de l’économie du pétrole, qui nous permette d’arrêter d’engouffrer des milliards et des milliards de dollars – plus de six milliards de dollars par année au cours des quatre dernières années – dans le pétrole de l’Ouest canadien pour aller davantage vers les énergies propres, a-t-il soutenu.

Le chef a rappelé qu’une campagne du Bloc portera toujours, par l'intermédiaire des autres enjeux, sur l’émergence d’un nationalisme économique purement québécois.

Ce sera toujours une campagne pour le français. Ce sera toujours une campagne pour assumer, dans tous les sens du terme, l’égalité des sexes. Ce sera toujours une campagne pour la véritable liberté d’expression. Ce sera toujours une campagne ultimement pour la liberté, a-t-il promis.

Le chef bloquiste promet de se faire entendre durant la campagne et estime que son parti pourra contribuer à maintenir le rapport de force du Québec à Ottawa. Ça se pourrait que ce soit le Bloc qui fasse des gains, a soutenu M. Blanchet.

Consultez notre dossier sur les élections fédérales 2021.

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