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Un « joyau naturel » en voie d'être protégé dans Lotbinière

Vue aérienne d'une vaste forêt où serpentent différents cours d'eau.

Un projet de corridor de biodiversité semble en voie de se concrétiser pour partager la vallée de la rivière du Chêne, dans Lotbinière.

Photo : Gracieuseté/Canards Illimités Canada

Au coeur de Lotbinière, à l’extrémité nord-ouest de Chaudière-Appalaches, se dressent des pruches centenaires, préservées de toute activité industrielle, mais toujours vulnérables à l’exploitation forestière. Citoyens et autorités locales se mobilisent pour protéger la forêt de la seigneurie de Lotbinière, « joyau naturel » de la région.

À l’ombre des feuillus et des conifères serpente la rivière du Chêne, habitat de la tortue des bois et du poisson fouille-roche gris, deux espèces menacées au Canada.

Orignaux, chevreuils, ours et lynx du Canada se côtoient dans la forêt de 162 km2, où on peut entendre le chant d’au moins 142 espèces d’oiseaux. Des excursions dans le boisé ont même mis en lumière deux champignons jusqu’ici inconnus au Québec. 

À nos yeux, c’est un joyau qu’il faut préserver, indique Normand Côté, le préfet de la MRC de Lotbinière.

Il n’est pas le seul à penser ainsi. Selon le Conseil régional de l'environnement de Chaudière-Appalaches, la forêt seigneuriale de Lotbinière constitue l'endroit ayant le plus haut potentiel écologique de la région.

Déjà, au tournant de l’année 2010, les Amis de la forêt de la seigneurie de Lotbinière planchaient sur un projet de protection d'une partie du territoire. Le ministère de l’Environnement avait alors rejeté l’initiative du revers de la main.

À l’époque, on avait procédé par la méthode du pinceau large, explique le président des Amis de la forêt de la seigneurie de Lotbinière, Jean-Pierre Ducruc. On avait proposé un 500 m de protection de part et d'autre de la rivière du Chêne.

La proposition heurtait alors de front l'exploitation forestière, qui avait pris son essor à partir des années 1970 dans la forêt seigneuriale.

Une rivière entourée d'une forêt luxuriante.

La rivière du Chêne traverse la forêt seigneuriale de Lotbinière et offre une eau saine à la faune du secteur.

Photo : Gracieuseté/Jean-Pierre Ducruc

Mercredi dernier, Jean-Pierre Ducruc, accompagné cette fois du préfet de Lotbinière, a présenté une nouvelle mouture du projet (Nouvelle fenêtre), plus modeste, au ministère. 

Une décennie plus tard, l’accueil est favorable. Cette fois semble la bonne pour la création d’une réserve de biodiversité dans la forêt de la seigneurie de Lotbinière.

On a senti beaucoup d'ouverture et d'écoute, se réjouit Normand Côté, préfet de Lotbinière, au sujet de cette rencontre.

Ça devrait avancer rapidement. On en a eu la promesse politique.

Une citation de :Jean-Pierre Ducruc, président des Amis de la forêt de la seigneurie de Lotbinière

La désignation d'une réserve de biodiversité empêcherait toute activité industrielle dans une zone totalisant 11 km2, la plus riche du point de vue écologique. 

La réserve épouserait les contours de la vallée de la rivière du Chêne. Les activités douces, comme la marche, y seraient admises. Toute exploitation forestière, acéricole et gazière y serait interdite.

Ce n’est pas une cloche de verre qu’on met là-dessus : les gens peuvent encore aller se balader. C’est juste de reconnaître cette beauté-là que nous avons. 

Une citation de :Normand Côté, préfet de la MRC de Lotbinière et maire de Saint-Flavien

La réserve de biodiversité s’ajouterait aux rares aires protégées de Chaudière-Appalaches, une région qui fait piètre figure en matière de protection de la nature au Québec (Nouvelle fenêtre).

Fin mars 2021, seulement 6 % de son territoire faisait l’objet d’une protection, soit 963 km2, selon le registre des aires protégées du Québec. Seuls Laval (0,82 %), la Montérégie (3,85 %), l'Estrie (3,5 %) et le Centre-du-Québec (2 %) protègent une moins grande partie de leur région.

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