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Chronique

Vincent Vallières à la plus simple expression

Un homme tient une guitare sur scène.

L'artiste québécois Vincent Vallières

Photo : Le Petit Russe

L’année 1996 est celle où un Vincent Vallières adolescent a commencé ce qui allait devenir une carrière. Par un curieux hasard, c’est cette année-là où j’ai vu l’un des spectacles qui m’a fait le plus penser à celui qu’il a présenté, samedi soir, au centre communautaire de Blainville.

Vous avez bien lu : centre communautaire. S’il est une chose que la pandémie nous aura apprise en 18 mois, c’est que tout lieu qui sert à diffuser de la culture en général et de la musique en particulier est le bienvenu, même s’il n’a pas le faste de la Place des Arts, à Montréal, ou du Capitole, à Québec.

Si la décision d’aller voir Vallières en concert intime à cet endroit est uniquement lié à des raisons logistiques et géographiques – c’est à dix minutes de chez moi –, le lieu ne pouvait être plus judicieusement choisi.

Une scène haute de trois marches, une cinquantaine de personnes présentes, des tables et chaises distancées sur un parterre nu… Rien de moins qu’une scénographie réduite à la plus simple expression. Tout comme l’instrumentation de Vallières, finalement, avec ses deux six cordes acoustiques, sa guitare électrique au son mordant, son harmonica et un clavier.

Bruce, Richard, Vincent

Une fois les lumières éteintes, j’avais pratiquement l’impression d’être en 1996, dans la salle Wilfrid-Pelletier avec Bruce Springsteen, lors de la tournée The Ghost of Tom Joad. Ou avec Richard Séguin dans le Monument-National en 2001. Notez bien, je ne compare pas Vallières au Boss ou au roi Richard pour l’œuvre ou la stature. Mais l’intention, elle, est la même : incruster des chansons personnelles à la portée universelle dans nos âmes et nos cœurs.

Il en va de même pour tous les auteurs-compositeurs et interprètes, en définitive, et à 43 ans, Vallières est devenu l’un des meilleurs qui soit, au point qu’il peut, plus que jamais, se mettre en scène dans ses chansons.

Il s’interpelle d’entrée de jeu avec Heille Vallières, premier titre de son plus récent disque paru cette année, Toute beauté n’est pas perdue. Il nous défile ensuite sa jeunesse et son adolescence avec La somme. Le primaire, le mur de Berlin, la mort de son oncle, la première blonde et la première guitare ainsi que le référendum de 1995. Un condensé en accéléré des années 1980 aux années 1990 dans lequel son public – plutôt âgé, samedi – peut se reconnaître.

Le raconteur

S’il est une chose qui a changé entre le Vallières de… disons, Chacun dans son espace (2003) et celui d’aujourd’hui, c’est sa capacité d’aussi bien raconter des histoires que de les interpréter.

L’anecdote relative à son hésitation entre l’enseignement et la vie d’artiste qui a précédé Le repère tranquille, la mise en contexte de qualité de vie et de vin pour Tom, et le moment où il a expliqué comment Séguin lui a donné sa guitare, avant une fabuleuse version de Le Jardin se meurt, sont autant de moments forts.

Désormais, il a l’œil du tigre, le Vincent. Ou devrais-je dire The Eye of the Tiger, autre référence récurrente dans son spectacle, cette fois à Rocky, le troisième film du nom ainsi qu’à la chanson thème de Survivor.

Vallières, joliment fringué, nous a aussi proposé dans ce concert intimiste plusieurs chansons en mode piano-voix. Pas courant pour nous, ni pour le principal intéressé qui a précisé qu’il n’avait pas la même aisance avec cet instrument qu’Alexandra Stréliski.

Impeccable équilibre

N’empêche, il s’en tire fort bien et l’alternance entre la guitare et les claviers mène au même genre d’équilibre que l’on retrouve entre l’interprétation de chansons d’espoir (En attendant le soleil, On va s’aimer encore) et de titres engagés (L’amour c’est pas pour les peureux, Asbestos).

Cela dit, c’est quand il décrit l’environnement immédiat, actuel, l’état des lieux, le sien, ou celui des autres, que Vallières fait mouche plus que jamais. Que l’on pense à la chanson À hauteur d’homme, de l’album Le temps des vivants (2017) et aux toutes nouvelles Elle n’entend plus battre son cœur et Homme de rien. Coups de cœur sur disque, coups de cœurs sur scène, même dans un contexte minimaliste.

Vallières poursuit dans les prochains mois cette tournée qui le mènera à cinquième salle de la Place des Arts, le 9 décembre. Pas de doute, j’y serai encore, même si cette fois, ça me prendra plus de dix minutes pour m’y rendre…

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