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La sécheresse qui sévit dans les Prairies pourrait être la pire qu’ait connue le pays

Des ballots de foin dans un champ de la Saskatchewan lors de la sécheresse de 2021.

Il s'agit de la deuxième sécheresse d'importance en Saskatchewan depuis le début du siècle. La première ayant sévi en 2001 et 2002.

Photo : CBC / Richard Agecoutay

Radio-Canada

La sécheresse que connaissent les provinces des Prairies pourrait être la pire que le Canada ait connue, selon John Pomeroy, chercheur à la chaire canadienne de recherche sur l’eau et les changements climatiques de l’Université de la Saskatchewan. Une situation qui ne facilite pas le travail des agriculteurs.

Il est encore tôt pour affirmer qu’il s’agit de la pire sécheresse de l’histoire canadienne, mais toutes les données pointent pour le moment dans cette direction, explique M. Pomeroy. Il souligne d’ailleurs que les conditions actuelles sont encore pires que la sécheresse de 1961.

Le chercheur rappelle qu’il y avait également eu un autre épisode de sécheresse ayant duré une décennie dans les années 1930. Or, à cette époque, le nord de l’Alberta et de la Saskatchewan avait été épargné.

Ce n’est pas le cas cette année, explique-t-il.

Les températures de juillet dernier ont été de trois à quatre degrés au-dessus de la moyenne tandis que les niveaux de précipitation ont quant à eux été parmi les plus bas enregistrés jusqu’à maintenant.

Lorsque vous combinez ces deux éléments, la chaleur et les faibles précipitations records, ça commence à ressembler à la pire sécheresse qu’aient subie les provinces des Prairies, souligne John Pomeroy.

Des conditions qui pourraient avoir de graves conséquences en ce qui a trait à la sécurité alimentaire, ajoute-t-il.

L’une des pires récoltes pour certains agriculteurs

Derek Tallon, un fermier du sud de la Saskatchewan, est bien au fait des conséquences que la sécheresse a sur son travail. Il moissonne présentement l’une des pires récoltes de lentilles de sa carrière.

Le fermier saskatchewanais Derek Tallon dans son champ, près du village de Laflèche, en Saskatchewan.

Le fermier saskatchewanais Derek Tallon se dit déçu de la récolte de cette année, mais il admet qu'une telle sécheresse fait partie des risques du métier.

Photo : CBC / Richard Agecoutay

Depuis le début de l’année, sa ferme n’a reçu que 50 mm de pluie. Une importante diminution si l’on compare aux 190 mm habituels.

Pour ne pas faciliter les choses, les conditions météorologiques ont favorisé l’invasion des sauterelles.

Il n’y a qu’une poignée de lentilles, se désole-t-il. Les sauterelles ont détruit une bonne partie de ce qu'il y avait dans les champs. On ne produira presque rien cette année.

L’agriculteur de 40 ans cultive environ 16 000 acres près du village de Laflèche, à environ 200 km au sud-ouest de Regina.

Habituellement, il parvient à produire 27 boisseaux par acre. Cette année, il n'en produit que cinq.

On a probablement le quart d’une récolte normale. Dans certaines régions, ça peut être encore pire.

Une citation de :Derek Tallon, agriculteur

De son côté, Barry Reisner, un autre fermier de la Saskatchewan, tente de rester positif malgré les difficultés.

Nous, les agriculteurs, nous sommes des personnes résilientes, soutient-il. Nous avons eu plusieurs bonnes récoltes au cours des dix dernières années. C’est normal qu’elles ne puissent pas toutes être bonnes.

Malgré son optimisme, M. Reisner s’inquiète pour les producteurs ayant signé il y a quelques mois des contrats garantissant des livraisons. Ils risquent maintenant de faire face à des pénalités financières.

Les agriculteurs ayant signé ces contrats n’ont pas de céréales à livrer, explique-t-il. Ils ont pris des engagements qu’ils ne sont pas en mesure de remplir.

Les producteurs espèrent maintenant pouvoir tirer profit des prix élevés, conséquence de la faible quantité de grains sur le marché.

Avec les informations de Bonnie Allen

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