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Des Mi'kmaq tissent les voies de la réconciliation dans un café de Charlottetown

Keptin James Bernard, un membre de la Première nation de l’île Lennox, présente dans sa main un panier qu'il a fabriqué.

Keptin James Bernard de l’île Lennox souhaite transmettre son savoir sur des paniers en frêne traditionnels, un art perdu selon lui.

Photo :  CBC / Danny Arsenault

Radio-Canada

Ce mois-ci, les visiteurs et les résidents de l’Île-du-Prince-Édouard ont l’occasion d’assister au tissage traditionnel de paniers mi'kmaw au Receiver Coffee, à Charlottetown. Les membres impliqués dans ce projet, intitulé Weaving Pathways to Reconciliation, souhaitent partager leur héritage culturel et historique, une façon d’amener les gens à « réfléchir à ce que signifie la réconciliation ».

Receiver Coffee, en partenariat avec l'initiative de défense des droits des Mi'kmaq de l'Île-du-Prince-Édouard, L'nuey, organise des démonstrations tous les samedis du mois d'août, dans son café de la rue Water, de 11 heures à 13 heures. Elles prennent place à l'extérieur de la terrasse, sur la pelouse.

Ce serait une grande, grande chose que de faire connaître une partie de notre culture et de notre histoire.

Une citation de :Keptin James Bernard, membre de la Première nation de l’île Lennox
Keptin James Bernard et John Sanipass font une première démonstration de la manière dont ils tissent des paniers, et ce, à l'extérieur du café Receiver Coffee.

L'aîné Joe John Sanipass de la Première nation Elsipogtog, au Nouveau-Brunswick, est aussi présent aux événements comme le démontre cette image de la première démonstration au Receiver Coffee.

Photo : Julie Pellissier-Lush

Les gens auront la chance de voir un panier en train d'être assemblé et d'apprendre l'histoire de la vannerie mi'kmaw.

De père en fils

Keptin James Bernard a appris à faire des paniers dès son enfance grâce à son père.

Il l’aidait à marteler les morceaux de bois de frêne qui sont utilisés pour fabriquer les paniers.

À l'époque, le frêne était un matériau très, très important. Et vous ne vouliez pas qu'un enfant essaie de fendre les éclisses en deux... parce qu'il en aurait probablement abîmé quelques-unes. Les adultes s'en occupaient donc généralement, a-t-il expliqué.

Un tisseur a dans la main des éclisses qu'il utilise pour fabriquer un panier.

Les éclisses sont les fines pièces de bois qui sont tissées ensemble pour créer le panier.

Photo :  CBC / Danny Arsenault

Keptin James Bernard s'est désintéressé de la vannerie en vieillissant, et n'y est revenu que plus tard dans sa vie. J'arrivais à l'âge d'or, j'ai décidé que j'avais besoin de quelque chose de plus relaxant, a-t-il affirmé.

Pour moi, la vannerie est maintenant devenue une thérapie. Parce que vous ne pouvez penser à rien d'autre lorsque vous faites un panier. Sinon, le panier deviendrait plutôt méchant.

Une citation de :Keptin James Bernard, membre de la Première nation de l’île Lennox

Pour lui, il est aussi important de partager cette partie de son histoire.

J'adore faire [les démonstrations publiques]. Parce que peu de gens connaissent l'histoire derrière le panier. Et l'importance du panier, a-t-il déclaré.

Plus qu’un art

Les paniers étaient un moyen de survie pour les Mi'kmaq dans la première partie du 20 e siècle. Ils les échangeaient avec les colons contre des biens et des services.

Keptin James Bernard pointe une photo en noir et blanc de son oncle, debout devant une petite remise, avec une pile de paniers complexes au premier plan.

Dans le cadre de sa présentation, Keptin James Bernard montre aux gens une photo en noir et blanc de son oncle, debout devant une petite remise, avec une pile de paniers complexes.

Photo :  CBC / Danny Arsenault

Beaucoup de gens trouvaient un lot de bois dans la forêt, que ce soit de l'érable, du frêne blanc ou du frêne noir, puis ils montaient une tente. C'est ainsi qu'ils vivaient, juste là, où ils fabriquaient tous leurs paniers destinés à être vendus, explique-t-il.

Il soutient qu’à l'époque, les Mi'kmaq étaient payés 25 cents par panier. Ce qui leur donnait 25 dollars pour vivre, puisque les paniers étaient fabriqués et vendus par lot de cent.

Un moyen de survie qui a perduré.

Le panier a aidé les Mi'kmaq à survivre à toutes les périodes difficiles que nous avons connues dans les années 50, 60 et 70, et probablement jusque dans les années folles.

Une citation de :Keptin James Bernard, membre de la Première nation de l’île Lennox

Selon lui, la vannerie revient en force à l'Île-du-Prince-Édouard, avec de plus en plus de jeunes qui apprennent le métier.

Un pas vers la réconciliation

Pour Receiver Coffee, les démonstrations sont l'occasion de faire quelque chose d'interactif et d'orienté vers la communauté, a déclaré Colleen MacKay, l'une des propriétaires, dans un courriel.

Le drapeau mi'kmaq blanc et rouge flotte dans un ciel sans nuage.

Colleen MacKay a affirmé que l'objectif était de créer une occasion de s'engager dans les arts et dans la culture des Mi'kmaq de l'Île-du-Prince-Édouard, et d'amener la communauté à réfléchir à ce que signifie la réconciliation.

Photo : CBC / John Robertson

Les personnes qui s'arrêteront au café seront invitées à participer à la décoration des paniers en écrivant des messages d'espoir pour la réconciliation avec les Premières Nations sur de petits blocs de bois.

Une citation de :Colleen MacKay, copropriétaire du Receiver Coffee

Selon elle, l'un des objectifs de ces événements est de démontrer que chacun a un rôle à jouer dans la réconciliation. Même si ce rôle est aussi simple que de se présenter, de s'engager, d'apprendre et de faire savoir que l'on ne soutient pas le statu quo, a-t-elle déclaré.

Elle soutient d’ailleurs que le premier événement de la fin de semaine dernière s'est bien déroulé.

Les clients étaient curieux, beaucoup se sont assis et ont regardé le tissage, et certains sont venus poser des questions aux aînés sur le processus de tissage et son importance pour la culture mi'kmaw, a-t-elle expliqué.

Le café a reçu du financement pour les événements de Discover Charlottetown, et a contacté l'organisation L'nuey pour collaborer.

D’après un texte de Isabelle Gallant de CBC

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