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Quels sont les enjeux électoraux à surveiller dans le Nord de l'Ontario?

Des électeurs font la file pour voter.

Les Canadiens auront rendez-vous aux urnes le 20 septembre. (Archives)

Photo : Radio-Canada / Michael Wilson

Services en français, relance économique, réconciliation et changements climatiques : au lendemain du déclenchement des élections fédérales, plusieurs enjeux sont à surveiller dans le Nord de l’Ontario.

Justin Trudeau est premier ministre depuis près de six ans. Or, les Canadiens font face à une élection dont le contexte est inusité en raison de la pandémie, souligne David Tabachnick, politologue à l’Université de Nipissing.

Même si les Nord-Ontariens semblent plutôt satisfaits de la réponse du gouvernement à la pandémie, notamment raison du haut taux de vaccination dans la région, les questions normales que nous devrions examiner comme les questions économiques, d'emploi et de politique étrangère, sont plutôt effacées, explique-t-il d'emblée.

Malgré ce contexte, la politologue Stéphanie Chouinard note qu’une fracture s’opère dans le Nord de l’Ontario. Selon elle, les libéraux devront faire face à une montée des néo-démocrates qui seront à la conquête de leurs anciens bastions.

Les néo-démocrates ont fait beaucoup de millage pour faire savoir aux Canadiens que sans leur présence, la Prestation canadienne d'urgence aurait été de moitié de ce qu’elle a été. Ce type de message a résonné auprès d’un électorat syndical, explique-t-elle.

Une circonscription est particulièrement scrutée dans le Nord : celle de Sudbury. Alors que le député libéral Paul Lefebvre ne se représente pas, le NPD, porté par Nadia Verrelli, pourrait avoir ses chances, notent les deux politologues.

Relance économique

À l’aube d’une possible quatrième vague de COVID-19, l’un des enjeux majeurs de la prochaine élection sera celui de la relance économique.

Quelles visions d’un monde post-pandémique, au Canada et dans le Nord de l’Ontario, seront capables d’offrir les partis? C’est la grande question, soutient le professeur David Tabachnick.

Les entrepreneurs de Sudbury espèrent surtout que le futur gouvernement fédéral continuera à les écouter et les épauler grâce à du soutien financier, affirme Neil Milner, président du conseil d'administration de la Chambre de commerce du Grand Sudbury.

La moitié des entrepreneurs de la région anticipe des conséquences financières à long terme en raison de la pandémie, d’après un sondage (en anglais) (Nouvelle fenêtre) conduit en mai et publié début août par la Planification en main-d'œuvre de Sudbury et Manitoulin.

Mais selon la politologue Aurélie Lacassagne, la relance économique post-pandémie se jouera surtout grâce à l'immigration pour pallier la pénurie de main d'œuvre.

Étudier en français

Autre enjeu de taille pour les Franco-Ontariens : l’accès à l’enseignement postsecondaire dans le Nord alors que l’Université Laurentienne a sabré près de la moitié de ses programmes en français.

Quelques jours avant les élections, la ministre des Langues officielles, Mélanie Joly, a tendu la main à la province de l’Ontario en s’engageant à financer à 95 % de nouveaux projets d’éducation postsecondaire par et pour les francophones pendant leur première année.

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L'Université Laurentienne, à Sudbury

Photo : Radio-Canada / Yvon Theriault

Mais sur le champ des langues officielles, le NPD s’est aussi taillé une place et a fait beaucoup de travail pour mettre le sujet de l’Université Laurentienne à l’avant-scène, soutient Stéphanie Chouinard.

Selon elle, le NPD s’est saisi des enjeux francophones qui découlent des compressions à l’Université Laurentienne et de toute la perte pour la communauté du Grand Sudbury que ça représente.

Réconciliation avec les peuples autochtones

Les questions de réconciliation sont particulièrement importantes dans le Nord de l'Ontario en raison de la grande proportion de la population autochtone, souligne David Tabachnick de l’Université de Nipissing.

Pour sa part, le grand chef de la Nation Anishinabek, Reg Niganobe, souhaite simplement que le prochain gouvernement fédéral travaille en collaboration avec les peuples autochtones.

Nous voulons un gouvernement qui travaille avec nous, coopère et nous inclus, résume Reg Niganobe qui note que beaucoup de travail reste à faire, notamment sur la question de l’accès à l’eau potable.

Deux hommes de chaque côté d'une pancarte sur laquelle est écrit « S'il vous plaît, plus de promesses brisées, assez c'est assez. »

Les résidents de Neskantaga réclament des actions immédiates pour mettre fin à la crise de l'eau.

Photo : Avec la permission de Sol Mamakwa

Fin juillet, le gouvernement fédéral s’est engagé à verser près de 8 milliards $ pour mettre fin aux problèmes de la qualité de l'eau dans une trentaine de communautés autochtones. Mais cette annonce visait aussi à régler deux recours collectifs intentés par des Premières Nations.

Il faut toujours qu’on se batte pour nos droits, déplore le grand chef de la Nation Anishinabek.

Urgence climatique

Selon le politologue David Tabachnick, les partis qui se démarqueront seront ceux qui peuvent s’attaquer aux problèmes qui touchent directement le Nord tels que les changements climatiques.

Feux de forêts, sécheresse intense sur les terres agricoles ou inondations, l’urgence climatique est tangible pour les nord ontariens, conclut M. Tabachnick.

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