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Réduction des émissions de GES : la Colombie-Britannique est-elle sur la bonne voie?

Un immense nuage causé par la fumée des feux de forêt plombe des vallées dans la région de l'Intérieur, en Colombie-Britannique.

Un immense nuage causé par la fumée des feux de forêt plombe des vallées dans la région de l'Intérieur, en Colombie-Britannique.

Photo : La Presse canadienne / Darryl Dyck

Le nouveau rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) est sans appel: le réchauffement de la planète s'accélère et pour tenter d’endiguer la crise climatique, il faut réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES). La Colombie-Britannique est-elle dans la bonne direction? Voici quelques éléments de réponse.

Dans la province de l’Ouest canadien, les secteurs qui émettent le plus de GES selon le gouvernement fédéral sont les transports (37 %), le secteur pétrolier et gazier (22 %), suivis des industries lourdes (fonderie, cimenterie et produits chimiques (14 %).

La Colombie-Britannique est, avec l'Alberta, l'Ontario, le Québec et la Saskatchewan, parmi les provinces qui émettent le plus de GES au pays.

Ensemble, les cinq provinces ont rejeté 91 % des émissions nationales en 2019, selon des données d'Ottawa.

Nous ne sommes pas dans la bonne direction. Nous n’en avons pas fait assez pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et nous manquons manifestement d’interventions concrètes.

Une citation de :Bi Xiaotao, directeur du centre de recherche sur les énergies propres à l’Université de la Colombie-Britannique

Des émissions en hausse depuis plus de 30 ans

Selon les derniers chiffres publiés par la Colombie-Britannique, la province a émis en 2018 un total de 67,9 mégatonnes (Mt) d’équivalent en dioxyde de carbone (éq. CO2).

Cette année-là, le secteur industriel représentait à lui seul 18,4 mégatonnes (Mt) d’équivalent en dioxyde de carbone (éq. CO2).

En 2017, les émissions de GES du secteur pétrolier et gazier de la Colombie-Britannique ont totalisé 13,4 mégatonnes (Mt).

Des travailleurs sur le chantier de Trans Mountain à Burnaby.

Le terminal du projet de pipeline Trans Mountain se trouve à Burnaby, dans le Grand Vancouver.

Photo : Radio-Canada / Ben Nelms

Les chiffres augmentent d’année en année. D’après le gouvernement canadien, les émissions de la province ont connu une hausse de 20 % depuis 1990.

À l’échelle du pays, les émissions ont augmenté de 21,4 % entre 1990 et 2019 avec, pour cause, l'augmentation des émissions provenant du secteur des mines, de l'exploitation pétrolière et gazière ainsi que du secteur des transports.

De la parole aux actes

Pour faire baisser les émissions de gaz à effet de serre, le gouvernement de la Colombie-Britannique s’est doté, en 2018, du plan CleanBC.

Le gouvernement déclare que depuis, une quarantaine d’initiatives ont vu le jour et ont permis de réduire les émissions dans le secteur industriel et des transports, entre autres.

Une mise à jour au sujet des avancées faites avec le plan CleanBC doit être publiée cet automne.

Le ministère de l’Environnement, qui a d’ailleurs revu à la baisse, durant la pandémie, son objectif de réduction des GES pour 2030, reconnaît qu’il y a encore énormément de travail à faire.

Le dernier rapport publié par les Nations Unies nous montre à quel point l’urgence climatique est réelle. Avec le plan CleanBC, nous essayons d’aller dans la bonne direction. La réduction des GES va requérir les efforts de tout un chacun.

Une citation de :George Heyman, ministre de l’Environnement de la Colombie-Britannique

En 2019, la province espérait émettre en 2030 moins de 44,3 mégatonnes (Mt) d’équivalent en dioxyde de carbone (éq. CO2). La cible, revue en 2020, est désormais de 47.2 mégatonnes.

La poursuite de certains grands projets liés aux énergies fossiles dans l’ouest du pays, tels que le pipeline Trans Mountain et le gazoduc Coastal GasLink, n’aidera certainement pas la Colombie-Britannique à aller dans le bon sens, selon Bi Xiaotao.

Les bénéfices sont économiques. De nombreux pays d’Asie sont intéressés par notre pétrole et notre gaz naturel, mais on est loin des préoccupations environnementales, déclare l'expert.

Des manifestants bloquent des voies ferrées dans le nord de la C.-B.

En 2020, des arrestations d'opposants au gazoduc Coastal GasLink, dans le nord de la Colombie-Britannique, ont donné lieu à une série de manifestations partout au pays.

Photo : Fournie par Lillian Granley

Depuis 2010, la Régie de l’énergie du Canada (auparavant l’Office national de l’énergie) a d’ailleurs délivré 28 permis d’exportation de gaz naturel pour des projets dans la province.

Après la publication du rapport du GIEC cette semaine, des environnementalistes ont demandé à la province de cesser de subventionner les industries fossiles.

Celui-ci prévoit que le réchauffement de la Terre sera de 1,5 degré Celsius dès 2030 par rapport à l'ère préindustrielle.

Les phénomènes météorologiques extrêmes, qui se font déjà sentir dans la province cet été, seront plus fréquents.

Le secrétaire général de l'ONU, António Guterres, a déclaré que les conclusions du GIEC doivent sonner le glas du charbon et des combustibles fossiles, avant qu'ils ne détruisent notre planète.

Avec des informations d'Alexandre Lepoutre

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