•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Dirigeant unilingue au Musée canadien de l’histoire : les libéraux reculent

Vue du Musée canadien de l'histoire.

Le Musée canadien de l'histoire, à Gatineau (Archives)

Photo : Radio-Canada / Francis Ferland

Le gouvernement fédéral a abandonné l’idée de nommer un Américain unilingue à la tête du Musée canadien de l’histoire, après que sa candidature ait suscité la controverse.

Selon des informations obtenues par Radio-Canada, le gouvernement avait choisi Henry Kim comme futur dirigeant du plus important musée au pays. Ce dernier est l’ancien dirigeant du Aga Khan Museum à Toronto.

Plusieurs sources avaient confirmé que la candidature de M. Kim avait été présentée ce printemps au conseil d’administration du Musée, qui l’avait approuvée.

La dernière étape du processus aurait été l’approbation de la nomination de M. Kim par le conseil des ministres. Toutefois, cette étape n’a pas été accomplie, selon nos sources.

Un homme parle au micro.

Henry Kim, ancien dirigeant du Aga Khan Museum de Toronto

Photo : @akdn/Twitter

Avec le déclenchement prévu d’élections générales dimanche prochain, le gouvernement actuel ne procédera pas à la nomination de M. Kim en tant que directeur du Musée canadien de l’histoire, situé aux abords de la rivière des Outaouais à Gatineau.

Officiellement, les candidats avaient jusqu’au 1er décembre 2020 pour postuler pour le poste de directeur du Musée. Selon plusieurs sources, le processus de sélection a récemment été remis en branle.

« Le processus de recherche d’un directeur [...] est toujours en cours. Les candidats intéressés et qualifiés sont toujours invités à postuler, et les candidatures déjà envoyées sont toujours considérées. »

— Une citation de  Déclaration écrite de Camille Gagné-Raynauld, attachée de presse du ministre du Patrimoine Steven Guilbeault

Une candidature controversée

La candidature de M. Kim avait soulevé la controverse au sein du Musée, du gouvernement et du public.

Plusieurs sources ont affirmé que M. Kim ne maîtrise pas le français comme langue de travail. Né aux États-Unis, il a étudié l’archéologie aux universités Harvard et d’Oxford, où il s’est spécialisé dans l’histoire de la Grèce antique.

Avant de diriger l'Aga Khan Museum à Toronto, M. Kim œuvrait au sein du Ashmolean Museum, qui fait partie de l’université d’Oxford.

À la suite des révélations de Radio-Canada, plusieurs employés actuels et passés du Musée canadien de l’histoire avaient critiqué le fait qu’une personne qui ne maîtrise pas les deux langues officielles puisse diriger une institution dédiée en grande partie à l’histoire du Canada.

Daniel Leblanc

Plusieurs membres du public s’étaient aussi plaints de cette nomination éventuelle à des députés libéraux, selon nos sources.

Des sources au sein du monde muséal avaient aussi souligné que M. Kim n’avait pas d’expérience à la tête d’une institution aussi importante que le Musée canadien de l’histoire.

Le Musée canadien de l’histoire dispose d’un budget annuel de plus de 100 millions de dollars, regroupe plus de 400 employés et gère une collection de plus de trois millions d’artéfacts et objets.

Lors d’un témoignage devant un comité parlementaire en 2018, M. Kim avait expliqué qu’il gérait un budget de 16,5 millions de dollars et une soixantaine d’employés au Aga Khan Museum. Cette institution dispose d’une collection permanente d’environ 1000 objets. Ouvert en 2014, l'Aga Khan Museum est un musée privé consacré aux civilisations islamiques et à leur apport, au fil des siècles, à l’art, aux idées et à la science.

Intérim

Le Musée canadien de l’histoire n’a plus de directeur permanent depuis le départ à la retraite de Mark O’Neill en avril. Le futur PDG du Musée canadien de l’histoire sera appelé à changer la culture interne du Musée, qui a été le sujet de plaintes liées à des allégations de milieu de travail toxique.

En attendant l’embauche d’un nouveau dirigeant, le gouvernement a prolongé le mandat de la directrice par intérim du Musée.

Pour assurer la continuité, et en raison de son leadership au cours des 10 derniers mois, le mandat de Caroline Dromaguet en tant que présidente-directrice générale par intérim a été prolongé jusqu'en décembre 2022 ou jusqu'à ce qu'une nomination permanente soit faite, selon la première éventualité, a ajouté l'attachée de presse du ministre du Patrimoine Steven Guilbeault, Mme Gagné-Raynauld. Nous ne savons pas combien de temps ce processus prendra et nous voulons assurer la stabilité de l'organisation.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !