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Toronto a été conçue en fonction d'un climat qui n'existe plus, selon des experts

Des Torontois faisant la queue en plein soleil.

Des Torontois font la queue pour se baigner dans la piscine Sunnyside par une journée d'été caniculaire. (Archives)

Photo : Evan Mitsui / CBC

Radio-Canada

La Ville de Toronto doit trouver une meilleure stratégie pour faire face au smog, à la chaleur et aux écarts météorologiques extrêmes qui l'accablent actuellement, préviennent des experts.

Bien que la mégalopole dispose de politiques pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre, elle doit rapidement se doter d'une solide stratégie d'adaptation si elle veut se préparer à des conditions météorologiques intenses plus fréquentes, soutient Sarah Buchanan, de l'organisme Toronto Environmental Alliance, qui milite pour une ville plus écologique.

C'est une réalité à laquelle Toronto va être confrontée. [Les phénomènes météorologiques extrêmes] se produisent plus rapidement que prévu, et ce rapport montre bien que la science confirme nos expériences, indique Mme Buchanan en citant le travail du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC).

« Cela va coûter cher, mais beaucoup moins cher que de ne pas faire face à ces impacts. »

— Une citation de  Sarah Buchanan, directrice de campagne de l’organisme Toronto Environmental Alliance

Cet automne, le personnel de la Ville soumettra au conseil sa stratégie TransformTO Net Zero, qui vise l'absence totale d'émissions de gaz à effet de serre (GES) d'ici 2050.

Impact sur les infrastructures

Parallèlement à ces efforts environnementaux, il faudrait aussi adopter une approche climatique à l'échelle de l'entreprise, défend Chris Chen, directeur général d’Asset Management Ontario, qui fournit des conseils en gestion d’infrastructures auprès des municipalités.

Selon lui, les services municipaux ayant trait aux routes, à l’eau ou encore aux transports en commun devraient intégrer les changements climatiques dans leur planification.

Des véhicules tentent de circuler sur une rue inondée.

En 2020, de fortes pluies ont inondé la rue Scarlett à l'intersection d'East Drive, à Toronto.

Photo : Andrea Bellemare/CBC

Si vos routes sont inondées plus fréquemment, cela signifie que vous devez les réparer plus fréquemment, illustre-t-il. Si vous devez composer avec des événements météorologiques beaucoup plus extrêmes, cela signifie que vos bâtiments vont devoir être plus résilients.

D’après ses observations, l'action climatique de la Ville de Toronto s'est largement concentrée sur l'atténuation ou la réduction des GES, mais il partage l'avis de Mme Buchanan voulant que la Municipalité agisse en fonction des conditions météorologiques extrêmes qui perturbent déjà la vie des Torontois.

« La situation s'est aggravée. Le point de basculement a été franchi, et les répercussions sont désormais accélérées. Nous devons commencer à sprinter pour rattraper le retard. »

— Une citation de  Chris Chen, directeur général d’Asset Management Ontario

Contrer les îlots de chaleur

Les villes subissent l’effet de chaleur urbaine, c'est-à-dire que les températures augmentent à cause de la chaussée, des grands immeubles et du manque d'espaces verts, avec un effet inéquitable du changement climatique selon les quartiers, explique Sarah Buchanan.

Si vous vivez dans un quartier où il n'y a pas autant d'arbres ou de grands immeubles, vous aurez plus chaud, illustre-t-elle au sujet des îlots de chaleur.

Une vue de Port Lands avec la rivière qui traverse le secteur.

L'une des stratégies d'adaptation de la Ville comprend son plan de protection contre les inondations pour protéger le secteur Port Lands.

Photo : Lauren Pelley / CBC

Une solution simple que la Ville peut mettre en œuvre consiste à planter davantage d'arbres dans les quartiers qui n'en ont pas, par exemple. Mme Buchanan préconise également de réduire les surfaces de bitume et de multiplier les jardins communautaires pour créer des espaces verts qui absorberont la chaleur et les eaux de pluie.

En cela, le rapport du GIEC a eu un effet-choc sur les perspectives municipales en urbanisme. Je pense que c'est un appel à l'action, reconnaît Fernando Carou, responsable des énergies renouvelables et des nouveaux développements au sein de la Ville.

Les conditions météorologiques extrêmes peuvent devenir désagréables, mais nous examinons ce que nous pouvons faire maintenant à moyen et à court terme pour vraiment éviter cette adaptation coûteuse aux conditions extrêmes, assure M. Carou. Il fait partie de l'équipe qui travaille sur la stratégie Net Zero, dont l’un des objectifs est d'approuver uniquement de nouveaux projets qui ne produisent pas d'émissions.

Alors que les planificateurs anticipaient des conditions météorologiques prévisibles il y a quelques décennies, ces prévisions sont maintenant devenues caduques, fait-il remarquer.

Dans les circonstances urgentes, la communauté des ingénieurs a vraiment du pain sur la planche, conclut Fernando Carou.

D'après les informations d'Ali Raza, de CBC News

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