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Le grand retour du « the » devant « Yukon »

Photomontage de Kate White ajoutant un "the" à la pancarte d'entré au territoire.

La leader du NPD du Yukon, Kate White, avait fait du retour de l'article « the » l'une de ses promesse de campagne.

Photo : Photo - NPD du Yukon

En 2003, le gouvernement du Yukon a décidé de supprimer, en anglais, l’article devant le nom du territoire. « The Yukon » devenait donc simplement « Yukon », au grand dam de nombreux Yukonnais. Après 18 ans de débat, le « the » fait son grand retour.

Autant le dire d'emblée, la question n’a aucun sens en français puisque l’on dira toujours « le Yukon ». Au territoire cependant, la question n’est pas anodine. Lorsque le Parti du Yukon était au pouvoir, il a décidé de supprimer ce mot de trois lettres auquel les Yukonnais semblaient assez attachés.

Près de 20 ans plus tard, le débat fait encore rage entre ceux qui respectent la nouvelle appellation sans article et ceux qui tiennent fièrement à l’ancienne.

Le gouvernement libéral a tenté de mettre un terme à cette lutte fratricide au début du mois en tranchant en faveur d’un retour du « the ».

En anglais, l’usage recommandé sera donc bien « the Yukon ». En revanche, le nom officiel ne changera pas, car cela aurait des répercussions bien plus importantes.

En 2003, la loi sur le Yukon, qui a conféré au Yukon des pouvoirs et responsabilités comme en ont les provinces, nomme le territoire sans article devant. Dans un cadre législatif, ou formel, le « the » devra donc encore s’effacer.

Le ministre responsable de la Direction des services en français, John Streicker, est ravi de ce changement qui a pour but de mieux refléter le désir des Yukonnais et Yukonnaises. Il concède d’ailleurs avoir fait partie des récalcitrants après 2003, racontant qu’il rajoutait le « the » dans les brouillons de discours qu’on écrivait pour lui.

Il explique que la discussion est revenue au premier plan lors du dernier mondial de hockey junior, en Alberta : les annonceurs anglophones discutaient du fait que l’on dise que Dylan Cozens venait de "Yukon" ou "du Yukon".

Cette petite histoire, c’est le commencement de la discussion avec le gouvernement, raconte-t-il.

Quelques mois plus tard, la candidate néo-démocrate, Kate White, en avait même fait une promesse de campagne pour l’élection territoriale. Elle se réjouit de la nouvelle, tout en la relativisant.

Est-ce vraiment important ? À l’échelle du monde, vraiment pas autant que les questions comme le logement abordable, le salaire minimum ou les sites de consommation supervisés, mais est-ce important de savoir comment nous nous présentons ? Je pense que oui… et maintenant c'est réglé.

Une citation de :Kate White, chef du NPD

Et en français ?

Pour André Bourcier, directeur de la Direction des services en français du gouvernement du Yukon, si la question n’est pas primordiale et essentielle à l’administration du territoire, elle reste intellectuellement intéressante puisqu’elle démontre une fois encore la différence entre français et anglais sur un point comme l’utilisation de l’article.

Est-ce que le « the » est un reste de l'appellation « the Yukon Territory » ? Difficile à dire. Cela soulève la question de la structure des syntagmes nominaux (NDLR, groupes de mots qui forment une unité au sein d’une phrase) en anglais, constate André Bourcier. Dans "the Yukon territory", est-ce que le "the" s’applique à "Yukon" ou à "Territory"... en anglais ce n’est pas clair.

Quoi qu’il en soit, cela reflète bien les questions sur lesquelles travaille la Direction des services en français au quotidien.

Quand on a créé il y a quelques années la personnalité en français du gouvernement du Yukon sur les médias sociaux, nous avons choisi d’utiliser "LeYukonFR" et pas "YukonFR" parce que pour nous ça allait de soi d’utiliser l’article, exactement comme dans la Loi sur le Yukon et dans la plupart des appellations que l’on a, relate André Bourcier.

Des questions bien plus complexes qu'elles peuvent paraître, mais pour les francophones la décision du gouvernement ne change absolument rien et le Yukon reste bien… « le Yukon ».

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